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pas moins complète, mais la lame médullaire seule y a pris part, et, en se refermant, elle s’est séparée complètement du feuillet séreux. Mais les lames dorsales ne peuvent pas achever sur la ligne médiane leur réunion osseuse : l'union ne se fait que par la peau et les méninges ou les méninges seules; les éléments osseux restént à distance, donnant ainsi lieu à une fissure osseuse ; | :

4° Le développement initial du tube médullaire et son occlusion se sont faits normalement, mais l’axe cérébro-spinal qui s’est ainsi constitué se trouve comprimé totalement ou en partie par le capuchon céphalique de l’amnios arrêté dans son développement. Les méninges et la peau se réunissent sur la ligne médiane, tandis que les éléments du squelette restent séparés.

À mesure que nous avancerons dans cette étude, nous verrons quelle influence profonde les recherches et les idées de Dareste ont eue sur les théories modernes du spina bifida.

Je ne fais que signaler ici le mémoire de Tourneux et Martin:, sur lequel j'aurai à revenir plus longuement. Sur un embryon humain de 8 millimètres, ils ont pu constater la persistance de la gouttière médullaire dans la région sacrée. La même année, Lebedeff 2 a l’occasion d'examiner, lui aussi, un embryon humain de 8 millimètres, mais surtout fait des recherches expémentales sur des embryons de poulets. IL admet que le même processus préside au développement de l’anencéphalie et du spina bifida. Dans les deux cas, il s’agit soit d’une non-occlusion du tube médullaire, soit d’un aplatissement secondaire du tube préalablement fermé, dû à une courbure exagérée du corps de l'embryon, et à la disparition consécutive de la paroi postérieure de ce tube.

Le livre de W. Koch présente, au dire des auteurs allemands, une grande importance historique. Koch divise l’ensemble des lésions que l'on désigne sous le nom de spina bifida en deux

1. TourNeux ct MARTIN. — Journ. de l’'Anat. et de la Phys., 1881, XVIL, p.1:1. 2. LEBEDEFF. — Arch. f. palh. Anat. (Virchow's), Bd. LXXX VI, 1881, p. 263. 3. W. Koca*— Mittheilungen über Fragen der wissentschaftlichen Medicin : 1° Beiträge zur Lehre von der Spina bifida, Kassel, 1881. . |

grandes catégories : les rachischisis ou fissures rachidiennes sans tumeur, généralement postérieurs et exceptionnellement antérieurs, et, d'autre part, les spina bifida proprement dits ou formes cystiques, avec tumeur, comprenant les myélocèles et les méningocèles. Dans tous les cas, Koch se déclare contre l'hypothèse d’une hydromyélie primitive qui se serait rompue. Le rachischisis ou fissure rachidienne sans tumeur serait toujours dü à la persistance de la lame médullaire et à sa nonfermeture en canal; la moelle se developperait ainsi en une surface aplatie, se continuant latéralement avec le feuillet corné, d'où l'impossibilité de la réunion des lames dorsales, et production de la fissure osseuse. Quant au rachischisis antérieur, il est très rare, et il peut être interprété en admettant qu'un certain nombre de protovertébres ne se sont pas formées ou se sont imparfaitement développées.

Quant aux formes cystiques, elles datent d’une époque plus tardive, alors que la fermeture du tube médullaire s’est effectuée. Mais Koch ne veut voir ici ni une hydromyélie primitive ni une adhérence de la moelle : avec Ranke, il incrimine le défaut de séparation du tube médullaire et du feuillet corné. En se développant, les parties molles latérales soulèveront le feuillet corné, qui pourra exercer sur le tube médullaire une certaine traction et le déplacer en arrière. Koch ne peut pas admettre l’action d’une collection liquide s’accumulant dans les espaces méningés, car la pression du liquide amniotique s’exerçant sur la paroi externe du fœtus s’opposerait à cette action. Enfin, la méningocèle spinale, dont l’origine serait à peu près semblable, comprendrait deux variétés, suivant qu'elle serait simple ou compliquée d’un cysto-sarcome coccygien.

Enfin, pour terminer l’histoire de cette période que nous avons appelée la période ancienne, il ne me reste plus qu’à signaler le court, mais substantiel rapport présenté à la Société clinique de Londres par un Comité spécialement nommé à cet effetr. Bien que les conclusions de ce rapport soient plutôt

1, Report of the Committee on spina bifida. Transaclions of the clinical Society of London, 1885, t. XVIII, p. 339.

d'ordre chirurgical, ses auteurs repoussent l’idée d’une hydromyélie primitive et admettent une malformation primitive du mésoblaste formant le canal vertébral.

Nous arrivons maintenant à la période contemporaine. Nous avons déjà dit qu'elle avait eu comme point de départ le mémoire de Recklinghausen; mais ce que nous devons répéter ici, c'est qu'on ne saurait attacher trop d'importance aux recherches de Recklinghausen. Les résultats auxquels il est arrivé, les conclusions qu'il a tirées de ses travaux, constituent encore aujourd'hui la part la plus importante de nos connaissances anatomiques sur le spina bifida. Je ne veux pas analyser ici ce mémoire célèbre. On en trouvera les principaux points résumés ou, suivant les circonstances, développés dans tout le cours du présent ouvrage. Je ne nommerai pas davantage les auteurs qui ont continué l’œuvre de Recklinghausen. J’aime mieux rapporter leurs travaux à mesure que l’occasion s’en présentera.

Enfin, l'historique de l'intervention chirurgicale dans les cas de spina bifida est des plus importants. Depuis le temps où Tulpius recommandait, dans les termes que nous avons cités, l'abstention systématique, le point de vue chirurgical a subi d'importantes modifications. Il y a eu une série d’étapes qu'il serait intéressant de retracer. Mais la revue-de ces étapes sera mieux placée dans le chapitre que nous consacrerons à l'étude du traitement chirurgical, et on nous excusera de ne pas l’avoir entreprise ici.

D'° M. DENUCÉ. PA

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