EXAMEN SPECTROSCOPIQUE
coimne un acide. Comme indicateurs de Tapparilion de la réaction Bogomololï emploie la couleur et l’analyse spectroscopi(jue et, d’autre part, les modiücations de ces réactions avec le sullate de cuivre et le chlorure de zinc.
L’acidité de l’urobiline est dix fois plus faible que celle de l’acide oxalique, par conséquent, en employant la solution centinormale de soude, il en faudra pour saturer is*" d’urobiline dix fois moins que pour i d’acide oxalique.
Comme l’urobiline reste en solution avec les phosphates, il faut d’abord précipiter les phosphates par la solution de soude, la quantité de cette solution nécessaire pour amener la neutralisation de l’urine fait, d’une part, déterminer l’acidité totale de l’urine; et, d’autre part, la quantité de soude nécessaire pour rendre alcaline celte urine neutralisée donnera la quantité d’urobiline.
l’our faire l’examen spectroscopique, on remplit deux petites éprouvettes graduées ou godets gradués, de i à 2 centimètres de diamètre, on verse dans chacun de ces récipients une quantité égale d’urine, puis on verse goutte à goutte dans l’un d’eux la solution centinormale de soude, on essaie la réaction jusqu’à ce qu’elle devienne neutre, on note la quantité employée. A ce
RKACTJON CHIXIKJÜK
moment on ajoute avec le plus grand soin la solulion alcaline pour obtenir de nouveau la l’éaction alcaline. Aussitôt que celle-ci est obtenue, l’urine prend une coloration verdâtre et I on voit apparaître avec le speclroscope, la batide d’absorption de l’urobiline alcaline. On peut comme moyen de contrôle faire la détermination sans spectioscope ; pour cela, on ajoute à Turine, du cbloroforme et loi'squ’elle est rendue acide l’on y ajoute quelques gouttes d’une solulion de sulfate de cuivre à 0,1 Vo» le chloroforme se colore en rouge cramoisi.
tJn reprend celte mixture et on la neutralise, elle est filtrée et rendue alcaline. Au moment où l’urine devient alcaline, elle prend une coloration verdâtre. Additionnée d’une solution de chlorure de zinc elle est verte, tandis qu’elle devient rouge vif par le sulfate de cuivre. Si l’on a noté la quantité de centimètres cubes de la solulion titrée cenlinormale nécessaiie pour rendre alcaline l’urine neutralisée, en multipliant par le coefficient (),ooo63 le cbilTre des centimètres cubes, on a la quantité d’urobiline contenue dans la quantité d’urine employée pour l’analyse.
hç procédé de Denioès consiste à isoler l’urobiline des autres pigments de l’urine. 11 emploie
PHOCÉDK DE DENIGÈS 31
le sullate niercuri([iie préparé de la manière suivante :
Oxyde merciirique .... à grammes
Acide sulfurique ui centimètres cubes
l'-au parties
mêler Tacide et l’oan, puis ajouter l’oxyde mereurique qui se dissoudra par agitation.
M. Denigès a donné le résumé des résultats de ses recherches (') dans les termes qui suivent :
Avec des solutions aqueuses d’urobiline pure, additionnées de quantités suftisantes d’eau distillée, ou bien avec des urines biliaires intercejdant toute lumière à partir du jaune sous une épaisseur de 2 centimètres, la bande d’absorption, après traitement par le sulfate mercurique et filtration, a présenté la même intensité que celle de la solution aqueuse d’urobiline type amenée par addition d’eau au même degré de dilution.
On peut donc cfl’ectuer facilement en utilisant ce procédé, non seulement la recherche, mais un dosage spectropbotométrique de l’urobiline.
Dans la pratique, on opérera la séparation
(ij Société de biolof/ie, 20 mars 1M97, p. «Sq.
32 UflOBILlNES PATHOLOGIQUES
des coloranis étrangers en ajoutant à Turine (à 10 centimètres cubes, par exemple) la moitié de son volume (5 centimètres cubes) du réactif mercurique, on agitera puis on filtrera au bout de cinq à six minutes afin de séparer les combinaisons mercuriques insolubles formées. La liqueur claire se prêtera, dès lors, à l’examen spectroscopique. Si elle se troublait au bout de quelque temps, on filtrerait à nouveau.
L’auteur n’indique pas quelle est l’action du réactif sur les urobilines pathologiques ni sur l’urobématoporpbyrine, mais ce procédé, qui permet de séparer Turobiline, des pigments biliaires, présente une réelle utilité.
