Vircuow. — Berl. kl. Woch., 1871, p
effacée. Près du coccyx, on voit une sorte de sillon aplati, comme il "4 est fréquent d’en rencontrer dans cette région. Mais ce qui est le plus particulièrement intéressant dans ce cas, c’est l’état de l’apophyse épineuse de la cinquième vertèbre lombaire. Elle existe bien, mais elle est comme divisée en deux moitiés, qui forment une sorte d’arc aplati, au-dessus de l’orifice de la vertèbre sacrée. Ce fait est des plus remar- « quables; il montre comment les deux moitiés de l’apophyse ont pu se constituer, mais il leur a été impossible de fusionner. Cette circonstance, ajoute Virchow, est des plus intéressantes au point de vue du développement du spina bifida.
OBSERVATION 135 (VircHOw).
Deuxième pièce, provenant d’une jeune fille avec développement anormal des organes génitaux. À peu près au même niveau que dans la pièce précédente, il y a un orifice très petit, et à cette hauteur on constate l’absence d’une apophyse épineuse. Immédiatement au-dessus .de cet orifice, on trouve l’apophyse épineuse de la première vertèbre sacrée, qui montre, elle aussi, une ligne de division. Les deux moitiés se sont fusionnées après s'être inclinées l’une vers l’autre. Au- dessous ee de l'orifice ci-dessus mentionné, la paroi postérieure du sacrum est. aplalie, puis encore au-dessous commence l’hiatus sacro- coccygien.
OBsERvATION 136 (VircHow).
Troisième pièce, provenant d’un nègre du Togoland. Toujours au mème endroit que dans les pièces précédentes, il y a un orifice un peu plus vaste, des deux côtés duquel se trouvent les deux moitiés de l’'apophyse épineuse de la première pièce sacrée, qui se sont déviées … et n’ont pas pu se rejoindre complètement sur la ligne médiane. Au-« dessus, on trouve encore une apparence de fissure médiane de l’apo- D. physe épineuse de la cinquième vertèbre lombaire, qui d’ailleurs est … bien constituée. 34
Dans un cas que cite Recklinghausen, à propos de l'hypertri= chose lombaire (p. 292), il dit: « Dans le premier de ces faits, OU les poils de la zone d’hypertrichose étaient longs de 2 ou 3 cen- | timètres, minces et délicats, peu épais, et au nombre de cent À environ, l’apophyse épineuse de la première vertébre sacrée était fissurée et divisée en deux moitiés rapprochées et unies entt 8. elles par du tissu fibreux en couche mince... Dans un de ces cas, on put disséquer de minces tractus fibreux, qui, rassemblé |
* ne
SPINA BIFIDA OCCULTA 81
allaient de la dure-mére à la couche fibreuse, oblitérant la fissure de l’apophyse épineuse de 1a première pièce sacrée.
Recklinghausen ajoute : «En somme, il n’y a qu'une différence de degré entre ces faits et certains spina bifida, entre ce que nous pourrions considérer comme une simple variété anatomique et la pièce pathologique. Aussi, à l'avenir, les anatomistes feront bien de remarquer si ces variétés dans la disposition des apophyses épineuses ne sont pas en rapport avec une exagération de la pilosité dans la région ou une disposition anormale des poils. »
Dans l'observation XXI de Muscatello, que nous avons reproduite p. 387, en même temps qu’une myélocystocèle lombosacrée, il y avait dans la région cervicale un myélocyste rétracté, avec développement vasculaire angiomateux dans l'épaisseur des méninges situées à la face dorsale de la moelle. Comme à côté de cette néoformation angiomateuse il y avait des cavités revêtues d’épithélium cylindrique, nous avons considéré la masse située en arrière du myélocyste comme la lame épithélioséreuse d'un myélocyste aréal, offrant toutes ses particularités caractéristiques. Or, à ce niveau, le canal vertébral était refermé. Muscatello dit seulement : «Les vertèbres cervicales, au nombre de 7, étaient normales; la dure-mère, dans la région cervicale, était fixée aux arcs vertébraux et offrait une adhérence intime avec la méninge molle sous-jacente. »
Il semble bien que nous ayons là un exemple de myélocyste aréal, avec lame épithélio-séreuse postérieure, s’étant libérée de ses connexions avec la peau, et en arrière la paroi dorsale du canal vertébral s’est reconstituée, avec son aspect parfaitement normal.
Il serait facile de multiplier les exemples de ce genre. Nous venons de voir, dans les quelques cas de spina bifida occlusa que nous venons de passer en revue, la malformation médullaire concomitante revêtir les caractères que nous avons assignés au myélocyste aréal. Or, et nous reviendrons sur ce point à propos de la pathogénie, on pourrait se demander si une partie au moins des cas considérés comme constituant des syringomyélies congénitales, ne relèvent pas de la même origine et ne
D' M. DENUCÉ. 31
482 SPINA BIFIDA sont pas des spina bifida occlusa. Ce n’est: pas là une idée nouvelle, et Virchow avait déjà Signalé les rapports possibles entre ‘la syringomyélie et le spina bifida.
En étudiant le spina bifida occulta, nous avons vu que la seule forme anatomique qu’on rencontrait avec le spina bifida occulta était le myélocyste aréal. Il semble qu'avec le spina bifida occlusa, on puisse trouver non seulement le myélocyste aréal, comme nous venons d'en citer plusieurs exemples, mais aussi la diastématomyélie. On pourrait, à l'appui de cette asserlion, rappeler quelques-uns des faits dont nous avons eu l’occasion de parler à propos des diastématomyélioméningocèles. Je citerai notamment celui de Foa (v. p. 239) et celui de Furstner et Zachner (v. p. 40). Le cas de Miura: en fournirait un nouvel exemple. De la figure 20 à la figure 22, on suit le dédoublement de la moelle, complété à la figure 21, et on voit comment le myélocyste s’est transformé en diastématomyélie. Puis, à la figure 24, la diastématomyélie se transforme en myélocyste,pour ébaucher encore, à la figure 25, une nouvelle division incomplète : ensuite la moelle redevient normale. Or, le myélocyste 4 existe au niveau de la première lombaire, et à ce niveau lan dure-mère, en arrière, est très épaissie, très dure ; elle adhère à l'os, comme la pie-mère lui adhère. Là, le canal central, très M élargi, se continue en arrière avec un prolongement en forme de fissure large, qui sépare et repousse en dehors les deux cordons 4 de Goll. La partie antérieure seule de cette cavité, celle qui répond : à la dilatation du canal central, est tapissée d’épithélinm cylindrique. Plus bas, toute la cavité sera revêtue de cet épithélium cylindrique. Puis commence le dédoublement du canal « et la division de la moelle. | ; à
Ce fait, comme celui de Foa, comme celui de Furstner et 2 Zachner, etc., pourrait nous servir, je ne dirai pas à démontrer, mais bé au moins à émettre l'hypothèse que ces cas. de. diastémalomyélie sans fissure du canal vertébral seraient bien | des cas de spina bifida occlusa. LEA "28
. Miura (de Tokio, Japon). — Z. Gen. d. Hôhlen im Rückenmark ren. 4 ja Are Anal., 1889, t. CX VII, n° 3, p. 435). .