De Ruvrer. — Arch. f. kl. Chir,, 18go, t. XL, p
D' M. DENUCÉ, 19
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de cette tumeur se détache, en avant, un prolongement qui pénètre entre les deux moitiés de la moelle.
OBsERvVATION 61 (DE RUYTER).
K.., un an. Depuis sa naissance on a remarqué la présence dans la région sacrée d’une tumeur, qui s’est notablement accrue depuis; l'enfant est bien développé, avec un pied bot varus à gauche. Sur la ligne médiane, à la région sacrée, il présente une tumeur arrondie, grosse comme une poire, recouverte par une peau normale, de con: sistance molle et élastique.
1/11, 88. Opération. Incision transversale : on tombe sur un lipome, qui est libéré en partie à la sonde cannelée, en partie au moyen de l'instrument tranchant. Sans qu’on ait à aucun moment aperçu la paroi kystique, le liquide soudain s'écoule en abondance. L’orifice qui lui donne passage est fermé par une suture, puis le lipome cé 4 partiellement excisé et la peau est enfin suturée.
2/9, l'enfant est bien ; 3/9, temp. S.: 38,9; 4/9, M.: 39,6. Pansement: la plaie en partie n’est pas réunie. IL s'écoule du liquide céphalo-rachidien. Compression. 5/9, la température est retombée à 36,8. La plaie va bien; il ne s’en écoule que peu de liquide. 6/9, même état. 7/9, gastro-entérite. Le 8, les forces dame sans de il y ait de fièvre. Mort le 9. 4
A l’autopsie, on trouve de l’entérite folliculeuse. La plaie est en bon d état. Le liquide céphalo-rachidien n’est pas trouble. Sur une coupe médiane antéro-postérieure, intéressant le rachis, ia moelle et la. tumeur, on voit que le lipome remonte dans le canal rachidien « jusqu’au niveau de la région dorsale, en s’insinuant entre l’arachnoïde | et la dure-mère; mais, de plus, il envoie une sorte de prolongement « conique, qui pénètre entre les deux moitiés latérales de la moclle M divisée à ce niveau. Les deux cordons médullaires sont englobés dans « la tumeur, mais tous les nerfs qui en sortent sont normaux comme aspect extérieur. Au microscope, on à pu constater que le lipomem élait simplement contigu à deux cordons médullaires qu'envelop-n pait une couche conjonctive.
Jusqu'ici, le cordon fibreux, que son trajet füt dans l'inté-u rieur ou en dehors du fourreau méningé, paraissait toujours, être placé dans le plan médian sagittal et avoir une direction antéro-postérieure. Mais il peut arriver que ce trajet soit oblique et que le cordon fibreux, partant de la face postérieure d'un. corps vertébral, à sa partie moyenne, se‘dévie ensuite à droite
Per.
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où à gauche et aille rejoindre l'extrémité d’un des demi-arcs
postérieurs, plus ou moins rudimentaires, bordant la fissure.
On trouve cette disposition indiquée dans l'observation XXX
de Recklinghausen (p. 416), rédigée malheureusement d'une manière un peu succincte.
OBSERVATION 62 (RECKLINGHAUSEN, XX X).
Je puis encore décrire une autre pièce comportant une malformation du même genre, une fissure de la paroi postérieure du canal rachidien. IL y a un pont jeté sur une des moitiés de la gouttière vertébrale, mais ce pont ne contient aucune particule de tissu osseux et est tout entier de nature fibreuse. C’est un ruban, long de 5 millimètres, large de 4, avec des bords tranchants, que j'ai trouvé dans mon cas n° XXX, un rachischisis partiel lombo-sacré, dont la fissure osseuse commence au niveau de la dernière vertèbre dorsale et qui présente, vers sa partie moyenne, une forte courbure cyphotique. Il s’agit d’un fœtus à terme (A, II, 91) avec une forte hydrocéphalie et un cerveau rudimentaire. Le ruban, en forme de pont, n’est pas constitué par des débris, des lambeaux de méninges molles, qui auraient été déchirées dans la gouttière vertébrale; en effet, au-dessous de lui, on trouve la membrane séreuse parfaitement intacte. D’ailleurs, sa forme et sa direction sont tellement régulières, qu’on ne peut que le comparer aux épines osseuses'que nous avons décrites plus haut. Il n’y avait sur la membrane séreuse aucun reste médullaire, les racines nerveuses étaient fort irrégulières, le pôle caudal n’était pas nettement reconnaissable, et tout cela empêchait d'affirmer si, dans ce cas, une moitié de l’ébauche médullaire s’avançait sous le pont fibreux.
