‹ Spet années en Chine; nouvelles observations sur cet empire, l'archipel Indo-Chinois, les Philippines et les Iles SandwichChapitre 12 sur 36 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Idées des Chinois sur la Création, le Déluge et TÊtre-Supréme.

— Pack-Tay, protecteur des cités. — Divinités du second ordre. — Entretien des minbtres du culte. — Monastères.

— Sectaires. — Haine contre le christianisme. — Idées des Chinois sur une autre vie. — Influence du Shing-Schang.

— Fiançailles et mariages. — Funérailles.

Il est un fait bien remarquable; c'eiSt que les croyances des Chinois sur la création et le déluge sont presque entièrement conformes au texte de la Genèse; pour le déluge surtout il n'y a de différence marquante que dans le lieu où ceux qui échappèrent au désastre trouvèrent un abri.

Suivant les Chinois, qui croient que leur pays est le plus élevé du monde, c'est sur une montagne de la Chine que les restes de l'espèce humaine se réfugièrent. Le grand Djose, ou Youck-Chi, est FÉtre-Supréme des Chinois : la vénération qu'il inspire est telle que la mort frapperait celui qui serait assez hardi pour en faire une sta-

tue. Quant aux images, le dieu est moins sévère ; aussi les Chinois en ont-ils souvent où il est représenté tenant l'indicateur de la main droite sur Fauriculaire , avec le troisième doigt plié autour de ce dernier et le pouce posé par-dessus, position sans doute très singulière et surtout A très incommode. Sa main gauche tient un scep-

tre. Le genre humain doit redouter extrêmement le jour où le grand Djose ouvrira sa main droite, car ce doit être alors le signal de la fin du monde. Disons quelles sont les idées des Chinois sur la création. D'abord l'Être -Suprême créa le monde parfaitement rond et uni; après quoi il lé frappa de son sceptre tout-puissant, et des montagnes s'élevèrent tandis que des vallées se creusaient pour donner passage aux sources d'eau douce qui surgissaient de terre; enfin de vastes mers vinrent envelopper les continents et les fies. Après avoir accompli cette oeuvre immense, Djose jenvoya douze esprits aux extrémités de la Chine pour veiller à son bonheMr ; ces divinités protectrices continuent k s'occuper de ces fonctions bienfaisantes; mais malheur à la province dont les habitants se corroiïipent ; les esprits ne tardent pas à s'en éloigner et les calamités viennent fopdre sur un peuple indigne

^e 1^ prptectÎQn des dieux. Nous avons dit qu aucape statue ne représente l'Étre-Suprême, nous ^jputçrons epcorie qu'il n'a point de temple; autrefois les Chinois, ignorants de la volonté du dieu et voulant lui montrer leur vénération , bâtirent un temple ^u grand Djpse, niais par ]h i)^ provoquèrent toute sa colère; le temple fut détruit de fond en comMe par la foudre qui n'ép^rgna pas méine ceu^L qui l'avaient édifié. Si rË|;re-Suprémje est aussi irascible, Pack-Tay, $pn premier ministre , le protecteur des cités, est moins sévère; aussi un magnifique temple lui a-t-il été dédié dans lequel on voit la statue gigantesque du dieu. Cette statue est représentée aj^sis)^, la main droite sur la poitrine et les doigts p)iés comme ceux de la main du grand Djosç; un epf^pt jBst assis sur Textrémité de cette main ; squs son pied droit est une vipère verte, une tortue est sous son pied gauche; sa tête enfin est découTerte et ses cheveux sont flottants. Voici l'explication de ces divers attributs. Lorsque Pack-Tay fut élevé au rang de demi-dieu, à l'âge de trente-six ans , et chargé de gouverner les morts, c'était un homme simple et vertueux qui bornait ses plaisirs aux soins qu'il donnait aux animaux, et principalement à la vipère et à

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la tortue qu'il affectionnait particulièrement. Telle est donc la raison pour laquelle on le représente avec ces deux animaux. Quant à l'état flottant de sa cbevelure , il provient de ce que Pack-Tay, s'étant baigné dans un lac, faillit s'y noyer et ne dut d'abord son salut qu'à sa chevelure qui, embarrassée dans les branches d'un mandarinier (^5)^ le retint sur l'eau jusqu'au moment où un canard vint l'en retirer. Si vous voulez vous rendre Pack-Tay favorable, hâtezvous de lui offrir des canards, * des oranges, du riz et du vin.