Urobilines pathologiques. — La plupart des auteurs qui ont rechercbé ou dosé l’urobiline considéraient ce pigment comme le plus important de ceux de l’urine, et longtemps on s’est contenté du dosage de rurobiline reconnue à sa bande caractéristique et à 1a fluorescence. Mac-Munn, en i88o, a démontré que l’étude de l’urobiline est beaucoup plus complexe dans les états pathologiques, les états fébriles plus particulièrement, et il a défini les caractères des modifications pathologiques de l’urobiline, sous le nom A'urohiline fébrile, puis une transformation fort importante de ce pigment en urohéma-
UKOlilUNE l'A l llOLOülgUE
toj)0)'phi/rifte, en lin il cxislerait encore une urohiUne anormale intermédiaire entre ces (leux cl(>rivés. Nous ne siuirions mieux exposer les modes de prépuralions et les caractères spectroscopi(}ues de rurobiline b'dDri le qu’en donnant l’analyse d’une dos premières observations de Mac-Mu nn .
Urobiline pathologique dans un cas de péritonite tuberculeuse (^). — L’urine avait une coloration orangée. Elle montrait une bande en F de 002 à 4/9 s’étendant à une plus grande épaisseur de 5o4 à 47^ Traitée par l’acétate et le sous-acétate de plomb, elle donne un précipité sur lequel on verse de l’alcool additionné d’acide sulfurique (12 II-SO’' pour 68 alcool).
Le liltrat rouge foncé montra une faible bande en D, une autre entre D et E et une bande noire en F. Cette dernière offrit cette particnlarité commune d’ailleurs avec rhydrobilind)ine, la stercobiline et l’urobiline biliaire, à savoir qu’elle présentait une obscurité diminuant graduellement, mais sur une étendue égale à la
(•) Mac-Munn. — Journal of Phy.'iiolofjii, vol. X, page 7Ô. On thc orif/in of urohematoporjihyrin and of normaland pathological urohilin in thc organism . U'ith Five Chart of upcctra (PI. X à XlVj.
llE.'iotQur — Speclroscopie liioiogiijup, III
IIHOBILINE l'ATIlOLOGlQUE
piU'Iie lu pins noire de la bande, dépassant F vers le violet. Ce li(iuide dilué avec de l’ean cl agité avec du chloroforine, donna un extrait chloroformique du ]»iginenl coloré en rouge <jni par l’évaporation à la lemj)éralure de l’air ambiant laissa déposer le pigment sous forme de substance amorphe d'un brun rougeâtre, soluble dans les dissolvants ordinaires de l’urobiline.
La solution chloroformique présentant une couleur rouge foncé, montrait une bande devant D, une dans le vert en outre de la bande à F. La première environ G 19 à 591 X, la seconde 5G7 à 547 X, la bande noire la plus proche du violet occupait de 017 à 4^4 dans une solution concentrée. Ce qui est une grande largeur que l’on ne rencontre pas dans l’urobiline normale.
La solution alcoolique avait une belle coloration de vin rouge, et montrait une bande à D, une autre dans le vert et enfin la bande noire à F. La première située de G07 à 687 X, la seconde de 577 à 55‘a, et celle à F en solution moins concentrée que la ])récédenle, de 5o4 à 477 X avec sa partie la plus foncée de 5oi à
L’action de l’ammoniaque sur celte solution est digne d’attention, elle produisit ([uatre bandes
CAHACTERES SPECTRUSCOPIQUES
avHul une très grande ressemblance avec celles de rurohématoj)orpliyrine alcaline, ce qui ne se présente cerlainement pus dans une solution d’iiydrobilirnbine, en même lem])s la bande de l’urobiline en V disparut complètement, le liquide devenant d’une couleur plus claire. La bande étroite et faiblement obscure dans le rouge, étendue de 625 à 6i5 À, n’était perceptible (ju’à une forte épaisseur de liquide, l’obscurité commençant avant la deuxième bande à environ 5()7 À s’étendait à 58i /, à partir de ce point, la seconde bande devenait plus foncée, s’étendant jusqu’à 5Go À. La troisième bande était située à 5(i() À, la quatrième de 542 à 52 1
l.a disparition totale de la bande à F distingue tout à fait celte matière colorante de l’iirobématoporpbyrine.
