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OBSERVATION 103 (SCHREIBER

Il y avait sur le sac une tumeur solide, consistante, dans laquelle se senlaient comme des cordons noueux et des nodules. Bruns, examinant la tumeur, trouva qu’elle était constituée par un névrome racémeux, et que dans les cordons sinueux et les nodules, on rencontrail des fibres nerveuses et des cylindres-axes. La tumeur était en rapport avec les méninges à travers une fissure occupant la paroi postérieure du sacrum.

IL. Tumeurs Kkystiques, dans lesquelles, avec ou sans lumeur solide comprenant les éléments des tumeurs précédentes, on trouvera des cavités kystiques uniques ou multiples. — 4) TUMEURS DANS LESQUELLES DES KYSTES SE SONT DÉVE- LOPPÉS AUX DÉPENS DES ÉLÉMENTS MÊMES CONSTITUANT LES TUMEURS PRÉCÉDEMMENT ÉTUDIÉES. — Dans les tumeurs dont nous venons d'étudier les rapports avec le spina bifida, la constitution anatomique et la genèse, des cavités kystiques peuvent se produire de deux facons différentes. En premier lieu, qu'il y ait ou non un néoplasme développé dans l'épaisseur de la lame épithélio-séreuse, cette lame peut donner naissance à divers kystes. En second lieu, le néoplasme inclus peut, de son côté, subir une transformation kystique. Je ne rappelle . que pour mémoire le myélocyste qui peut, lui aussi, se prolonger dans la lame ou dans le néoplasme.

Prenons d’abord les kystes de la première catégorie, ceux qui se forment dans la lame et aux dépens de ses éléments. Ils peuvent reconnaître plusieurs origines :

1° Nous avons déjà vu que du liquide pouvait s’accumuler entre les éléments méningés qui constituent les deux parties accolées de la lame. Pour parler d’une façon plus précise, le liquide pourra s’accumuler entre la pie-mèere et l’arachnoïde, c'est-à-dire dans l’espace sous-arachnoïdien. De plus, ainsi que nous l’avons vu plus haut, suivant la quantité de liquide qui s'épanchera dans l’espace sous-arachnoïdien et la pression exercée par ce liquide sur les nombreux tractus qui parcourent cet espace

et le cloisonnent plus ou moins incomplètement, la cavité contenant le liquide pourra paraître uniloculaire ou multiloculaire,

2° La lame est formée par l’accolement des deux zones épithélio-séreuses; les faces de ces deux zones, qui viennent èn contact l’une avec l’autre, peuvent présenter un revêtement épithélial complet ou plus généralement incomplet ; les cellules épithéliales pourront être cylindriques, ou payimenteuses, et analogues aux cellules épidermiques ; de plus, sur les bords de l’area, se dissémineront des îlots et des traînées de substances médullo-vasculaire plus ou moins altérée. En raison même de la présence de cet épithélium, l’accolement des surfaces pourra ne pas se faire complètement, et les cellules épithéliales tapissant les espaces non soudés, par leur prolifération, joueront un rôle dans la constitution des kystes. Mais nous venons de dire que les cellules tapissant ces zones pouvaient être de deux sortes, cylindriques ou pavimenteuses. Nous pourrons donc trouver, avec cette origine, des kystes de deux ordres : les uns séreux, avec un revêtement épithélial cylindrique; les autres, dermoïdes, tapissés dé cellules pavimenteuses, qui pourront être stratifiées et représenter plus ou moins exactement les

couches dont est constitué l’épiderme cutané normal. Rien ne :

nous empêchera de comprendre comment, dans certains cas, une seule et même cavité kystique contiendra simultanément, et les uns se continuant avec les autres; des revêtements épithéliaux des deux catégories. D'autre part, si sous un revêtement cylindrique nous rencontrons une couche plus ou moins distincte de tissu nerveux plus ou moins modifié, réduit parfois à ses éléments névrogliques, les considérations précédentes nous feront facilement comprendre cette circonstance qui a si vivement intrigué certains auteurs, et donné lieu à des discussions théoriques et génétiques si ardentes. :

Voici, à mon avis, un exemple spécial d'une tumeur kystique appartenant à la première catégorie. C’est une observation de Schôünborn, rapportée brièvement par Borst 1. | |

1. Bonsr. -- Centralbl. f. allgem. und pathol. Anat., 1898, t. IX, p. 459

TUMEURS KYSTIQUES 98

OBSERVATION 104 (Borsr).

Enfant de trois mois opéré par le professeur Schônborn de méningocèle sacrée. A l’autopsie, on reconnut que la colonne lombaire se terminait par une sorte de prolongement informe, qui se recourbait en arrière à la façon d’une queue. La partie latérale de la moitié gauche du sacrum était représentée par du tissu fibreux avec quelques ilots cartilagineux, tandis que la partie moyenne de cette moitié gauche et toute la moitié droite étaient absentes. Le coccyx manquait aussi totalement. Entre cette extrémité rudimentaire du rachis et le rectum, il y avait une série de kystes séreux, à parois lisses, revêtues d’endothélium et contenant du liquide clair. La moelle et la queue de cheval rudimentaire se terminaient à la pointe même du prolongement du rachis lombaire. On ne put pas reconnaitre une communication évidente entre les kystes et la cavité dure-mérienne. Mais un certain nombre de kystes avaient été vidés pendant l’opération ; leur siège correspondait exactement à la malformation sacrée, et il est plus que probable qu’en ce point une communication avait. existé entre les cavités kystiques et la cavité dure-mérienne, mais que cette communication avait dù être obturée par des phénomènes inflammatoires secondaires.

L'auteur ajoute : « Nous avons dans ce cas une méningocèle multiloculaire, qui s'était développée en ayant du sacrum malformé, et qui avait dù évidemment communiquer avec la cavité dure-mérienne. On a souvent désigné autrefois des cas de ce genre sous le nom d’hygromes cystiques ou de lymphangiomes kystiques. »

Il est certain que dans ce cas la moelle était plus longue qu’à l'état normal. Elle descendait presque jusqu'au sacrum. De plus, il y avait une malformation de la dernière vertèbre lomibaire et du sacrum, sur laquelle manquent malheureusement des détails précis. En avant du sacrum, presque entièrement absent, une tumeur multiloculaire s'était développée; elle était en rapport tout au moins de contiguïté avec le cul-de-sac méningé inférieur. Je crois que là encore la moelle prenait part à la malformation et constituait un myélocyste terminal. Puis une tumeur, due à l'accumulation de liquide dans les espaces sous-arachnoïdiens, constituait ce que Borst décrit sous le nom

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de méningocèle, et ce que d’autres eussent plutôt, en effet, appelé un hygroma ou un lymphangiome kystique. Cette observation, de plus, est un exemple de spina bifida antérieur.

Je crois bien que l'observation suivante, que Bergmann : appelle un lymphangiome cystoïde, appartient au même ordre.

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