Huit autres demi-dieux se trouvent sous les ordres de Pack-Tày ; ce sont Van-Hiun-Chouy, le dieu des pluies ; Loveck-Long, le dieu du tonnerre; Ching-Chine-Young-Mou, la déesse des nuages, représentée sous les traits d'une jeune fille d'une beauté inaltérable; Tong-To, le prolecteur des moissons; Long-Tchane, leMorpbée des Chinois ; Mung-Tcho ou Fang-Schan, le dieu des vents,le dieu des rivières et des lacs, et enfin celuiqui présideaux couches des femmes ; il tient en même temps registre des naissances et des décès. Le. dieu des pluies est représenté monté sur deux roues qui indiquent la rapidité aveclaquelje les pluies inondent la terre; un mouchoir de cou-

leur verte est dans Tune de ses mains ; il s'en sert pour répandre les eaux; dans son autre main se trouve un mouchoir rouge; c'est par lui que la pluie cesse et que la sécheresse remplace l'humidité. C'est à ces notions succinctes quejebornerai ce que je me suis proposé de dire sur la mythologie chinoise; de plus amples détails m'entraîneraient bien au-delà des bornes de cet ouvrage et exigeraient une connaissance approfondie de la langue chinoise.

Nous avons déjà dit que les fêtes religieuses se célébraient au moyen de dons volontaires; c'est aussi de cette manière que l'on pourvoit à l'entretien des ministres du culte et des temples eux-mêmes ; dans aucun cas ce n'est le gouvernement qui supporte les charges; mais au reste les offrandes sont abondantes, et nombre de riches particuliers se privent de leurs terres pour en faire don aux prêtres, à la charge de pratiquer certaines cérémonies en faveur du donateur. En outre chaque pagode a une étendue de terrain considérable, et la quantité de riz et de légumes qui s'y récolte est telle que non-seulement les prêtres et les moines y trouvant leur SQbsistance, mais qu'ils en vendent aj^ez pour amasser souvent de grandes richessol. Ces moi-

fieç SQQt nombreux en Chine , et l'on y trouve également des couyents de religieuses; mais, d'aprè3 ce qui m'a été dit, il règne dans les uns comme dans^ les autres une dépravation de mœurs extrême. La nation subvenant donc scvec générosité à reutretien des prêtres, e\ la rigidité dies wœurs n'étant pas exigée, on conçoit qu'il doit y avoir beaucoup d'aspirants à cet état; mais si d'un côté celte carrière est lucrative, d'un autre elle est entourée de si peu de considération que beaucoup de gens s'en éloignent. Ajoutons cependant qu'il y a à cela des exceptions; aussi les prêtres .qui se distinguent par une conduite exemplaire acquièrent - ils une grande influence.

Il n'y a point ep Chine, à proprement parler, de religion de l'Etat; la secte qui en tient lieu est celle de 3oi|ddha-Fo, dont il a été déjà fait inention ; epcorç qie jouit - elle d'une certaine protection qu'à raison du grand nombre des sec^ires. Quant aux autres septes, qui sontuombreusies, elles sont toutes persécutées. Cest le culte 4^ 3oMddha que suit la famille impériale ; on s^îj qu'il ajdn;iet la transmigration des âmes; aussi Ijès switairps rigides ont-ils garde de mjuiger des aitimaux ; ils évitent même de leur faire

le moindre mal et ne se nourrissent que de végétaux. Mais de toutes les religions, c'est le christianisme que le gouvernement hait le plus; il le considère comme un fléau , et ceux qui lui appartiennent doivent éviter de le faire paraître, car ils auraient à redouter de cruelles persécutions. Quant au mahométisme, il est défendu dans de certaines provinces et toléré dans d^autres. Il existe aussi des Bouddhistes qui ont adopté certaines pratiques musulmanes; c'est alors un mélange des deux religions.