En ajoutant du cblorure de zinc à la solution alcoolique ammoniacale et filtrant, on percevait une splendide fluorescence verte et de nouvelles bandes se montraient, f^e spectre obtenu avec une couche épaisse de liquide {>résente une première bande étendue de 653 à 622 À, la seconde de 587 à 567,5 X dans sa partie la plus foncée, et la troisième bande dans une couche éj)aisse et fort large, d’environ 5i8,5 à 47>3 À, tandis (jue, pour une éj>aisseur [dus faible, elle
RKACTIUNS SPECTROSCOPIQUES
s’étendait de 5ij à a, La j)artie la j)lus noire de cette bande était dn côté du ronge, la partie située vers le violet se terminait par une dégradation prolongée, ce qui est une distinction caractéristique entre l’urobiline normale et l’urobiline pathologique.
L’bydroxyde de sodium ajouté à une solution alcoolique produit un précipité, mais après liltralion la solution a une couleur orangée, et alors le spectre présente les modifications suivantes : les première, deuxième et troisième bandes se confondent les unes avec les autres, et elles s’étendent, la première! de 653 à 6‘i5 X avec un renforcement noir de 647 à 627 a, la deuxième de 597 à 077 À, une simj)le ombre, la troisième de 671 à 559 À. lia bande noire s’étend de 520 à 494 avec la partie la plus sombre entre 517 et 496 X.
La potasse produit le même elTet, les acides ne déterminent pas do changements caractéristiques dans le spectre.
Cet exemple peut être considéré comme typique des caractères de l’urobiline pathologique.
La fig. 2 représente le spectre de l’urobiliue pathologique en solution alcoolique acide que j’ai extraite de l’urine d’un malade atteint
SPECTRE DE l’uROBILINE PATHOLOGIQUE 37 cl’al)C('S du foie communiquant avec une cavité
«UCÜ E/>F G
l'iij. 'i. — Sppclre ili' l'uiobiline pathologique.
bronchitjue.
Ghromogène de l’urobiline. — Le pigment jaune de Turine ou urobiline a pour origine un ebromogène particulier, qui peut spontanément se transformer en urobiline, ou bien colorer l’iirine par l’e.xposilion à la lumière, et qui devient plus apparent par l’action de l’acide chlorhydrique sur Turlne. On voit, en elîet, la coloration de l’urine s’accentuer lorsqu’on la fait bouillir avec de l’acide chlorhydrique ou de l’acide azoti(|ue, mais les changements ainsi observés sont probablement dus à l’oxydation de plusieurs chromogènes ; celui de l’urobiline peut être isolé par le procédé très simple de Winler. f/urine est saturée par le sulfate d’ammoniaque, les pigments précipités sont séparés par filtration, desséchés et lavés sur le filtre avec de rétber. La solution éthérée renferme le ebromogène de l’urobiline; on ajoute de l’eau
R(')LE DE l’cRODIMNE
qui, après agitation, est séparée de l’éther, enlevant toute rurobilineet laissant le chromogène dans l’éther. Il est facile de concentrer la solution par évaporation. Le chromogène présente une coloration jaune arnhrée, mais l’examen spectroscopique n’y démontre la hande caractéristique de rurobiline, entre b et F, que si l’on y ajoute quelques gouttes d’acide azotique.
Rôle de l’urobiline et de ses dérivés. — Pour bien comprendre le rôle de l’urobiline, il faut se reporter au chapitre Spectroscopie de la bile (*), où sont établies les relations entre la matière colorante de 1a hile, la bilirubine et l’bydrobilirubine, entre l’bématine et l’urobiline, enfin entre la stercobiline et l’urobiline ; il semble pour le moment tout à fait rationnel de considérer ces substances (bydrobiline, urobiline, stercobiline) sinon comme absolument identiques, au moins comme formant un groupe ayant des réactions très analogues, en particulier leurs bandes d’absorption dans la région bleue du spectre et leur fluorescence; bien que distinctes
(') lIiiNOCyUE. — îiperAroscopie hiolofjiquc. II. p. loÜ et suiv. Eiicycloi)édie scientifique des .\ido-Meinoii-e, .Masson et Gauthier-Villars, éditeurs.
CHHOMOGÈNE DK l’oUOBILINE
par quelques particularités de leur spectre, elles présentent cette origine commune de dériver de l'hémoglobine par rétrogradation ou transformations successives,
l'in outre, les pigments biliaires ne sont pas seulement excrétés sous forme de slercobiline, et une certaine partie est résorbée peut-être à l’état de cbromogèue plutôt qu'à l’état d’urobiline vraie, mais, dans tous les cas, le pigment ou le cbromogène sont éliminés par les reins, et constituent dans l’urine, l’urobiline.
