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ROLE DES PIGMENTS

ments (pigments des plumes des oiseaux, des écailles des insectes), où ils ont nn rôle de relations extérieures, soit d’ornement caractérisant un des sexes, comme la tétronérythrine des liserés rouges desjoues du faisan ou bien ils servent au mimétisme ou Iransformalion de coloration des tégumenis (caméléons).

Ils jieuvent être des moyens de défense, comme le pigment brun des sépias, le j)Igment violet pourpre des ajilysles ou limaces de mer.

Enfin certains pigments sont plus particulièrement liés aux fonctions de rej)roduction et de développement, tels sont les pigments du jaune d’œuf, des ovaires, des œufs de certains poissons.

Celle classi beat ion jibysiologique est certes ])lus ralionnelle que celle qui ne serait basée que sur les colorations des pigments ou sur leurs caractères cliimiques qui ne sont pas encore définis rigoureusement.

L’étude des réactions spectroscopiques combinée avec les réactions ebimiques des pigments a eu pour premier résultat de multiplier les observations et de les étendre à toute la série animale ; malheureusement, l’on a aussi multiplié les désignations des pigments, mais après cet excès d’analyse et d’apjiellations dérivées jilusou moins correctement du grec, la synthèse a repris

PtGMENTS RESPIHATOIRES

ses droits, el l’on a pu établir quelques groupes assez bien définis, par leurs caractères spectroscopiques et ebimiquos et par leur rôle physiologique. C’est dans cette voie que la spectroscopieb iologique doit se maintenir, et c’est pourquoi nous avons dans dilîérents chapitres établi riiistoire des principaux de ces pigments, de sorte qu’il nous reste seulement à signaler les caractères généraux des groupes les plus importants des j)igments. On comprendra que nous nous bornions souvent à une simj)le énumération, insistant seulement sur les réactions spectroscü])iques lorsfju’elles présentent une caractéristique suffisante pour le classement de ces princij)es colorants. Anx pigments respiratoires proprement dits, ceux que nous avons décrits h propos du sang, de la lymphe, dans la série animale et qui sont caractérisés par l’association de la matière colorante à une substance albuminoïde, c’est-à-dire riiémoglobine et ses dérivés, riiémocyanine dans laquelle le cuivre remplace le fer de l’hémoglobine, l’hémoérylbrine (voir Lr sang et les Ilèmolymphes chez les invertéhrés, 'A® aide-mémoire, Cli. V), il faut ajouter (juebjues pigments moins nettement définis, mais qui présentent ce caractère important et commun qu’ils sont modifiés par les agents

HISrOHÉMATINR

d’oxygénation, l’air oxygéné, ou les agents fail)les de réduction, l’air chargé d’acide carbonique, ou les solutions faibles de sulfure de sodium ou sulfure d’ammonium, enfin, la caractéristique des pigments respiratoires, est que les changements de coloration dus à la réduction sont réversibles, c’est-à-dire que l’on peut reproduire alternativement l’état de réduction et l’état d’oxvgénation.

Au premier rang, se place Yhislohémaline de Mac-Munn qui est un pigment répandu dans un grand nombre de tissus, mais qui est surtout intéressant comme matière colorante du muscle (voir M\jo-Kèmatinp ^ Muscle, Ch. III, e" aidemémoire de Spectroscopie biologique).

Ca Chlorocruorine, que Lankester a étudiée chez les sabella et certaines serpules (vers) est un pigment renfermant du fer, de coloration verte (qui cependant peut être rougeâtre) mais qui se présente sous deux modifications qui sont comparables à celles de l’oxybémoglobine et de l’hémoglobine réduite. La transformation de celte substance sous l’inlluence de roxvffène ou

des réducteurs peut s’observer non-seulement chez l’animal vivant, mais aussi m vitro.

La chlorocruorine oxygénée présente deux bandes, l’une entre C et 1), l’autre entre I) et E;

LIPOCHROMES

la chlorocriioriiie réduite montre une bande unique, qui occupe la position de la première bande a de l’oxyhémoglobine, mais avec des bords moins nets (Lankester).

l-i’Hémoérythrineqiii a été rencontrée dans les corpuscules de sang du sipunculus, du phascolome, du phoronis (Lankester, Krukenberg) ne présente pas de spectre caractéristique.

Lipochromes ou lutéines. — Les pigments de ce groupe dont les types principaux sont la couleurjaune du tissu adipeux, du jaune d’œuf, du beurre naturel et du sérum du sang, présentent des caractères communs qui permettent, comme l’a dit Krukenberg, de les reconnaître et de les grouper au milieu du « chaos » des pigments animaux ou végétaux ; leurs caractères chimiques sont la solubilité comme les graisses dans l’éther, l’alcool, le benzol et l’essence de térébenthine.

Ils ont des réactions colorées spéciales.

L’iode, l’acide sulfurique les colorent en bleu ou en vert, l’acide nitrique les colore en vert.

Ils ont une coloration s’étendant du jaune au rouge et au jaune vert, de plus, leurs réactions spectrosco[)iquesdilîèrent très peu , elles sontsurtout caractérisées par une absorption des rayons entre le vert et le violet, soit de h à (i cl le plus

SPECTRE DE l’oVOLUTÉINE

souvent une ou deux ou même trois bandes en lie h et h, séparées par des espaces bleu et bleu violet plus ou moins larges.