Il parait qu'un assez grand nombre de Chinois croient à l'immortalité de l'âme et à une autre vie ; mais , au reste , tous ceux avec qui j'ai pu causer de ces matières se perdaient tellement en raîsonnenftnts diffus sur la forme que l'âme doit revêtir en passant dans un autre monde que je ne puis préciser mon opinion à cet égard. Nous avons dit précédemment la foi qu'ils ont aux contes les plus absurdes, et rien en effet ne saurait surpasser leurs superstitions touchant le pouvoir des sorciers, des esprits et des satyres. En voici un exemple : le comprador qui m'était attaché vint me trouver un jour pour me conter, avec toutes les marques de la plus grande ter^ reur, qu'un vieillard à barbe blanche s'était mon-

tré dans la cour de ^ maison, dont la porte sur la rue était fermée ; « alors, ajouta-t-il, je m'avançai vers le fantôme et le décidai à se retirer en passant par le trou de la serrure. » Je ris beaucoup de son histoire; mais lui qui y croyait ferr mement le trouva fort mauvais, se mit dans une violente colère et me témoigna le plus grand étonnement de mon incrédulité.

Parmi les superstitions des Chinois n'oublions pas le shing-shang, qui y joue un des principaux rôles. Ce nom signifie astrologue, et ce personnage est consulté dans toutes les occasions importantes; car les Chinois pensent qu'une influence surnaturelle règle le cours entier de la vie. Toutes les fois qu'on a recours aux lumières du devin, il est d'^usage d'offrir un sacrifice aux pénates de la maison. A la naissance d'un enfant, c'est encore le shing-shang qui est appelé. Mais pour bien décrire ce qui se pratique en cette circonstance, commençons par noter qu'il est d'usage de compter à l'enfant un an d'âge à partir de sa naissance, ce qui provient de ce que les Chinois supposent les grossesses de douze mois. Après cela on inscrit avec le plus grand soin toutes les circonstances de la grossesse de la mère, ainsi que le moment où l'enfant a vu le

jour. Le shing-shang arrive ensuite ; une grande feuille de papier rouge lui est présentée pour qu'il y consigne à son tour ses observations; lorsqu'il les a confiées au papier, il ne lui reste plus qu'à se rendre à la pagode pour consulter le dieu sur les signes de bonheur ou de malheur dont l'enfant est marqué, ainsi que sur l'âge où il conviendra de le niarier. Dans beaucoup de famille il y a un astrologue de la maison, qui remplit en même temps les fonctions d'instituteur; c'esl à lui qu'on a recours dans toutes les circonstances importantes , et les avis qu'il donne sont reçus avec les témoignages de la plus grande vénération, car il est censé avoir puisé ses lumières dans d'anciens livres dont les shingshangs ont seuls la clé. Le métier d'astrologue est donc un bon état en Chine, et l'ignorance générale de la nation leur fournit d'abondantes occupations.

C'est encore l'astrologue qui intervient dans la conclusion des mariages, qui s'arrangent ordinairement lorsque les futurs époux n'ont encore que de quatre à sept ans. Aussitôt donc que le shing-shang a émis son opinion , la parente la plus âgée se rend auprès de la famille à laquelle on désire s'allier, pour la sonder ; si les