Telle semble être la fonction normale de ces pigments. Mais Turobiline peut avoir une autre origine ainsi que le prouvent les observations pathologiques. En effet, il est démontré que la bilirubine peut être produite dans les extravasations sanguines, aux dépens de riiématoïdine, de l’hématine, et même de rhémoglobine séparées des globules rouges du sang ; celle bilirubine serait alors éliminée le plus ordinairement par les reins sous forme d’urobiline, surtout dans les états pathologiques.
L’urobiline ne se montre dans l’urine à l’état normal que sous forme de cbromogène de l’urine et en quantité très faible, mais elle augmente dans les urines des individus atteints de fièvre ou dans des conditions pathologiques diverses et
UKOBIMNURIE
réliule de ces varialions a certainement servi à faire connaître la série des Iransforrnallons de l’iirobiline.
En elfot, dans les conditions physiologiques, rurobiline a pour origine la Déduction de la bilirubine et de la biliverdine; on la retrouve surtout dans le gros intestin, et elle constitue la stercobiline.
Néanmoins, de nombreuses observations établissent que la quantité d’urobiline varie dans des limites fort étendues suivant les états pathologiques, puisque Viglezio (p. 25) a trouvé des quantités quotidiennes variant entre 3 et 6oo milligrammes et, d’une manière générale, il est permis de conclure que l’augmentation de l’urobiline (c’est-à-dire Vurohilinurié) s’observe, d’une part, dans les maladies fébriles aiguës, la fièvre intermittente, le rhumatisme aigu, l’ileus, la péritonite, la phtisie, la pneumonie, les maladies zymotiques, rougeole, lièvre typhoïde, le scorbut, la septicémie ; elle a, dans ces alîections, pour origine principale les altérations du sang, c’est-à-dire l’hémolyse. D’autre part, dans les hémorrhagies internes, les épanchements et les suffusions sanguines, les larges eccbymoses (hémorrhagies cérébrales, hématocèle périutérine, infarctus pulmonaires)
DIMINTTION DE l.’UROItlMNE
raiigmonlalion de l’iirobiline est d’origine liémalitjue directe par résorption de pigment formé dans les tissus, soit bilirubine, soit hématoporphyrine ou liérnochromogène.
Enfin l’urobiline est plus abondante aussi dans tous les troubles des fonctions du foie, résultant d’injections toxiques ou d’absorption de produits toxicohémiques on même de troubles de l’excrétion biliaire comme dans l’ictère spasmodique ou par rétention, la cholélithiase.
J^a quantité d’urobiline est diminuée dans les maladies dues au ralentissement de la nutrition générale, la chloro-anémie, l’bystérie ; en général, lorsque l’activité fonctionnelle du foie ou de l’hématopoïèse est ralentie.
cil AlMTIîF. Il
HGMENTS Um.NAHîKS
Indican. Indogène. — Ce pip:rnent rouge de l'urine a élé décrit sous divers noms : l’indican, Turoxanlhine de Ileller, l’acide indoxylsulfurique ou indogène.
Le procédé le plus simple pour le constater dans rurine est celui de Rabuleau, qui consiste à verser dans un récipient i5 à 20 centimètres cubes d’acide concentré, et faire tomber dans ce liquide quelques gouttes de l’iirine à essayer. Le mélange se colore en rouge, puis en violet rouge, puis en bleu si l’urine contient de l’indican.
Un procédé plus précis a été décrit récemment par M. Amann, il est basé sur l’oxydation de l’indoxyle par les persulfates alcalins, agissant par dégagement d’ozone. On opère de la manièr(> suivante; à 20 centimètres cubes d’urine,
INDICAN
on ajoute quelques gouttes d’acide sulfurique ])ur et 5 centimètres cubes environ de chloroforme, j)uis 5 centimètres cubes de la solution de persulfatede sodium à lo On agile en retournant le tube pendant quelques minutes, de inanièi’e à diviser le chloroforme sans rémulsion ner. On laisse reposer, l’indigo formé est dissout dans le chloroforme et le colore en bleu plus ou moins intense suivant sa proportion. La quantité relative d’indigo peut être mesurée par comparaison colorimétrique avec des solutions titrées de ce corps servant d’étalons (‘).
L’indogène dans certaines conditions donne aux urines, lors({u'il est en excès, une coloration bleue ou violacée due au mélange d’une matière bleue et d’une matière rouge, l’indigorubine dont l’indogène est l’origine.
On trouve alors une réaction speclroscopicpie intéressanle à conslater.
