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TUMEURS KYSTIQUES 397
pelvienne; le tube digestif est interrompu sur une étendue de 2 centimètres environ. Le sacrum et le coccyx sont coiffés par cette tumeur, qui se prolonge dans l’intérieur du canal sacré, adhérant aux enveloppes médullaires, mais indépendante toutefois de la moelle épinière, qui se termine normalement. La composition de la tumeur est très complexe. Elle est creusée de kystes nombreux, dont quelques-uns ont 5 à 6 centimètres de diamètre, les-uns sphériques, les autres irréguliers, tous contenant un liquide jaune citron, coagulable par l’acide nitrique. La membrane épithéliale qui forme le revêtement interne, diffère dans les diverses parties d’un même kyste, et présente soit une seule couche de cellules, soit plusieurs étages de cellules pavimenteuses, ou des cellules prismatiques, avec ou sans cils vibratiles. De ces kystes, on peut rapprocher des traînées de cellules épithéliales polyédriques, avec ou sans lumière centrale, anastomosées et ramifiées, parfois agglomérées et rappelant la configuration d’une glande acineuse. Ces trainées sont sans doute le premier stade d'évolution des cavités kystiques. Sur la ligne médiane, on trouve de - petits nodules cartilagineux, enveloppés par une couche lamineuse, qui constitue une sorte de périchondre; le tissu osseux n’est représenté que par des lamelles tapissées d’ostéoplastes développées dans le tissu lamineux; au tissu cartilagineux se trouvent annexées des fibres musculaires striées. Le prolongement de la tumeur dans le canal sacré, est composé de tissu lamineux, mais nulle part on n’y voit d'éléments de la substance nerveuse.
| KYSTES TAPISSÉS D'ÉPITHÉLIUM PAVIMENTEUX. — KYSTES DER- MOÏDES PROPREMENT DITS. — FISTULES DERMOÏDES. — DÉPRESSIONS CUTANÉES COCCYGIENNES. — Les tumeurs ou les malformations
que nous allons étudier sous ces différents noms ne se rencontrent pas toujours avec un spina bifida. Le plus souvent même elles en sont, en apparence tout au moins, absolument indépendantes. Et cependant, comme parfois elles coexistent avec une fissure vertébrale, et que, d'autre part, ainsi que nous le verrons, leur origine et même sous certains rapports leur anatomie pathologique nous permettront de les rapprocher du spina bifida, j'ai tenu à les étudier brièvement ici.
Parmi les kystes que nous venons de décrire, certains offraient des cavités dans lesquelles on pouvait trouver un revêtement d’épithélium pavimenteux, formant soit une seule couche, soit plusieurs couches stratifiées, à la façon de l’'épiderme cutané.
9298 SPINA BIFIDA Cet épithélium pavimenteux peut coexister avec l’épithélium cylindrique, soit dans des cavités kystiques voisines, soit dans une seule et même cavité.
Nous avons dit notre opinion sur l’origine de cet épithélium el la formation de cavités kystiques qu'il tapisse. Mais, en
dehors de ces cavités, dues à la non-soudure ou à la soudure
imparfaite des éléments de la lame épithélio-séreuse, on peut aussi trouver, avec parfois un spina bifida, avec aussi une des tumeurs précédemment décrites, de véritables kystes dermoïdes. La différence anatomique entre les deux productions kystiques est quelquefois assez difficile à reconnaître. D'une façon générale, on peut admettre que les cavités dues à la soudure imparfaite
r e 1° L . 4 7? . 1e 0 LA de la lame épithélio-séreuse et tapissées d’épithélium pavimen-
teux ont leurs parois simplement constituées par le tissu connectif de la lame, c’est-à-dire par le tissu pie-mérien, doublé ou non par le tissu arachnoïdien plus ou moins modifié. En un mot, il n'y a pas de derme sous la couche épidermoïde, ni aucun des éléments constitutifs du derme. Au contraire, dans le kyste dermoïde vrai, sous un revêtement interne d'épithélium pavimenteux stratifié, formant des couches analogues à celles de l’'épiderme cutané, on rencontrera un véritable chorion, un derme offrant sinon la totalité, au moins une partie des éléments caractéristiques du derme, par exemple des papilles, des glandes sébacées ou sudoripares, des follicules pileux. La présence de ces éléments dans la paroi influera sur la nature des matières contenues dans le kyste. Ce contenu sera souvent de la matière sébacée ; on y trouvera des cristaux de cholestérine, On y trouvera aussi, dans certains cas, soit fixés à la paroi, soit libres dans le magma emplissant la cavité, des poils ou des cheveux. |
Contrairement aux cavités kystiques précédemment étudiées,
les kystes dermoïdes vrais sont souvent uniques. Au lieu de se
trouver plus ou moins rejetés sur les parties latérales, ils siègent d'ordinaire sur la ligne médiane. Bien entendu, ils sont congénitaux, mais ils peuvent s’accroître d’une façon généralement assez lente, et atteindre, à une époque plus ou moins avancée
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