propositions paraissent convenir^ le mystère est mis de côté et les négociations se poursuirent à découvert. Alors la partie qui propose en-voie un présent de feuilles ou de noix de bétel préparées avec de la chaux; ce bétel est destiné à être présenté avec le thé à la signature du contrat, et mâché par les parents des futurs époux; cérémonie indispensable et sans laquelle le contrat n'aurait aucune valeur. Ce contrat ou tcbope (^^) doit contenir les noms des pères, oncles et grands-oncles des futurs avec indication de leurs professions ; on doit y spécifier aussi si les futurs sont les propres enfants des patents désignés ou seulement leurs enfants adoptifs; ajoutons que toutes ces exigences de la loi s'esquivent facilement moyennant un présent à faire au shing-shang. Le contrat signé, les parents du futur envoient des présenta à la fian* cée ; ce sont des pierreries montées en or et en argent et formant des parures de tête, des bracelets, etc.; je ne décrirai en détail, ni les présents, ni toutes les cérémonies qui précèdent le jour des noces , de crainte de tomber dans une nomenclature fastidieuse. Je crois devoir ajouter pourtant que , lorsque les parents du futur sont riches, ils parcourent processionnellement

la TÎlle quelques jours avant le mariage, précédés de musiciens et portant les {)réàëntà qu'ils destinent à la fiancée; les objets sont {>lacés sûv dès brancards richement dorés. Le jour même de la noce, tine procession pareille est faite par les parents de là future.

Quatid, après tous ces préliminaires, le moment dé transporter la fiancée chez son époux, qili ne Ta point encore vue, est arrivé, on la. place dans une chaise-à-porteur fort riche, couverte et fermant à clef. A peine y a-t-elle été déposée que la jporte en est fermée et la clef envoyée incontinent aii futur époux ; puis des porteurs habillés dé irôuge enlèvent la chaise et se dirigent vers là demeure. Nous avons dit que les futurs époux ne peuvent se parler ni même se voir avant le mariage; aussi que d'incertitudes sui* les siiites d'une union pareille! Les Chinois paraissent le compirendre eux-mêmes, car d'abondantes larmes sont répandues de part et d'autre à la séparation d'une jeune iille d'avec ses parents. J'ai eu l'occasion d'assister à une scène pareille, et l'émotion que j'éprouvai fut grande. La jeune fiancée avait environ quinze ans, mais ses pieds étaient tellement déformés et petits qu'une servante était chargée de la

transporter d'un endroit à un autre. Toute cette famille paraissait profondément émue ; le père et les parentes fondaient en larmes, et il fallut employer la violence pour arracher la jeune fille des bras de ses parents. Celle-ci semblait aussi chagrine de son côté, et j'appris ensuite que ces marques de tristesse se prolongeaient souvent plusieurs jours après le mariage. Quant à moi, . je dois dire qu'à l'aspect du spectacle dont j'étais témoin j'aurais cru assister à une cérémonie funèbre plutôt qu'aux apprêts d'un byménée.

La singulière manière dont se font les mariages en Chine exerce une grande influence sur les mœurs de la nation; en effet , il arrivé souvent qu'un jeune mari, allié de la sorte à une femme qu'il n'a jamais vue et qu'il est censé devoir aimer par la suite, la prend au contraire en aversion ; dès lors l'abandon ne tarde pas à suivre. Il s'adonne au jeu et à la boisson, et se console de ses chagrins domestiques au milieu de concubines, sur le choix desquelles ses parents n'ont plus alors aucune influence. Au reste en plaignant les femmes chinoises il serait à craindre de donner dans l'exagération; car leurs idées sont à cet égard entièrement différentes des nôtres , et l'amour tel que nous l'entendons leur

estinconna, c'est-à-dire qu'elles semblent ignorer qu'il doit puiser dans le cœur ses principaux charmes ; la cause réelle de ce manque de délicatesse est sans doute dans le manque d'éducation.

Plusieurs grands dîners suivent ordinairement le mariage; ce sont les père et mère des mariés qui les donnent aux parents et aux plus intimes connaissances. C'est dans ces occasions qu'il est permis de voir la nouvelle mariée, mais il n'y a que les plus proches parents qui aient le droit de lui parler. J'ai été invité une fois à un dîner semblable avec deux autres Européens. Le marié, fier de la beauté de sa femme, qui vraiment était charmante, fit tous ses efforts pour nous la faire admirer en plaçant une lumière de manière à bien éclairer les traits de son visage, puis il la posa par terre pour nous faire voir la petitesse de ses pieds, qui était telle que la malheureuse était obligée de s'appuyer sur deux suivantes pour ne pas perdre l'équilibre. Cette jeune femme ne me parut point embarrassée, quoiqu'elle baissât les yeux par décorum quand un de nous l'approchait ; néanmoins la curiosité finit par prendre

