TUMEURS
trouvera des cavités kystiques, uniques ou multiples; ces cavités seront plus ou moins vastes; leurs parois auront une structure variable, et leur revêtement épithélial sera également très variable, mais cette cavité et ces parois ne formeront rien autre chose qu'un kyste, ne présenteront en rien l'aspect d’un organe creux surajouté.
30 Les tumeurs complexes, qui ont été décrites sous le nom de tératomes, de tumeurs tératoïdes, de tumeurs embryonnaires; tumeurs parasitaires. « Ces tumeurs », dit Calbet: dans une thèse très remarquable, mais dont les conclusions ne nous paraissent plus admissibles aujourd'hui, (ont une structure très complexe,
. mais cependant comparable. Elles renferment les tissus les plus
variés. Elles peuvent aussi présenter des organes complets ou des fragments d'organes, membres supplémentaires plus ou moins rudimentaires, existant seuls ou coexistant avec d’autres organes, intestins, glandes, etc., ou d’autres tissus, os, muscles, vaisseaux, nerfs, kystes, etc. »
Ces tumeurs que Calbet considère toutes comme parasitaires, comme dues au développement anormal d’un second embryon, vivant en parasite sur un frère jumeau, à ce que l’on a appelé « fœtus in fœtu », qu'il croit, en un mot, être polygerminales, et sur l'origine desquelles on tend aujourd'hui à être très circonspect, se rencontrent quelquefois avec un spina bifida, et à ce titre elles ont pour nous un intérêt spécial. Mais il est à noter qu'on ne les rencontre guère que dans la région sacrococcygienne, ce qui nous entraînera à faire une étude rapide des tumeurs congénitales de la région sacro-coccygienne.
Nous aurons aussi à dire quelques mots très brefs à propos des monstres doubles, soit complets, soit incomplets, qui paraissent constituer le degré le plus élevé des malformations précédemment indiquées.
Quant aux tumeurs en général, surajoutées à un spina bifida, il est un autre point de vue auquel nous aurions pu nous placer pour les étudier, c’est le siège même que ces tumeurs occupent
1. CALBET. — Tumeurs congénitales d’origine parasitaire de la région sacrococcygienne. Thèse de Paris, 1893, Stenheil, édit.
par rapport au spina bifida. J. Arnold: a bien précisé les diverses positions que la tumeur peut occuper : tantôt elle est en rapport immédiat avec le conus medullaris ou, dans d’autres cas, avec la portion de la moelle qui parcourt la cavité du sac; tantôt elle est en rapport avec les enveloppes méningées, et peut siéger soit en dedans des méninges, soit dans l'épaisseur de leurs feuillets, soit immédiatement en dehors d'elles. Donc la tumeur pourra se trouver entre le sac méningé et le revêtement cutané, ou bien elle pourra être dans l’épaisseur du sac méningé, ou encore elle fera saillie dans sa cavité. Elle pourra, d’ailleurs, dans quelques cas se trouver non pas à la partie postérieure, en arrière de la moelle, mais en avant d'elle, entre la moelle et les corps vertébraux. Elle pourra aussi adhérer à la moelle. Cette division serait tout aussi intéressante que celle fondée sur la nature anatomique des tissus constituant la tumeur. Si nous avons adopté cette dernière, c'est surtout pour bien affirmer le parallélisme qui existe entre ces tumeurs et les formations interposées dans les cas de diastématomyélie complexe.
I. Tumeurs solides. — a) COoNJONCTIVES ET ADIPEUSES. FIBROMES, LIPOMES ET FIBRO-LIPOMES. — Les fibromes purs, surajoutés à un spina bifida, ne sont pas extrèmement fréquents. Assez souvent, on trouve la disposition suivante : un faisceau fibreux plus ou moins épais part de la face profonde de la peau qui, au niveau de son insertion, présente alors un caractère cicatriciel, et va s’attacher à la paroi du myélocyste. S'agit-il d’un myélocyste aréal, et plus particulièrement d’un spina bifida occulta, la disposition de ce trousseau fibreux est un peu plus complexe. Le myélocyste ne faisant pas saillie hors du canal vertébral, le trousseau fibreux se dirige vers la fissure vertébrale, qu’il franchit. Mais, dans des cas assez nombreux, la fissure vertébrale se trouve obturée par une membrane, généralement fibreuse, tendue d’un bord à l’autre de la fissure ; cette membrane paraît formée par la membrana reuniens
ARNOLD. — Myelocyste. Transposition von Gewebskeimen und Sympodie (Ziegler’s Beitr. z. path. Anat., 1894, XVI).