‹ Spina bifidaChapitre 109 sur 144 · OBSERVATION 131 (CRUVEILHIER · texte numérisé non relu

OBSERVATION 131 (CRUVEILHIER

* Dans un cas que j'ai observé chez un adulte, le pédicule, extrémement mince, naissait dans l’intervalle qui sépare les lames vertébrales de la première et de la deuxième vertèbre lombaire, en sorte qu'il n’y avait pas de spina bifida proprement dit, c’est-à-dire d’écartement ou d’atrophie des lames vertébrales (t. I, p. 599).

OBsERVATION 132 (CRUVEILHIER, IL.)

Jeune fille de dix-sept ans, entrée dans le service de Velpeau, pour une tumeur congénitale de la région sacrée. Jusque-là, aucun phénomène notable, mais peu de jours auparavant, la malade ayant reçu un coup violent, la tumeur s'était perforée, donnant issue à une grande quantité de liquide clair. Depuis, la malade souffrait de très violentes douleurs de tête. Elle mourut au bout de quelques jours.

A l’autopsie, on trouva la peau très adhérente sur un des côtés de la tumeur. Le tissu cellulaire sous-cutané, très serré, était fibreux et ne contenait pas du tout de graisse. La poche était fibreuse ou plutôt fibro-séreuse et communiquait avec la cavité rachidienne par un canal fibro-séreux étroit pénétrant dans le canal rachidien entre la dernière vertèbre lombaire et la base du sacrum. C'était aux dépens des ligaments jaunes et sur la ligne médiane qu'avait lieu cette communication. Les lames vertébrales et les apophyses épineuses

1. CRUVEILHIER, — Traité d'anatomie pathologique générale (1849-64), t: 1, p-. 589; t. IE, p. 455.

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des vertèbres correspondantes présentaient leurs dispositions normales, La pièce ayant macéré longtemps dans l'alcool camphré, il fut impossible de juger de l’état de l’arachnoïde spinale. (T. ILE, p. 453.)

Pannvwitz, dans sa dissertation inauguraler, a publié un cas presque identique. Il s'agissait d’une tumeur kystique siégeant à la partie supérieure de la région sacrée et, qui avait été fréquemment ponctionnée. La malade mourut, et à l’autopsie on trouva une méningocèle, communiquant par un pédicule étroit et mince avec la cavité méningée intra-rachidienne. Ce pédicule s’insinuait entre le bord supérieur du sacrum et l'arc postérieur de la dernière vertèbre lombaire. | |

Dans d’autres cas, ce sera à travers un des orifices normaux, plus ou moins élargi, comme par exemple à travers un des trous sacrés postérieurs que se fera le passage du cordon. Peut-être même y aurait-il lieu de raitacher au spina bifida occlusa ces méningoceles que nous avons vues Ére saillie à travers l'hiatus sacralis.

Le cas suivant de Kirmisson ?, bien qu'il n'ait été observé que cliniquement, doit probablement rentrer dans la catégorie des spina bifida occlusa.

OBSERVATION 133 (KirMisso\).

IL s'agissait d’un malade de vingt-six ans, entré en 1884 dans le service de Verneuil. Ce jeune homme présentait depuis dix ans des maux perforants plantaires, aux deux pieds, avec alternatives de guérisons et de rechutes. Ne trouvant dans l’état général de ce sujet aucune particularité capable d'expliquer le mal perforant dont ilest porteur, M. Kirmisson dirige son examen sur la colonne vertébrale, et trouve à la région lombaire une tumeur médiane, arrondie et aplatie, de manière à ne former qu'un relief très peu marqué à la surface du corps. Sa consistance est mollasse, elle est recouverte d’une touffe de poils très longs. La peau et le Lissu cellulaire semblent épaissis à son niveau. Les apophyses épineuses des dernières lombaires sont très peu marquées. Enfin, tout à fait à la partie inférieure de la

5, Fe niche

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région lombaire, sur le côté gauche, on sent une dépression assez profonde. C’est là probablement un spina bifida guéri pendant la vie intra-utérine.

Ce malade a été revu eu 1891, dans le service de M. Déjérine, par Tuffier et Chipault:. Après de nombreuses interventions pour des récidives de ses troubles trophiques, et notamment de maux perforants, le malade a éprouvé une amélioration réelle, peut-être due au repos complet qu'il est obligé de garder.

L'observation de Virchow? que nous avons donnée p. 580, nous paraît être un bon exemple de spina bifida occlusa. Il y avait une tumeur cartilagineuse entre la paroi dorsale de la moelle et l’apophyse épineuse correspondante. Cette tumeur adhérait intimement d’un côté à la dure-mère, de l’autre à l’apophyse épineuse, et, d'autre part, la dure-mère adhérait à la surface de la moelle épinière. L’apophyse épineuse était formée comme de deux apophyses soudées ensemble si intimement que l’ancienne ligne de séparation était à peine visible. A la coupe de la tumeur cartilagineuse, on trouvait les noyaux cartilagineux entourés à la périphérie de tissu fibreux serré, avec de nombreux vaisseaux. Il semble qu'on lise là la description d’une lame épithélio-séreuse, dans l'épaisseur de laquelle se sera développé un néoplasme cartilagineux.

Dans la discussion sur la présentation de Joachimstall, dont nous avons déjà parlé, Virchow3, parmi plusieurs autres faits, rapporta encore les trois suivants :

OBSERvATION 134 (VircHow).

Pièce provenant d’un sujet atteint de rachitisme et de scoliose; le bassin, en outre, présentait des difformités. Sur la première vertébre sacrée se trouvait une large ouverture ovale, en rapport avec la disparition complète de toute trace de l’apophyse épineuse; de plus, au-dessous de cet orifice, la paroi postérieure du sacrum est devenue tellement plate que la cavité sacrée se trouve presque complètement

1. Turrier et Caipauzr. — Notes clin. sur le mal perforant (Arch. gén. de médecine, 1897, sept.).

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