CHAPITRE V
Diastématomyélocèle et Diastématomyélioméningocèle.
Division en: 1.diastématomyélocèle (diastématomyélie dansle spina bifida aperta), et 2° diastématomyélioméningocèle ue dans le gpina bifida cystica).
Diastématomyélocèle : à) rachischisis total avec division de l’ébauche médullaire en deux moitiés latérales. Cette division peut être partielle; b) division dans le rachischisis partiel et la myéloméningocèle. La division peut porter sur l’area, comme aussi sur les segments médullaires afférent et efférent. Diastématomyélioméningocèle : 1, Diastématomyélie incomplète (ou mieux décomplétée) : «) rubanée; b) hitubulaire. — 11. Diastématomyélie complète simple.— III. Diastématomyélie complexe avec interposition de tissu; a) conjonctif, fibreux ou adipeux; b) cartilagineux ou osseux; c) mixte, formé par le mélange d'éléments histologiques divers, tous d’origine mésoblastique. — Étude de la substance grise dans la diastématomyélie : sa topographie. — Étude de la substance blanche. — Situation des racines et des ganglions rachidiens.
Le mot diastémalomyélie a été créé par Ollivier: (de Gtisrrux, interstice, et yvsAéc, moelle) pour désigner « la division plus ou moins étendue de la moelle épinière en deux moitiés latérales ». La coexistence de la diastématomyélie et du spina bifida peut se manifester dans deux conditions toutes différentes. Quand nous avons étudié les myéloméningocèles, nous avons vu que, dans certains cas, la substance médullaire, constituant l'area, était disposée en deux colonnes latérales, plus ou moins séparées, et
1. OLLIVIER. — Trailé des mal. de la moelle épin., 1837, I, p. 189.
situées de chaque côté de la ligne médiane. Nous désignerons cette première forme sous le nom de diastématomyélocèle. Dans d’autres cas, le spina bifida aura extérieurement toutes les apparences d’une méningocèle, c’est-à-dire formera une tumeur plus ou moins saillante, mais avec un revêtement cutané complet. Sous la fissure osseuse, au lieu de la moelle normalement constituée que nous devrions, par définition, rencontrer dans une méningocèle, nous trouverons la moelle localement divisée en deux colonnes longitudinales, qui se séparent audessus de la lésion, se réunissent au-dessous, et sont tantôt simplement accolées l’une à l’autre, sans interposition d'aucun autre tissu que, parfois, un simple prolongement pie-mérien, tantôt, au contraire, séparées par une masse d'apparence néoplasique, ou du moins hyperplasique, ou par une épine cartilagineuse, ostéo-cartilagineuse ou même osseuse. Nous réservons à cette forme de spina bifida cystica avec diastématomyélie l'appellation de diastématomyélioméningocèle. |
Il est d'usage, quand on parle de la division de la moelle épinière dans le spina bifida, de citer une des premières observations de spina bifida, une dé celles de Tulpius, où il semble que non seulement la moelle, mais encore les corps vertébraux étaient divisés (spina bifida antérieur). Tulpius: dit: « Cette épine viciée était partagée en deux parties égales depuis la dernière vertèbre du dos jusque sur les côtés de l'os innominé, et le péritoine recouvrait cette fente. » Le dessin qui accompagne cette observation n'est pas très explicite. D'ailleurs, la division de la moelle n’est pas indiquée. Morgagni, relatant ce cas ?, ajoute : «En faisant ses recherches avec beaucoup de soin, Tulpius est tombé sur le cas le plus rare, si on compare ses observations avec celles des autres auteurs, surtout avec celles de Ruysch3, qui a vu cette maladie beaucoup plus souvent, et qui dit n’avoir jamais rien observé de semblable. »
Cependant Ruysch parle d'auteurs (il est vrai qu'il ne les