RÔLE DE LA CHLOROPHYLLE
de Java, à l’état vivant, leur a fait constater un spectre ne diiïérant de celui des feuilles vertes ([ue par des détails d’obscurité et d’étendue des bandes sans importance.
Le rôle de la cbloropbylle chez les animaux est, en somme, accidentel, car la cbloropbylle, quant à présent, ne semble avoir qu’une importance secondaire comme pigment, et surtout comme pigment tégumentaire, mais l’existence d’une chlorophylle chez les animaux, si manifeste chez les cantharides et certains orthoptères, offre un intérêt très ])articulier en physiologie générale et en zootechnie biologique ; la chlorophylle animale, en effet, se rattache à un groupe atomique qui est l’origine des chlorophylles ayant des caractères spectroscopiques communs, mais qui offrent certaines différences et des pro- ])riétés dont le rôle biologique n’a pas encore été suffisamment défini.
De même que les lipochromes forment une série analogique ou de transition entre les pigments des animaux et ceux des plantes, il est permis de faire cette hypothèse que la chlorophylle, chez l’animal comme dans la plante, présente des états intermédiaires, ayant des caractères spectroscopiques presque identiques et des fonctions analogues, et servant de transition en-
FONCTION CHLOROPHYLLIENNE
tre les pigments respiratoires qui produisent de l’acide carbonique avec l’oxygèue de l’air, et les pigments chloroj)hylliens qui dégcigent de l’oxygèue, et tixent le carbone ou absorbent les rayons fluorescents de la lumière pour transformer leur potentiel en énergie cbimique, ainsi (jue le dit A, Gautbier donnant une forme nouvelle aux conclusions de Claude Hernard qui a déterminé avec sa précision habituelle le rôle de la chlorophylle dans la nutrition.
« La fonction chlorophyllienne, dit-il (*), appartient à la synthèse assimilatrice ou organisatrice qui forme les réserves ou régénère les tissus dans les organes... Le fait chlorophyllien est plus particulièrement sous la dépendance de la substance vivante par excellence, le protoplasma, soit dans la cellule, soit dans le noyau. »
Pourquoi hésiterait-on à admettre la chlorophylle animale, sous ce j)rétcxte dognialicjue que la chlorophylle établirait une distinction formelle entre l'animal et la plante ?
Pigments microbiens. — Je dois signaler ce dernier groupe de pigments dont l’étude spectroscopique est encore fort incomplète.
p) Bernard. — Leçons sur les phthi07uè7ies de la vie C07717U U71S aux a7ii77iaux et aux végétaux, t. Il, p. 222- 239. Paris, 1879.
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PIGMENTS DES MlCHOllES
Ce sont ceux qui i.onstltiieiü les matières colorantes élal)Oiées par les bactéries chromogènes. On les rencontre accidentellement dans les humeurs, le lait, la sueur, les larmes, le pus.
On a cependant observé les conditions générales de celte fonction cliromogène ; les pigments se forment dans le pro'.oplasma cellulaire, et ils ne sont nettement visibles que dans des amas ou les colonies de ces microbes, et surtout dans les cultures, où la coloration peut ditîuser dans le milieu de culture ; cependant à l’état de développement parfait, ces pigments restent dans la cellule. La puissance chromogène varie avec l’activité du développement des bactéries, elle diminue lorsque la vitalité de ces éléments est atténuée, les colorations sont alors moins foncées, et même disparaissent. La lumière ne semble pas avoir d’inlluence marquée sur la fonction cbromogénique, l’oxvgène au contraire lui est nécessaire et l’active.
J^nfin certaines bactéries présentent des colorations multiples suivant le milieu de culture, elles sont polychromes. Les caractères spectroscopiques de ces pigments, n’ont été étudiés que
(1) CORNIL et Bahks. — Les Bactéries, Paris, 1886 et Macé. — Traité pratique de Bactériologie, Paris, 1891.
MIGHOOCUS PRODIGIOSUS
sur un potit nombre d’entre eux, qui sont d’ailleurs les principaux types (').
Le micrococcus procligloms est coloré en rouge, il a été rencontré dans l’air, dans la farine, le pain avarié, l’amidon cru, le pain azyme. C’est ce micrococcus qui, cultivé sur des hosties, y forme des taches rouges comparables à des taches de sang, phénomène longtemps considéré comme miraculeux, d’où le nom de prodigiosus. Il se développe aussi sur le blanc d’œuf cuit. Knlin il se rencontre dans diverses humeurs qu’il colore en rouge, telles que le lait, la sueur, la salive. Cependant il ne paraît pas être pathogène.
Ce pigment est insoluble dans l’eau, soluble dans l’alcool, l’examen spectroscopique y démontre deux bandes situées dans le vert et le bleu, la première bande est plus large et plus obscure que la seconde qui est moins accentuée, ce spectre est caractéristicpie.
Le Bacille érrjtlirogène se rencontre aussi dans le lait rouge (Ilueppe). Sa matière colorante se dilîérencie de la précédente par sa réaction spectroscoj)i(jue. En elfet, elle présente deux bandes noires entre D et E et une bande dans le bleu.