Le spectre obscur de A à C présente une première bande obscure à gauche de I) dans le rouge orangé, séparée ^de D par un espace clair, très étroit, jaune orange, et s’étendant à gauche jusqu’au milieu de l’espace entre D et C. Une (*)
(*) Amann. — h'crtic médicale de ht ^uisxe lio- 'iiiiindr, 1897, p. (i.
SPKCTHE DE L INDICAX
seconde bande à. droite de 1), presque symétrique à la précédente par rapport à D mais située dans le jaune vert, séparée de D par un espace clair
étroit, jaune, cette bande s’étend dans la plage jaune verte- .. dont elle occupe le tiers environ. Enfin Mac-Munn a observé une troisième bande, de h à F, qu’il attribue à la présence de l’urobiline. L’aspect de ces deux bandes varie suivant ([ue l’indigo bleu ou l’indigo rouge prédomine, et avec les colorations correspondantes de la solution chloroformée obtenue par la méthode de .lalTé ; la première bande dans le rouge orangé est plus foncée dans l’indigo bleu, au contraire, la seconde bande dans le jaune est |)lus foncée avec l’indigorubine. L’indogène existe dans l’urine normale à l’état de combinaison avec la potasse. Par l’ébullition avec les acides étendus il se dédouble en sulfate acide de polassium et indoxyle (Gauthier).
INDICANX’Hlt:
La quanlilé d'imlican éliminée est de o,oo()(î par litre (.la(Té) ce fjui donne pour le maximum de la nornicde, o,oiç)5. Neubauer et Yo^el de leur cùlé indiquent des quantités variant enlre o,oo5 à La quantité d’indogène est en
rap|)ort avec celle de l’indol formée dans l’intestin et absorbée, c’est pourquoi le régime albuminé excessif, l’inanition, augmentent la proportion de l’indican qui peut s’élever à six et onze grammes par jour, llriegmann et Brieger ont démontré quel’indol lui-mème est le résultat des produits de puiréfaction des matières protéiques, et l’on comprend que tonie cause de stagnation des matières dans le tube intestinal produise un excès d’indol et, ])ar suite, un excès d’indogène dans l’urine et l’on a donné le nOrn d’indicanurie à cet état symptomatique de l’urine. Ce lait est d’ailleurs démontré expérimenlalement ; d’une part, Kuhn a constaté (pie l’albumine à l’état cru étant ingérée en excès produit une augmentation d’indican. Le docteur Petilpas répétant ces expériences a produit ainsi une hidimniLvie alimentaire chez des individus sains avec cinq à huit à dix et même dix-huit œufs. D’autre part, Jalfé a conslalé l’élimination de l’indican à lasuite d’injectionssous-cutanées et le
OUIGINE DE l’iNDICANUHIE
])'■ Pelitpas (') a pu délerininer aussi quelles sont les quantités d’indol nécessaires à ingérer pour obtenir l’indicanurie (o°'’,5o à j)ar litre).
Les recherches de Bouchard sur les feruieutalions intestinales, celles de Charrin, de Koger, sur le rôle antitoxique du foie, et les rocherclu's directes de Jackowski ])ermettent de uiieux comprendre l’indicanurie en faisant intervenir l’action des microbes.
Jackowski, observant chez deux hommes atteints, l’un d’une fistule du colon ascendante, l’autre d’une fistule de l’intestin grêle, a constaté que la décomposition des matières albuminoïdes se fuit surtout dans le gros intestin et serait due spécialement au hacillm lique/acieus ilei, au slreptococciis coli gracilis’ au bacillus pr/ocya- 71CUS, au bacillus pu i reflets coli, dont il a constaté l’existence, et étudié expérimentalement l’action sur les fermentations ou la j)utréfaction des substances albuminoïdes.
Ces considérations générales, rendent facile à comprendre la valeur séméiologique de l’indicanurie ayant pour origine à la fols des troubles de la digestion intestinale, et aussi le défaut d’action (*)
(*) Petiti’as. — De l'indicanurie, Etude pathogenique et sémciologirpie, Thèse de Paris, i8f)6, n° ,|h6.
UROSPKCTBINE
de la fonction antiloxique du foie. C’est ainsi que l’on a rencontré l’indicanurie chez tes enfants qui ont une. alimentation exagérée, dans les affections du tube digestif, la fièvre typhoïde, les affections rénales et même les affections du système nerveux.
En outre, les moyens préventifs ou curatifs sont indiqués naturellement, c’est-à-dire que l’antisepsie intestinale doit avant tout être assurée dans ces états morbides.
