Muscarezro. — Arch. f. kl. Chir., 1894, XLVII, p
RACHISCHISIS ET MYÉLOMÉNINGOCELE 67
avons vu que dans les formes hautes ce segment médullaire inférieur pouvait être la partie inférieure de la moelle, et constituer une colonne plus ou moins épaisse, absolument comparable au segment supérieur que nous venons de décrire. Son insertion se fait de la même façon, mais c’est là le cas le plus rare. Généralement, c’est le filum terminale qui s'attache en ce point. Ou pour parler plus exactement, c’est le conus medullaris qui s'insère à la face profonde, au niveau de la fossette polaire caudale, comme le segment médullaire supérieur s’insère au niveau de la fossette polaire craniale; il s’effile presque aussitôt pour former le filum terminale. De même que le segment médullaire supérieur, le conus medullaris et le filum terminale sont rarement libres dans la cavité kystique : je ne crois pas que jamais on les ait trouvés traversant cette cavité, à l’état nu, ou revêtus d’une gaine constituée par un prolonge- . ment pie-mérien, pour aller, suivant l'expression de Parker:, «right down to the bottom of the canal, » tout droit jusqu’au fond du canal. Le conus medullaris et le filum terminale restent en dehors de l’arachnoïde, appliqués contre la face profonde du feuillet pie-mérien et au niveau du bord inférieur de la fissure osseuse, au point où s'arrête la dure-mère dorsale, le filum terminale d’après la figure 7, planche VII, du mémoire de Recklinghausen, se réfléchirait sur la dure-mère, suivrait un trajet ascendant avec les racines nerveuses voisines, pour gagner un orifice dure-mérien qu'il franchirait; il se recourberait alors entre la dure-mère et la face antérieure des corps sacrés, et redescendrait hors du cône dure-mérien pour aller s'insérer, comme à l'état normal, sur la base du coccyx. Neumann ? suggère que, contrairement à l’opinion de Recklinghausen, le filum terminale doit s’entourer d’une gaine duremérienne. Le fait ne paraît nullement démontré.
Il est à noter, et Cruveilhiers avait déjà insisté sur ce fait, que
1. Parker. — Discussion du rapport cité plus haut (Lancet, 1885, p. 457). 2. NEUMANN. — Virchow's Arch. f. path. Anat. und Physiol., t. CLXX VI, 1904, p. 452.
3. CRuvEILUIER. — Anal. path. du corps hum., &. 1, Liv. XVI, p. 1-4.
même dans la myéloméningocèle sacrée, et quelque bas qu’elle se trouve située, «ce ne sont pas les nerfs sacrés ni la queue de cheval qui vont se confondre avec la paroi, maïs bien la moelle elle-même. Ce déplacement et cette adhérence avaient déjà été vus par Trew et Morgagni, qui croyait que, par suite de l’adhérence entre la moelle et la tumeur, la tumeur en se développant entraînait la moelle. La véritable explication de ce fait, c'est que chez le fœtus, dans les premiers temps, la moelle occupe toute la longueur du canal vertébro-sacré. »
L'origine des nerfs dont on voit le trajet soit dans la cavité du sac, soit dans l'épaisseur de ses parois, avait été nettement reconnue par le Comité nommé par la Société clinique de Londresr. Dans un cas de « méningo-myélocèle», suivant l'expression employée dans leur rapport, la moelle sortait du canal vertébral pour aller s'attacher à la paroi et s’y incorporer. L'arachnoïde forme une couche continue tout autour de la cavité qui occupe l’espace sous-arachnoïdien. Le dernier nerf qui part de la moelle, dans le canal intact, est le troisième nerf lombaire, qui naît dans le canal rachidien, au-dessus du point où commence la fissure, et gagne horizontalement et d’une façon normale son orifice de sortie. Le quatrième nerf lombaire part de la moelle alors qu'elle s’est réfléchie dans l'intérieur du sac, s'applique sur ses parties latérales et remonte en la suivant vers son orifice intervertébral particulier. Les nerfs suivants naissent par une double série longitudinale de racines de la paroi postérieure du sac. Pour chaque nerf, les deux racines sont présentes et, à leur origine, séparées par le pli falciforme du ligament denticulé.. Ils se rendent vers leurs foramina respectifs, dans lesquels les racines postérieures présentent leur ganglion normal. La branche postérieure naît comme d'habitude. Sur les racines de quelques-uns des nerfs les plus inférieurs, il y a quelques petits ganglions aberrants... 11 faut noter que les racines antérieure et postérieure de chaque nerf, partant de la paroi postérieure du sac, sont séparées l'une de