11 est regrettable que l’auteur n’est pas exactement indiqué les points d'insertion de ce ruban fibreux. Nous devons, en conséquence, chercher une interprétation de cette description un peu courte. Du moment qu'il est question d’un pont fibreux, sous lequel on aurait pu admettre qu'une des moitiés de l'ébauche médullaire aurait pu passer, et qu'immédiatement après cette observation, Recklinghausen ajoute : « Maintenant que nous avons vu comment les rudiments des arcs postérieurs peuvent constituer des ponts par-dessus la gouttière vertébrale…, » il devient évident que dans l'observation XX\ le pont
devait être formé en dedans par le ruban fibreux, en dehors par le rudiment du demi-arc postérieur. « Et, ajoute immédiatement Recklinghausen, si nous nous souvenons de ce bourgeon osseux que, dans notre cas n° IIT (voir p. 563), nous avons vu s’avancer entre les deux moitiés de la moelle, de l'exostose qui, dans le cas n° XXVI et dans l'observation de Sestier-Cruveilhier (voir p. 557), jouait la même rôle, nous arriverons à reconnaître que ces pièces n'étaient autre chose que des débris des métamères rachidiens... On ne peut donc que repousser l'hypothèse qui ferait de ces pièces des adhérences consécutives à un processus inflammatoire, »
b) DIASTÉMATOMYÉLIE COMPLEXE, AVEC INTERPOSITION DU TISSU OSSEUX OU CARTILAGINEUxX. — Les observations de diastématomyélie dans lesquelles on trouve, entre les deux moitiés séparées de la moelle, une pièce interposée, formée de tissus cartilagineux ou osseux, sont relativement nombreuses. Nous avons déjà reproduit, à propos des diastématomyélocèles, l'observation de Sestier-Cruveilhier dans laquelle un prolongement osseux, en forme d’épine conodïde, né de la face postérieure du corps de la douzième dorsale, divisait la moelle en deux cordons parfaitement distincts. Il y a une observation publiée par Trowbridger:, qui date à peu près de la même époque; je ne la connais que par le résumé qu’en donne Malgaigne?, et j'avoue qu’il me paraït difficile de lui assigner une interprétation quelconque. |
OBSERVATION 63 (TROWBRIDGE).
Enfant de quatre ans et trois mois, venu au monde avec une tumeur volumineuse sur le sacrum et les trois dernières vertèbres lombaires, qui s'était accrue, était fluctuante et offrait près de la peau, du côté droit, une saillie osseuse et mobile. Après avoir coupé l'enveloppe de la tumeur, qui avait près d’un pouce d’épaisseur, on ouvrit une cavité qui contenait plusieurs sacs, communiquant entre eux, remplis de liquide et adhérant à l'apophyse épineuse de la
1. TROWBRIDGE. — Bost. med. and surg. Journ., 1829. 2. MALGAIGNE. — Journ. de chir., 1845, LIT, p. 45.
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deuxième vertèbre lombaire en partant du sacrum. Les apophyses épineuses des deux vertèbres supérieure et inférieure manquaient, et à leur place, il y avait une cavité contenant des portions des kystes dont nous venons de parler et qu’on pouvait facilement repousser du doigt. L’ablation du tout fut faite. La pièce osseuse qui traversait la tumeur ressemblait à une fausse côte. Son extrémité rapprochée de la peau était cartilagineuse, et donnait attache à un kyste. L'autre extrémité était fixée par un ligament à l’épine de l'os desiles. Excision partielle de cette pièce. Suture des parties molles. Guérison.
Devant l'incertitude des détails rapportés, je crois que nous ne pouvons guère faire état de cette observation,
Je ne fais que relater également, d’après ce qu’en dit Recklinghausen (p. 413), le cas de Taruffi, qui décrit une pièce appartenant au Musée de Bologne, un spina bifida dans lequel l'arc de la première vertèbre lombaire, au lieu de venir s'unir au corps, se recourbe en dedans, traverse le milieu du canal rachidien et partage la moelle en deux.
En 1877, à la Société de chirurgie de Paris, Verneuil présente une pièce de spina bifida, au nom de M. Scribe, professeur à l'École d'Amiens, et Houel est chargé de faire un rapport sur cette pièce, qu’il croit unique dans la science.