Urospectrine. — I.a lumière solaire , les rayons violets en particulier ont une influence marquée sur les chromogènes de rurohiline, ce qui est facile à constater lorsqu’on exj)Ose Turine fraîche à la lumière solaire ou que l’on prépare l’urobiline en pleine lumière par le procédé de Méhu. Une expérience très simple met en évidence cette action ; en effet, on détermine avec le spectroscope à quelle épaisseur l’urine au moment de l’émission montre nettement la bande caractéristique de Turobiline, puis on exj)Ose l’urine au soleil, et en moins d’une heure la coloration est plus foncée, il faut alors une épaisseur moindre, quelquefois beaucoup moindre ])our observer la réaction spectrale. Far exemple, si fi centimètres d’épaisseur étaient nécessaires lors de l’émission, il centimètres peuvent suffire
PRKPAH.VTIOX UE l/UKUSUECTRIXE
après l'aclion solaire durant deux Jieures, ainsi (jue je l’ai constaté.
M. Saillet, dans le but d’éviter l’acliou de la lumière sur les chroinogènes de l urine a pris j)Our principe de faire l’extraction du pigment urinaire dans l’obscurité ou la lumière rouge; il a ainsi isolé un pigment analogue à l’urobiline mais en ditîérant par ses réactions spectroscopiques, il lui a donné le nom d’urospectrine.
Préparalion (^). — L'urine du matin surtout, si elle est un peu concentrée, est choisie de préférence ; elle est acidifiée avec une dizaine de gouttes d’acide acéticjue cristallisable pour 100 centimètres cubes et agitée avec un volume d’éther acétique égal au volume d’urine traitée. On sépare ensuite l’éther acétique qui enlève à l’urine les pigments rouges, l’urospectrine et divers autres pigments ou cbromogènes, l’indican ; pour isoler l’urospectrine, l’extrait élbéré est agité avec de l’eau acidifiée à 5 "/„ d’acide cblorhydrique, cette eau s’empare de l’urospectrine et la solution présente une teinte rouge mauve de l’urospectrine en solution acide. Il faut opérer à la lumière rouge, par exemple dans un laboratoire de photographie.
(') îS.YiLLET. — licv. de Medrc., j). .V17,
loc. cil.
CARACTÈRES DE LIIROSPECTRINE
Pour isoler Turospeclrine, la solution aqueuse est séparée, neutralisée par l’ammoniaque, puis acidulée diacide acétique et on la secoue avec de l’éther sulfurique qui s’empare de l’urospectrine seule. En reprenant l’urospectrine à cette nouvelle solution éthérée et en l’agitant avec une petite quantité d’eau acidulée à .‘î "/o d’acide clilorhydri(}ue, on obtient une solution d’urospeclrlne rouge rubis. Il suffit de séparer l’éther et de neutraliser par l'ammoniaque pour obtenir un dépôt d’urospectrine qui, lavé, desséché, se présente sous forme d’une poudre brune amorphe.
Cnrnclères, — L’urosp(>ctrine est insoluble dans l’éther de pétrole, à [>eu près insoluble dans l’eau et le cliloroforme, mais soluble dans l’alcool et surtout soluble dans les acides et dans les alcalins.
Les solutions d’urospeclrine peuvent oITrlr trois spectres différents :
1° Dans les éthers purs et l’alcool pur ou acidulé la coloration des solutions est rose, et l’on observe un spectre de ciiu} bandes d’absorption, la première entre C et D très noire et très étroite, parfaitement limitée (longueur d’onde moyenne baG )>), la deuxième à la gauche del) très étroite et peu noire (longueur d’onde moyenne 600 À),
tlRVOrQi r — Speolro.'cnpio l>iolo"i<(iiP. III.
.SPECTRES DE l’uhOSPECTRINE
la Iroisième à la droite 13 composée d’une bande noire limitée sur sa droile par une autre bande plus étroite et plus noire (longueur d’onde moyenne b-jo />), la quatrième à la gaucbe de E, large et noire (longueur d’onde moyenne 5d5 À), la cinquième entre &et F, très large et très noire, longueur d’onde moyenne, L’extrémité violette du spectre est obscurcie à partir de G.
2° Dans les solutions alcalines, la coloration est plus rosée, le spectre présente quatre bandes d’absorption, la jirernière entre C et D peu noire (longueur d’onde moyenne 622 X), la deuxième à la droite de D, plus large (longueur d’onde moyenne 570 À), la troisième à gauche de E, noire