I.a fig. 7 montre un type de celle absorption, c’esl-à-dire le specti'e de lovoluléine (ou lipocbrome du jaune d’œuf), en solution chloroformique, c’est presque identiquement le specti'e de la carottine ou substance colorante jaune de la carotte qui est dans la série végétale le type des lipochromes. Lés lipocbromes

aBCD Eô F G

Fig. 7. — Spectre de l'ovf luléiiie.

sont très facilement décolorés par la lumière mais ils j)résenlent une intensité tinctoriale très remarquable. La carottine cristallisée a pour formule C'^IIM), c’est la seule substance de la série bydro-carbonée qui soit colorée. Les lipocbromes sont très répandus dans les organismes animaux et même végétaux, dont ils forment les pigments, colorants les plus variables, surtout parmi les colorants jaunes ou orangés.

Chez les animaux supérieurs, les vertébrés, ils

DISTRIBUTION DES LIPOCHROMES

ont une relation particulière avec les organes des sens les plus délicats, jiar exemple, le pourpre rétinien ou rhodojisine ; ils se retrouvent dans la glande pituitaire, la portion corticale des capsules surrénales, la sécrétion sébacée, le lait, le tissu adipeux, et enfin dans les téguments des oiseaux ; ils donnent aussi aux reptiles, aux batraciens, en grande partie leurs couleurs vives et changeantes.

En résumé, les lipochromes sont chez les vertébrés supérieurs liés aux fonctions sensorielles, tégumentaires, et aux dépôts des produits d’épargne dans les tissus. Existant dans l’œuf (ovolutéine) où ils représentent l’origine des pigments, et plus tard colorant le sérum du sang ils se retrouvent non-seulement dans les humeurs normales, mais aussi dans les humeurs pathologiques, les sérosités, les épanchements inllammatoires.

Chez les invertébrés, les lipochromes ont un rôle moins bien défini, ils sont, en général, mélangés aux autres pigments respiratoires, de même que les phénomènes de la respiration cutanée sont souvent confondus avec les transformations mitrllives, les lipochromes s’unissent aux pigments respiratoires, comme chez les crustacés, ils peuvent enfin s’unir à des pigments

MÉLANIDES

d’origine végétale (la chlorophylle, l’indigo) dont ils deviennent les intermédiaires entre les animaux et les végétaux. C’est ainsi que le groupe des lipochromes comprend le plus grand nombre des matières colorantes jaunes et orangées de l’organisme, depuis le {)igrnent de la graisse chez les animaux jusqu’à la xantophylle des feuilles, des fruits, des fleurs à coloration jaune plus ou moins intense, telles que les crocus, le mélilot, l’asperge, les baies de belladone, le physalix et parmi les racines, la carottine.

Nous tenons à faire remarquer ici, encore une fois, que les caractères chimiques et spectroscoj)iques s’unissent pour démontrer ces relations remarquables qui ne seraient pas suffisamment caractérisées si l’on se contentait isolément soit des réactions physiques soit des réactions chimiques.

Les mélanides forment un troisième groupe de pigments très répandus dans l’organisme, comprenant les pigments bruns, ou noirs, quelquefois même violets ; tels sont la fusclne, pigment noir de la choroïde, le pigment noir de la peau et des cheveux, des ailes noires de certains oiseaux, le pigment noir des sarcomes mélaniques, des mélanomes du cheval blanc.

Dans ces pigments, on retrouve le plus sou-

MKLANOSE

vent du fer, mais dans quelques-uns ce métal est absent, [)rincipalement dans ceux que l’on a isolés chez les animaux inférieurs.

Ils ne donnent pas de réactions spectrales caractéristiques, mais seulement une obscurité plus ou moins régulièrement dégradée dans tout le spectre.

Il faut faire exce[)tion pour la mélanose du sarcome qui présente dans les tissus mêmes des teintes variant du noir au rouge brun, dans lesquelles on peut retrouver le spectre de l’hématine réduite, ou de rbématosidérose, du moins dans les parties périphériques des tumeurs en évolution ou dans les injections interstitielles ainsi que je l’ai montré chez des cobayes et des rats blancs inoculés parla mélanose (').

Bien qu’elle ne soit pas constante dans les tumeurs mélanotiques, la présence du fer a été constatée en petite quantité dans les sarcomes, Morner l’a démontrée au moyen du spcctropbotornètre, dans le produit des cendres des tumeurs mélaniques et de même l’on a établi le coefficient d’absorption de la mélanose en diverses régions du spectre.

(1) Hênocque. — Sur l'inoculation du cancer. Gaz. hebd. 1867. n» 705, 717, 781, et Société anatomique, t. XLIlt, p. a33, 1868.

PIGMENTATIONS CELLIILAIKES

L’action de l’acide picrique sur les mélanines est fort remarquable, tandis (jue le pigment noir de la choroïde, des cheveux, des téguments à l’état normal n’est point modilié par raclion de l’acide j)icrique, il n’en est [las de même du pigment des sarcomes et des cancers mélaniques, dans lequel il est possible de suivre sur des coupes traitées jiar le picro-carmin ou même l’acide picrique, l’inliltration de la matière colorante du sang dans les éléments des tissus et la transformation successive de l’hématine eu mélanine, ce qu’il est possible de reproduire expérimentalement. Ne pouvant insister ici sur le l’ole de la mélanine et sur l’origine et la distribution des granulations pigmentaires dans les cellules, nous renvoyons pour celte étude à la récente thèse de M. Paul Carnot (‘) qui renferme les notions d’anatomie et d’anatomie physiologique les plus complètes sur les granules, les cellules pigmentaires et 1rs nerfs colorateurs. La dernière conclusion de l’auteur est intéressante à citer parce qu’elle met en relief un aperçu nouveau du rôle physiologique des pigments.

« D’une façon générale, dit^M. Carnot, on ])eut

(M P. (>ARNOT. — lîecherehes sur le mécaniime de la jnffnicntatîon. Thèse de Doctorat de la Fac. des Sc. de Paris. 90G, 26 décembre 1896.

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