HinoEsraxo, — D, Zeitschrift f. Chirurgie, 1893, p
hausen. En réunissant les cas qu'il a publiés dans le corps de son travail et ceux donnés dans l'appendice, on arrive à un total de 11 myélocystocèles. Quatre fois seulement, il y avait une véritable fissure entéro-cysto-abdominale. Dans les autres cas, la complication abdominale se réduisait à une simple hernie ombilicale ou même à un simple écartement, plus ou moins grand, une simple « diastase » des muscles grands droits de l'abdomen. En 1894, Muscatellor termine son étude de la myélocystocèle dans les termes suivants: «Il faut remarquer que souvent, outre la myélocystocèle, il y a des troubles plus ou moins étendus, mais qui peuvent manquer ou ne pas étre reconnaissables cliniquement. Citons surtout les courbures anormales du rachis. D'abord viennent les courbures latérales, puis plus rarement les courbures antéro-postérieures, surtout la lordose. Dans bien des cas, on n’en trouve aucune trace. En seconde ligne viennent les fissures abdominales, qui vont depuis l’éventration totale jusqu’à la simple hernie ombilicale ou la diastase des muscles droits. Les pieds bots sont relativement fréquents ; par contre, la paralysie des sphincters de la vessie et du rectum est assez rare dans cette forme du spina bifida. » Dans son second travail, beaucoup plus récent», il écrit : «Dans l’article que j'ai . cité plus haut, Marchand avance que de toutes les formes du spina bifida la plus rare est certainement la myélocystocèle; c’est là une assertion que les faits ultérieurs n’ont pas confirmée : nous savons que, sur les 32 cas qu'il a étudiés, Recklinghausen a trouvé 11 myélocystocèles. Hildebrand, sur 24 cas, en trouva 11; comme je l'ai déjà écrit, trois des cas qu’il donne comme des méningoceles, doivent, selon toute vraisemblance, être considérés comme des myélocystocèles. Et dans les publications postérieures, où le diagnostic clinique a été confirmé par le diagnostic anatomique, ce qui, malheureusement, ainsi que je l'ai déjà dit, est trop rare, les myélocystocèles constituent une grande partie des cas. J’en ai moi-même observé 7, plus ou moins combinés avec des méningocèles. Et ce n’est pas seulement dans les cas
1. MuscaTeLLo.— Arch. f. klin. Chir., 1894, XLVII, p. 256. 2. MuscaTezLo. — Arch. f. klin. Chir., 1902, LX VIT, n° r, p. 276.
MYÉLOCYSTOCÈLE 141
qui sont examinés pathologiquement, mais parmi ceux qui sont soumis à l'examen du chirurgien qu’on reconnait cette fréquence. Les myélocystocèles constituent de beaucoup la plus grande part des cas soumis à des tentatives chirurgicales.» Et, à la suite de ces lignes, il rapporte 3 observations dont 2 ont donné lieu à une opération, toutes les trois sans aucune modification de la paroi abdominale.
Dans l'observation XVI de son premier mémoire (p. 231), il s’agit d'une enfant ayant vécu trois ans, morte à la clinique infantile de l’université de Strasbourg, et porteur d’une myélocystocèle lombo-sacrée. La fissure occupait la cinquième lombaire et les trois premières sacrées, et était constituée par l’absence des arcs postérieurs en entier. Sauf qu'ils ne sont pas très hauts, les corps vertébraux sont normalement constitués. Le myélocyste est assez complexe, mais ce que je tiens à noter ici, c'est que « il y a diastase des muscles droits (largeur de la ligne blanche au-dessous de l’appendice xiphoïde, 6 millimètres ; entre celui-ci et l’ombilic, ro millimètres, et au-dessous de l’ombilic, 8 millimètres). L’appendice xiphoïde, large de 15 millimètres, porte en son milieu un orifice. L’ombilic, assez large, est éversé en dehors. Une hernie inguinale droite contient la trompe droite, l'ovaire droit et la corne droite de l'utérus fortement attiré en haut. Rien à noter sur l’état des autres viscères. » |
Il faut remarquer que, dans cette observation, en dehors de la fissure lombaire et du raccourcissement, modéré d'ailleurs, des corps vertébraux, la colonne vertébrale ne présentait aucune altération notable. Mais, en même temps que la malformation vertébrale, on trouvait des signes certains d’un trouble dans le dévéloppement de la paroi abdominale antérieure. La présence d'un orifice dans l’épaisseur de l’appendice xiphoïde, la diastase des muscles droits, la largeur de l’ombilic, la présence dans une hernie inguinale d’une corne utérine avec les annexes du même côté, tout cela, bien que la malformation n’eüt pas alteint ici un degré bien prononcé, suffit pour nous montrer que les segments primordiaux ont été atteints dans leur déve-
loppement, aussi bien dans leur pores antérieure 1e dans
leur portion postérieure. 1
D’après Bockenheimer (p. 719), la one entéro-cystoabdominale n’est pas compatible avec la vie. Quand l'enfant ‘+ est né viable, il peut y avoir diastase des muscles droits, ou, parfois, paralysie unilatérale des muscles de la paroi abdomi- k nale. Cette paralysie proviendrait de ce que l'innervation des muscles de la paroi abdominale se fait par des racines sortant de la moelle entre les septième et douzième vertèbres dorsales. | Aussi ne rencontrerait-on cette paralysie que dans les formes 4 élevées, thoraciques ou cervicales, de la myélocystocèle. Les hernies ombilicales sont rares : de plus, comme nous le verrons, en étudiant la partie clinique, les enfants atteints de cette forme de spina bifida, quand ils vivent, ce qui est le cas le plus fréquent, offrent une force vitale de résistance plus grande que les sujets, par exemple, atteints de myéloméningecèles. On voit donc que la coïncidence de la myélocyslocele avec la fissure 4 entéro-cyslo-abdominale doit être considérée comme beaucoup moins constante que ne le croyait Recklinghausen et, en l'ab- à sence de cette complication, la myélocystocèle est parfaitement compatible avec la vie. Nous verrons même, quand nous étu- n. dierons le spina bifida occulta, que certaines formes de myélocystocèles sont susceptibles, au moins jusqu’à un certain point, de guérir $Spontanément.