le dessus, et elle jeta sur nous quelques regards à la dérobée, pour se rendre compte itons doute de ce que pouvaient être des Fan-Quay (*'^), qui sûrement lui avaient été dépeints comme des monstres hideux. Ses yeux étaient noirs et vifs, et c'est là la plus jolie Chinoise que j'aie eu l'occasion de voir hors de la classe du peuple : généralement elles sont loin d'être belles.

Celle-ci appartenait à une famille peu riche, et les parents de son mari ne la choisirent qu'à cause de sa beauté ; exemple à citer comme très rare daus un pays où tous les mariages sont fondés sur rintérêt (2B).

Pour terminer l'article mariage, j'ajouterai que les fêtes, les dîners et les spectacles se prolongent pendant plusieurs jours, jusqu'à ce que tous les parents aient été fêtés convenablement. Ces spectacles qui sont d'usage en pareilles cir^ constances , dispensent les maîtres de maisons des frais de conversation, ce qui est fort commode pour eux; mais quand même il n'y aurait pas de spectacles, le résultat n'en serait pas moins le même, attendu que les musiciens font ordinairement un tel vacarme qu'il est impossible de s'entendre. Faisons observer enfin que

tous les habillements employés dans les cé^ rémonies de noces doivent nécessairement être de couleur rouge.

Ce n'est point à l'occasion deâ mariages que les Chinois déploient tout leur luxe; ils le ré« servent pour l'instant où la vie s'éteint dans l'homme, et de riches familles dépensent en fu*nérailles de 10 à 1 5,000 piastres (de 45,006 à 67,500 fr«). L'enterrement du corps n'a point lieu sans l'intervention de l'astrologue qui doit désigner le lieu de la sépulture. S'il déclare que ses calculs ne permettent pas de le faire immédiatement, on se hâte d'embaumer le corps, qui est déposé dans un cercueil en plomb, et transporté ensuite dans un lieu affecté à cet usage, pour y être conservé jusqu'au moment où l'astrologue désigne enfin l'endroit où il doit être enterré. Ces délais se prolongent souvent durant des années, p^idant lesquelles le shing* shang est toujours censé consulter les livres du destin ; en même tempsyde nombreux sacrifices sont offerts aux dieux pour se les rendre favorables. Pareille chose arriva à la mort de Ihiban«-Kai^Qua, dcmt j'ai eu occasion de parler ; son corps attendit durant plusieurs années, après

lesquelles le devin décida que le fils cadet du défunt transporterait le corps à Fo-Kien.

Pendant la durée du séjour du corps dans le lieu consacré, il reçoit les mêmes honneurs que s'il reposait dans la tombe. Quant à l'importance que les Chinois attachent au lieu de la sépulture 9 elle provient de ce qu'ils y joignent des idées de félicité pour le mort dans une autre vie , et pour les parents du mort dans celle-ci. Aussi emploie-t-on de fortes sommes à élever de superbes mausolées qui occupent de grands espaces, et sont aitretenus avec le plus grand soin, la loi punissant sévèrement à cet égard la moindre négligence. J'ai fait une singulière remarque sur cet objet ; c'est qu'en Chine ce ne sont point les vivants qui sont placés le plus avantageusement sous le rapport de la salubrité et de l'agrément ; au contraire les vivants y habitent généralement les lieux bas et marécageux, tandis qu'ils déposent leurs morts dans des endroits secs, bien aérés, et entourés souvent des plus beaux points de vue.

Les tombeaux chinois sont en forme de croissants sur lesquels sont tracées des inscriptions en lettres rouges ; quant à leurs dimensions elles

varient suivant la fortune des parents du défunt ; mais les plus pauvres placent une pierre avec inscription en caractères rouges à Tendroit de la tête du mort.

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