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MuscaTELLO. — Arch. f. kl. Chir., 1894, XLVII, p

par le professeur Recklinghausen, quelques résultats de mes recherches personnelles.

Longueur totale, 54 centimètres; longueur du sinciput à l'anus, 36. Double pied bot très marqué, légère contracture des deux genoux. Le crâne mesure 12 et 10 centimètres et demi. La grande fontanelle, 65 sur 45 millimètres. Légère hydropisie ventriculaire; un peu d’accumulation de sérosité à la base.

Dans la région lombo-sacrée, on trouve une tumeur de 65 millimètres de long sur 45 de large, faisant une La de 1 centimètre de hauteur. Cette tumeur a son bord gauche à 5 centimètres, et son bord droit à un demi-centimètre de la ligne médiane. Son extrémité inférieure est à 3 centimètres au-dessus de l’anus. À 2 centimètres au-dessus de l’anus se trouve une fovea coccygea, très marquée. Sur le côté droit de la tumeur, l’épiderme est arraché, sans qu'il y ait là de rougeur particulière; sur toute la face postérieure, il y a d’ailleurs de nombreuses places au niveau desquelles l’épiderme manque. Le revêtement cutané est ridé, le tissu cellulaire sous-cutané au niveau de la tumeur est très mince. Il est plus développé au niveau de la nuque, du siège et des hanches. Profondément, la tumeur s’engage dans un orifice qui conduit dans le canal vertébral. Autour de cet orifice, le fascia se replie et s’unit à la paroi de la tumeur et au tissu cellulaire sous-cutané. La fissure vertébrale mesure en long 3 centimètres et en largeur 1 centimètre et demi... Le pédicule du sac passe sous le bord cranial de cette fissure. Le rachis est légèrement recourbé en arrière et mesure de la base du crâne jusqu’à la pointe du coccyx 25 centimètres. Sur toute sa longueur, les apophyses épineuses paraissent bien développées; peut-être sont-elles un peu larges dans la région lombaire. La fissure est formée par l’absence des arcs postérieurs de la cinquième vertèbre lombaire et des trois premières pièces sacrées. Les corps des vertèbres lombaires, surtout celui de la cinquième, sont larges, et le bassin paraît très incliné, de sorte que la face antérieure du sacrum fait, avec la face antérieure des vertèbres lombaires, un angle de 60°. Il n’y a aucune fissure des corps vertébraux lombaires ou sacrés. Les corps vertébraux, sans être très hauts, paraissent normalement constitués. Leur hauteur ne dépasse pas, dans la région cervicale, 5 millimètres, dans la région dorsale, 7 millimètres, et 9 dans la région lombaire.

Les arcs postérieurs ayant été sectionnés de chaque côté de la ligne médiane, on reconnaît que la dure-mère est attachée fortement à la paroi du sac. La peau est unie à la paroïi du sac, mais il y a entre les . deux une-couche de tissu adipeux. Dans ce tissu adipeux sous-cutané on arrive, vers l’extrémité inférieure, à un sac borgne, dont la paroi est blanche et brillante. Mais il ne constitue qu’une petite partie de la

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tumeur. Car en haut on trouve deux sacs semblables que l’insufflation montre communiquant l’un avec l’autre. Quand on a ouvert le sac inférieur, on reconnaît aussi qu’il est en relations avec les autres. Le pédicule de la tumeur est attaché à la moelle sur une longueur de 18 millimètres.

A droite, les racines nerveuses cheminent le long de la paroi du sac, tandis qu’à gauche, elles se rendent directement aux orifices sacrés. L’extrémité inférieure de la moelle va jusqu’à la hauteur de la troisième vertèbre sacrée. Les racines nerveuses partent perpendiculairement à la moelle et se rendent directement à leurs orifices intervertébraux.

Au microscope, on constate que la dure-mère se perd à la base de la tumeur. La paroi de la tumeur se compose de la peau, dont les éléments sont légèrement atrophiés, du tissu sous-cutané très graisseux et de la méninge molle très épaissie. La paroi des petits sacs montre en certains points des restes de substance médullaire, sans cellules ganglionnaires, avec un revétement d’épithélium cylindrique vibratile. En d’autres points, la couche épithéliale repose directement sur la pie-mère.….

Entin, Muscatello signale la diastase des muscles droits antérieurs, un orifice dans l’appendice xiphoïde, l’éversion de l'ombilic et la hernie inguinale contenant une corne utérine, la trompe et l'ovaire correspondants, dont nous avons déjà parlé ailleurs. Il ajoute enfin : «Ce qui est surtout remarquable, c’est la présence de ces trois petits kystes, situés les uns derrière les autres, leur attache à la moelle, leur revêtement interne d'épithélium cylindrique vibratile, la présence de tissu nerveux dans leur paroi; aussi ne peut-on hésiter à les reconnaître comme étant des myélocystes. Tous sont enfermés dans une enveloppe formée par la méninge molle, dont les deux parties, l’arachnoïde et la pie-mère, sont par places absolument confondues, tandis que sur d’autres points il est possible de les séparer.»

L'observation ne dit pas si la cavité de ces kystes communiquait avec le canal médullaire. Il ne semble pas non plus que des racines nerveuses aient leur orifice sur la paroi même des kystes. Il est dit seulement que les racines cheminent sur la paroi des kystes, De plus, il est difficile de savoir si un des sacs constituait un véritable myélocyste. Il est probable qu'il y avait,

à l'extrémité inférieure de la moelle beaucoup plus longue qu’à l’état normal, un myélocyste aréal terminal, peut-être rétracté, et que les petits kystes décrits par Muscatello n'étaient autre chose que des cavités annexes dues à l’occlusion irrégulière de

la lame épithélio-séreuse. C’est d’ailleurs ce que semble indiquer

clairement la structure assignée aux parois des kystes.

Lorsque, en l’absence de restes médullaires et de revêtement épithélial cylindrique, le signe pathognomonique, sur lequel nous venons d’insister, manque, il devient plus difficile d'affirmer que le myélocyste faisant saillie dans la méningocèle est bien un myélocyste aréal. Tel est le cas notamment toutes les fois que la zone épithélio-séreuse pourra être considérée comme absente. Il nous restera alors, comme critérium, les autres caractères dont nous avons parlé: la petitesse du myélocyste, l'épaisseur relativement considérable de ses parois, les dimensions restreintes et l’inextensibilité de la cavité myélocystique, enfin, comme nous l'avons déjà dit, la tendance qu'offrent les parois à l’atrophie des éléments nerveux, à la transformation fibreuse et à la rétractilité. En s'appuyant sur ces caractères, nous pourrons classer certains cas dont l'interprétation avait paru jusqu'ici des plus douteuses, ou qui avait donné lieu à des interprétations successives très différentes. À mon avis, les cas qu'on donnait naguère comme des hernies de la moelle se faisant dans une méningocèle préformée, à peu près comme une hernie intestinale pourrait s'effectuer dans un sac péritonéal préformé, et qu’on a longtemps désignés sous le nom de « myéloméningocèles », les cas, encore, qu'on donnait comme des « déflexions de la moelle » se faisant dans la cavité d'une méningocèle, ou, comme on disait alors, d’un hydrorachis externe, beaucoup des cas, aussi, qu’on a analysés comme des tumeurs gliomateuses, cylindriques ou conoïdes, développées aux dépens de la partie postérieure de la moelle, lorsque du moins on trouve dans ces soi-disant gliomes. une cavité en continuité avec le canal central de la moelle, ne

seraient pas autre chose que des myélocystoméningocèles +

postérieures à myélocyste aréal. Malheureusement, la-plupart de

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