CHAPITRE IT
Rachischisis et Myéloméningocèle.
Rachischisis. — Rachischisis total; sa constitution.
Rachischisis partiel, — Area médullo- vasculaire. Sa constitution: fossettes polaires; rapports de l’area avec les racines nerveuses. Ganglions.
Zone épithélio-séreuse.
Zone dermatique.
Myéloméningocèles. Zone dermatique: vascularisation; hypertrichose. — Zone épithélio-séreuse. — Area: ses formes; fossettes polaires. — Constitution de l’area. — Segments
médullaires : leur attache; attache du fiilum terminale. — Allongement de la moelle.
Collection liquide. Son siège : hydrops sous-arachnoidien et hydrops sous-dural. Nature et origine du liquide épanché. Trajet des racines dans ces deux formes.
Etat du rachis.
Lésions concomitantes.
Modifications que peut subir la surface de la myéloméningocèle.
1° Rachischisis. — Nous avons défini plus haut le rachis-
chisis, « cette forme de spina bifida dans laquelle, la gouttière médullaire ne s'étant pas refermée en tube et les bords de la nappe médullaire restée étalée ne s’étant pas dégagés de leurs connexions avec le feuillet épidermique, l’épiderme du dos offre une solution de continuité plus ou moins large, dans laquelle on aperçoit à nu la pie-mère supportant des éléments médullaires. » Nous savons que cette dénomination de rachischisis a été employée d'abord par W. Koch, puis par Fôrster, pour désigner les fissures totales du canal vertébral, tandis que Recklinghausen
a attribué ce nom à tous les cas de spina bifida aperta dans lesquels, que la fissure vertébrale soit totale ou partielle, le contenu de la gouttière vertébrale ne prend pas les caractères d’une tumeur kystique, et ne fait au-dessus du niveau de la surface dorsale aucune saillie. C’est cette terminologie que nous adopterons, et nous étudierons successivement le rachischisis total et le rachischisis partiel.
a) RACHISCHISIS TOTAL. — Celte forme n'offre qu'un intérêt purement tératologique : elle est incompatible avec la vie, et la plupart des fœtus portant un rachischisis total sont nés morts avant terme ou à terme, ou s'ils ont vécu, n’ont respiré que quelques minutes ou, au plus, quelques heures.
Cette lésion a été assez anciennement connue, et Morgagni: en cite plusieurs observations recueillies avant lui par Wepfer ou d’autres auteurs. Il cite encore deux observations personnelles, dont une, malgré sa brièveté, est assez curieuse : « Quant à moi, je sais, après tant d’autres, qu'il n’existait aucune trace de cerveau ni de cervelet ni de moelle allongée sur les deux fœtus de Padoue et de Forli dont il a été question plus haut; de plus, je trouvai sur l’un quelque chose qui était plutôt une espèce de rudiment de la moelle, très mince et comme membraneux, que la moelle elle-même, »
Richter 2 rapporte une observation de Fieliz, où les apophyses épineuses manquaient dans toute la longueur de la colonne et laissaient la moelle à nu. | |
Lassus$ décrit, compendieusement, mais d’une façon assez précise, le rachischisis total dans les lignes suivantes : « Dans quelques fœtus, on a trouvé toutes les apophyses épineuses détruites, le canal vertébral ouvert dans la plus grande partie de sa longueur, prenant la forme d’une gouttière, d’une cavité oblongue, plus ou moins large, dans laquelle la moelle épinière était à nu,
1. MorGaGni. — De sedibus et causis morb., epist. XII, n° 8, édit. fr., t. IH, p. 161.
>. RICHTER. — Chirurgische Biblioth. Gôttingue, 1791-1797, t. IX, p. 185.