‹ Spectroscopie biologique (volume 2)Chapitre 23 sur 75 · SPECTROSCOPIE DU CŒUR · texte numérisé non relu

SPECTROSCOPIE DU CŒUR

rieure et internes montrent des résultats analogues à ceux que présentent les autres muscles striés que j’ai décrits précédemment, mais avec cette particularité que le pigment musculaire ou myohématine y est plus abondant, et plus spécialement dans le cœur du pigeon (Mac-Munn).

Les réactions du sang contenu dans les cavités olîrent une grande importance en médecine légale; elles ont été étudiées dans mon premier aide-mémoire de spectroscopie biologique.

L’examen spectroscopique du cœur sur l’animal vivant a donné lieu à des recherches physiologiques fort intéressantes. Il peut être pratiqué dans trois conditions principales.

Le moyen le plus simple consiste à mettre le cœur à nu, chez des animaux à sang froid, tels que la grenouille ou la tortue. On peut alors suivre les modifications du spectre à la surface du ventricule et dans les oreillettes, avec l’aide d’un simple spectroscope à vision directe, ou de préférence, avec l’analyseur chromatique qui permet de mesurer l’intensité des bandes.

Or, c’est toujours, dans ces cas, le spectre du sang qui prédomine, le sang veineux ou mixte, c’est-à-dire le sang mélangé d’une plus ou moins grande quantité d'hémoglobine réduite. Les conditions sont un peu plus complexes chez les

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vertébrés supérieurs, les mammifères ou les oiseaux; néanmoins, on peut constater, dans le cas d’ouverture rapide de la poitrine, ou dans diverses conditions expérimentales ou toxicohémiques, des variations dans l’intensité du spectre de la surface des ventricules ou des oreillettes. J’ai fait à ce sujet des recherches encore inédites, mais qui m’ont démontré ce résultat important facile à vérifier chez les animaux sacrifiés à l’abattoir ou au laboratoire, qu'il y a persistance de contractions ventriculaires et auriculaires plus ou moinsélendues, alors même qu’on n’observe plus à la surface de l’organe que de l'hémoglobine réduite.

Un moyen plus délicat de l’étude spectroscopique du cœur consiste à étudier les contractions de cet organe, au moyen de la circulation artificielle du sang, entretenue dans le cœur de la grenouille, par exemple, à l’aide d’un dispositif qui permetde faire contracter par l’électricité le cœur, en même temps qu’on y fait circuler une solution de sang. Les recherches de Gérald Yeo (') pratiquées au moyen de procédés qu’il a décrits

0) Gkhai.d F. Yeo. — An attempt to estimate the gascons interchange of the frog lieart hy nuans of lhe speclroscope. The Journal ot Physiology, V,V1, n» 3, mars i88f>.

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avec soin, ont donné des résultats très importants au point de vue do la respiration du muscle cardiaque ; tandis que du sang se réduit enlr<*quinzc et vingt-cinq heures dans un tube, dans le cœur en contraction, la réduction se fait en cinquante cinq minutes. La contraction musculaire active la réduction ; si la réduction se produisait en six minutes, il fallait dix minutes pour obtenir la réduction avec douze contractions par minute. Si l’on prend pour unité la durée de la réduction dans le cœur en contraction, on voit que la réduction dans un tube, toutes conditions égales d’ailleurs, demande dix fois plus de temps.

En somme, le muscle respire activement, et alors même qu’il ne peut absorber d’oxvgène que par sa surface, qu’il a été privé de l'apport d’oxygène par le sang, il trouve encore le moyen de se contracter, dans son capital d'oxygène , quantité qu’il doit récupérer pour que le muscle reprenne son activité fonctionnelle. Ce phénomène est d’ailleurs démontré plus clairement lorsqu’on produit par des excitations répétées la fatigue du muscle cardiaque ; dans ces circonstances, le muscle absorbe avec une rapidité extrême l’oxygène, et réduit l’oxyhémoglobine aussitôt qu’elle est introduite dans le cœur. G. Yeo fait remarquer avec raison que ces con-

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