Srocper. — Arch. f. kl. Chir., 1899, t. L, p
tumeurs de la région sacro-coccygienne, en dehors des précédentes, sont dues à une inclusion fœtale.
Au contraire, la plupart des auteurs modernes tendent, comme je viens de le dire, à restreindre la catégorie des tumeurs par diplogénèse et à considérer les tumeurs de la région Ssacro-coccygienne comme généralement monogerminales.
Dans un mémoire assez récent, Tillmanns : accepte à peu près la division ci-dessus mentionnée, dans ses grandes lignes, en : 1° les formes diverses du spina bifida, cystica ou occulta, avec les divers néoplasmes en rapport avec la moelle ou ses méninges (angiomes, lymphangiomes, fibromes, myomes, fibromyomes, lipomes, fibrolipomes, gliomes, sarcomes, etc.); 2° les tumeurs ou les productions en forme de tumeur, dues à un trouble de développement ou à une hyperplasie des organes de l'extrémité caudale de l'embryon, ou des tissus de cette extrémité (goutlière médullaire, corde, intestin caudal, lames fibreuse, musculaire, ou pièces du squelette). Tillmanns range dans cette catégorie les dermoïdes, tumeurs ou fistules, les tumeurs vraies, simples, généralement de bonne nature, très exceptionnellement de nature maligne, dues à l’hyperplasie des tissus cités ci-dessus, entrant dans la constitution de l’extrémité caudale du tronc de l'embryon. Il y joint les appendices caudiformes; 3° les tumeurs et malformations dues à un double germe. Ici viennent se ranger les tératomes dus à la présence rudimentaire d’un deuxième germe, contenant des organes fœtaux réels, qui ne peuvent certainement pas provenir des tissus entrant dans la constitution de l'extrémité caudale embryonnaire dans les circonstances normales, les monstres doubles incomplets (parasites libres ou sous-cutanés), les extrémités surnuméraires, etc. Pour ces tumeurs dues à un double germe, Tillmanns admet avec Marchand 2 et Stolper, que le deuxième germe s’est fixé d’abord dans la cavité amniotique de l’autosite, s’est développé tout
1. TiLLMANNS, — Sur les tumeurs sacrées congénitales (Deutsche med, Woch., 1904, t. I, 21 avril, p. 629).
- 2. MarcHanD. — Art. Misshildungen, in Realencyclopädie, t. XV, p. 502.
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d'abord en union avec lui et n'est recouvert que secondairement par la peau de l’autosite.
Si le groupe des tumeurs non parasitaires s’est ainsi progressivement élargi, si on a pu y comprendre des tumeurs contenant des tissus complexes, des organes même plus ou moins complets, qu'on aurait donnés autrefois comme une preuve certaine de la présence d’un parasite, c'est qu’on a pu étudier dans la. È région sacro-coccygienne soit des Organes permanents, qui, jusqu'à notre époque, avaient passé complètement inaperçu des anatomistes, soit des organes ou des tissus transitoires se développant à une période donnée de la vie embryonnaire pour = disparaître ensuite en totalité ou en grande partie, soit enfin des processus de développement pouvant expliquer la genèse de ces tumeurs. 3
Parmi les organes permanents, c'est surtout la glande coccy- = gienne de Luschka qui a été incriminée. La vogue considérable. de cette théorie reçut cependant un échec du fait que M. B. Schmidtr, en 1888, trouva la glande de Luschka parfaitement normale à côté d’une tumeur tératoïde. Borst2 se» demande même si la glande de Luschka a jamais pu être le point de départ d’une tumeur, et ne considère cette origine À comme à la rigueur possible que pour certaines tumeurs angiosarcomateuses. Tillmanns aussi déclare que l'importance de la ce glande de Luschka comme point de départ pour toute une série de tumeurs sacrées congénitales a été beaucoup exagérée. ‘4
D'ailleurs, au point de vue du spina bifida, la glande dc 2 Luschka ne peut jouer aucun rôle étiologique, et la coexistence. d'une tumeur de celte glande et d’un spina bifida ne pourrait être considérée que comme une simple coïncidence. Tel était peut-être le cas dans une observation de Buzzis dont je ne. résume ici que la partie anatomique. rx CS
. M. B. Scauior. — Ueber d. Beziehungen dl. sogénannt. Siesqess zu)
à. Sicisstumoren (Arch. f. pathol. Anat., 1888, CXII, p. bise ne.
