‹ Spina bifidaChapitre 37 sur 144 · W. Kocu. — Loc. cit. (Beilräge z. Lehre v. S B., p · texte numérisé non relu

W. Kocu. — Loc. cit. (Beilräge z. Lehre v. S B., p

milive, Koch (note de la page 22) nie qu'on puisse trouver chez l’homme, dans une colonne vertébrale unique, une moelle double, c'est-à-dire présentant pour chaque division une organisation complète avec un canal central. Nous verrons si cette affirmation que Recklinghausen qualifie d’exclusive, est d’accord avec les faits.

La même année, Lebedeff 1 rattache toutes les anomalies que peut présenter le développement de la plaque médullaire à des causes d'ordre purement mécanique, aux courbures diverses de l'embryon. Au sommet de la convexité, l'énergie de croissance (Wachstumsenergie) qui se manifestera dans la plaque médullaire, ne s’emploiera pas à la formation des crêtes médullaires et à leur soudure, mais passera d’abord à l'élargissement de la gouttière intermédiaire, qui peu à peu formera des plis plus ou moins profonds. Et si, au moment où se produit la courbure de l'embryon, le tube médullaire est déjà refermé, au point où la courbure atteint son maximum, il s’aplatira. Les parois dorsale et ventrale, mises ainsi en contact, se souderont sur la ligne médiane, et la moelle se trouvera divisée en deux moitiés latérales plus ou moins symétriques.

L'année suivante, Leo Gerlach2 revenait à une opinion plus conforme aux idées actuellement admises. Chez des embryons de poulets, dont l’incubation avait été troublée par des moyens mécaniques ou physiques, il obtint des bifurcations de l'axe embryonnaire, et il considéra comme le protoype de ces faits de duplicité les cas dans lesquels la moelle seule ou une portion de la moelle était divisée en deux parties latérales.

Mais c’est encore dans le mémoire de Recklinghausen que, sur ce point spécial, comme sur toutes les questions afférentes au spina bifida, nous allons trouver, avec la critique la plus judicieuse des faits publiés et avec de nouvelles observations anatomo-pathologiques, les idées les plus fécondes sur le rap-

1. LEBEDEFF. — Ueber die Entstehung der Anencephalie und der Spina bifida bei Vôgeln und Menschen (Virchow’s Arch., 1881, LXXX VI, p. 263).

2. Leo GerLacn. — Die Entstehungsweise d. Doppelmissbildungen bei den hohe Wirbelthieren, 1882. «

DIASTÉMATOMYÉLIE 213

port à envisager entre la division de la moelle et le spina bifida. Pour Recklinghausen, la diastématomyélie est bien l'expression de l’ébauche médullaire primitivement bilatérale et symétrique. Le trouble qui a empêché les deux parties symétriques de cette ébauche bilatérale de fusionner ne peut remonter qu’au temps de cette primitive ébauche. Or, la coexistence de la diastématomyélie avec le rachischisis est si fréquente qu'il faut également faire remonter le début du rachischisis à cette même époque primitive. De plus, cette coexistence ne se montre pas seulement avec les rachischisis, mais aussi avec les spina bifida proprement dits, et cela plus fréquemment encore, peut-être, qu’on ne le croit. Recklinghausen arrive ainsi à admettre un processus unique, avec un début identique pour ces diverses variétés, que différencient seulement des conditions différentes de ce processus unique, pouvant se produire à des degrés différents et à des époques variables du développement embryonnaire. Nous verrons plus tard combien cette opinion est importante au point de vue génétique.

Marchand et Fischer: reviennent à la théorie de Lebedeff, à laquelle ils font subir cependant quelques modifications. La lésion correspondrait toujours au sommet d'une courbure, et, en ce point, par suite du déplacement et de l’irritation du corps vertébral culminant, il se ferait dans le canal vertébralune saillie cartilagineuse ou ostéo-cartilagineuse, et ce serait de chaque côté de cette saillie que se ferait la division de la moelle. Quant au siège de la courbure, il semble à peu près fixe et son sommet se trouve en face de l’ombilic : c’est l'insertion du canal omphalo-mésentérique qui, exerçant une traction sur le corps à ce niveau, cause la courbure et, secondairement, la division médullaire.

Il ne me reste à citer ici, comme travaux d’ensemble, que les dissertations inaugurales de Siegfried Rosemberg2 et de

1. Fiscer. — Ueber die lumbo-dorsale Rachischisis, mit Knickung d.

Wirbelsaüle (Ziegler’s Beiträge, 1889, V, p. 159), et Inaug. Diss. Iéna, 1889-90.

; 2. S. ROSEMBERG. — L'eber S, B. und Diastématomyelie. Inaug. Diss. Freiburg 18go.

Steiner:, et les travaux de Sulzer?, J. Arnoldë, Theodor, Wieting5, etc. J'ai dit plus haut quelle importance j'attribuais au travail de O. Hertwig: Urmund und Spina bifida (loc. cit), et j'en aurais terminé avec cette revue historique, s’il ne me restait à signaler les opinions imprévues de E. D. Bondurant6, pour qui la division de la moelle est un simple accident d’autopsie, et de Van Gieson7, qui pense que le dédoublement de la moelle n’est qu'apparent, et dù à l’enlèvement brutal de la moelle, ainsi qu’à son traitement ultérieur (?).

Au point de vue anatomique, nous distinguerons, dans les cas de spina bifida avec division de la moelle, les deux catégories suivantes :

1° Les spina bifida aperta, rachischisis ou myéloméningocèles, dans lesquels l’area médullo-vasculaire se montre divisée en deux parties plus ou moins symétriques, de chaque côté de la ligne médiane. C'est à ces variétés que nous avons Rp de donner le nom de diastématomyélocèles.

2° Les spina bifida cystica (avec fermeture complète du revêtement cutané), où la diastématomyélie pourra présenter plusieurs variétés : |

a) La diastématomyélie incomplète ;

b) La diastématomyélie complète, simple, c’est-à-dire dans laquelle les deux parties de la moelle divisée seront accolées, ou séparées seulement par un prolongement de la pie-mère.

c) La diastématomyélie complexe, dans laquelle les deux parties de la moelle divisée seront séparées l’une de l’autre par une production particulière de tissu, qui ne sera ni un prolongement méningé, comme dans la variété précédente, ni de la substance médullaire. Nous verrons, quand nous ferons la revue

1. STEINER. — U. Verdoppelung d. Rückenmarks. Inaug. Diss. Kônigsb., 1895.

2. SULZER. — Ziegler’s Beiträge z. path. Anat., 1893, XII, p. 566.

3. J, Arxozp. — Myelocyste, Transposition von Gewebskeimen und Sympodie (Ziegler’s Beiträge, 1893, XVI). ,

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