‹ Sphacèle du Kyste dans la Grossesse Extra-utérineChapitre 21 sur 25 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Symptomatologie

Dans les observations que nous avons pu recueillir aussi bien que dans la généralité des cas de grossesse ectopique, nous constatons l’existence manifeste des divers signes de la grossesse. Parmi les signes de certitude, il en est un qui manque : c'est la tumeur utérine, mais on eonstate l'existence des autres : tumeur para utérine, mouvements actifs du fœtus, bruits du cœur fætal, souffle et thrill placentaire, etc. Ce dernier signe à une grande importance, car il permet de connaître la position du placenta dans la grossesse extra-utérine, ce qui peut avoir une importance au point de vue opératoire.

On se trouve en présence d’une femme ayant eu des signes nets de grossesse, mais depuis un certain temps, la femme ne perçoit plus les mou-

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vèéments actifs, il s’est fait une montée laiteusé,

il yaeu un faux travail. Par l'examen direct, on

constate l'examen d’une tumeur fluctuante indépendante de l'utérus et dans laquelle on peut 1econnaître, par le palper, les différentes parties

fœtales, on peut même percevoir du souffle pla-

centaire. On arrive ainsi à diagnostiquer une grossesse extra-utérine avec mort du fœtus. En examinant les observations, on se rend compte que la malade a eu une crise abdominale : dou- Jeurs, vomissements, météorisme; quelquefois écoulement sanguin ou purulent, fièvre, lypothymie, perte de connaissances, syncope. À Ja suite de cette crise, elle n’a plus perçu les mouvements fœtaux. 1] est vraisemblable qu'il s’agitlà d’une phase de torsion du: pédicule. Mais lexistence de cette crise ne se révèle pas à la lecture de toutes nos observations ; lorsque la crise est terminée, la fièvre peut apparaître ou persister et le contenu kystique est non seulement frappé de mort, mais encore de suppuration. Le diagnostic de grossesse extra-utérine avec fœtus mort est fait, les indications opératoires s'imposent. Pouvons-nous avant l’intervention faire le diagnostic de sphacèle de la paroi du kyste ?

Examinons séparément chacune de nos observations :

Dans l'observation 1, de MM. Audebert et Dieulafé, nous sommes en présence d’une femme qui a eu une crise abdominale chez laquelle on reconnaît la mort du fœtus, un souffle intense sûrement placentaire à gauche de la tumeur; l’opération, en outre, de la nécrobiose aseptique,

montre que la tumeur « était adhérente au bord

vasculaire du colon pelvien », ce qui nous laisse croire que la tumeur pour venir s’accoler à cette partie de l'intestin avait du subir un mouvement de torsion amenant la crise abdominale plus haut relatée ; mais rien, dans cette observation si détaillée, ne permet de prévoir du sphacèle.

L'observation 11, de Bertino, rend compte d’une violente crise abdominale chez la femme qui en fait l’objet. Cette crise dure trois jours : pertes de connaissance fréquentes, douleurs violentes, malgré l'administration de narcotiques. À partir de ce moment, les mouvements du fœtus s'arrêtent et la femme sent qu'il s’est logé dans Ja fosse iliaque gauche; elle à des vomissements. Le kyste s'était donc déplacé, peut-être par torsion, ce qui expliquerait cette violente crise abdominale qui ne pouvait pas être due à une hémorragie, la malade n’en ayant pas présenté les symptômes. Un peu plus tard, fièvre, écoulement vaginal fétide, expulsion de débris sphacèles (os et tissus). Voilà donc une femme qui a eu

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une crise abdominale, un écoulement fétide et de la fièvre; on pourrait, nous semble-t-il, après de tels symptômes, penser a du sphacèle produit par la torsion, sphacèle qui se serait accompagné de suppuration, comme l'indiquerait l'écoulement fétide.

L'observation 11} ne donne d'autre renseignement que la fétidité de l'écoulement.

La femme dont il est question dans fobservation JV a présenté de la pelvi-péritonite grave a rendu du pus, du sang, des lambeaux mortifiés par le vagin; pas d'autre accident ; il est impo:sible de tirer de cette observation un symptôme donnant l'idée de sphacèle.

La malade de Fobservation V a eu une crise abdominale et de ja fièvre.

Les observations V1, VI], VIII, IX ne présentent aucun indice permettant de soupçonner Ja gangrène du kyste. |

D'après le nombre trop restreint d’observations, nous ne pouvons proposer une symptomatologie du sphacèle du kyste foœtal et pour l'instant nous concluerons qu'on ne peut, avant l'intervention, faire le diagnostic de cette complication de la grossesse extra-utérine.

Jl est à souhaiter que les opérateurs relèvent ce fait chaque fois qu'ils lobserveront; afin de réunir un grand nombre de cas qui permettront

#5 00 peut-être de créer une symptomatologie destinée à dépister cet accident et d'intervenir en conséquence pour le plus grand bien des malades, car si une grossesse extra-utérine est une affection très grave, à plus forte raison l’est-elle davantage quand elle se complique de gangrène.

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