. Borsr. — Loc. cit., p. 482 (en note). | #
3. Buzzr. — Beitr. z. Kenntn, d. angeb. Geschwülste d. dacroro * gegend (Arch. f. pathol. Anat., 1887, CIX, p. 9). 2
PR en TUMEURS CONGÉNITALES SAGRO-COCCYGIENNES 419
Osservarion 115 (Buzz).
L’extrémité inférieure de la colonne paraît comme incluse dans la néoplasie qui, en avant, atteint le promontoire, et en arrière remonte jusqu'à la ligne d'insertion du grand fessier. La première, la deuxième et une partie de la troisième vertèbre sacrée sont intactes, et leur ossification est complète. Les autres vertèbres sacrées et le coccyx sont absents. Un lobe de la tumeur remonte dans le canal sacré, resté ainsi largement ouvert, sans entrer d’ailleurs en rapport ni avec la moelle
- ni avec ses. enveloppes. L'examen microscopique fit reconnaitre que
la tumeur était formée uniformément par une substance fondamentale, conjonctive, circonscrivant des alvéoles communiquant ensemble, et remplies de cellules. Ces alvéoles paraissent être de nature vasculaire et, à côté des cellules rondes, avec un noyau central, on voit des amas de globules sanguins et de leucocytes. Le tout ressemble à une tumeur caverneuse dont les cavités contiendraient des cellules avec
les globules sanguins. Il y avait de pÉssen une cavité kystique tapissée d’épithélium cylindrique.
L'auteur considère cette tumeur comme un angiosarcome ou plutôt comme un endothéliome consécutif à la prolifération de l'endothélium des vaisseaux sanguins. N'y aurait-il pas là simplement une dégénérescence angiomateuse analogue à celle qu'a décrite dans une de ses observations Muscatelloi La cavité kystique tapissée d’épithélium cylindrique serait une indication en faveur de cette hypothèse, dans.-laquelle la glande de Luschka ne serait pas prise en considération,
En second lieu, on a admis que certaines de ces tumeurs pouvaient se développer aux dépens de restes laissés par des organes embryonnaires normalement transitoires. En 1857, H. Müller: a décrit des restes de la corde dorsale, ou vestiges cordaux, pouvant se trouver dans des portions du squelette axial qui demeurent longtemps cartilagineuses, comme le coccyx, l'apophyse odontoïde ou le clivus sphénoïdien. Ces parties du squelette sont en effet encore cartilagineuses au moment de la naissance, et on ÿ peut découvrir les vestiges cordaux de H. Müller. Virchow leur attribuait les tumeurs gélatineuses de
1, M, Mücrer. — Henle und Pfeiffer's Zeilschr., Heidelberg, 1857, S. EU, t. HE,
la base du cräne. Braune admit qu'une théorie semblable pourrait être étendue à certaines tumeurs voisines du coccyx. Cette hypothèse serait d'autant plus plausible que les recherches plus récentes de Keibelr nous ont fait voir que, dans certains cas, non seulement la terminaison de la corde était coiffée par le | cartilage coccygien, mais même que la pointe extrême de cette terminaison pouvait dépasser le cartilage et, par conséquent, faire saillie au delà de la pointe du coccyx. Robert Meyer?2, dans un mémoire que nous avons eu déjà l’occasion de signaler, a démontré que cette extrémité inférieure de la corde pouvait être fissurée et divisée en deux parties. De telle sorte que, sur la pointe du coccyx, on pourrait voir les vestiges de la corde faire saillie en plus d’un point. Etmême, par suite probablement des courbures successives que subissent l’extrémité caudale du tronc et les différents organes qui entrent dans sa composition, ces saillies peuvent se faire non pas seulement sur les côtés, mais aussi en avant et en arrière. «Rappelons, dit-il, qu’assez fréquemment, la corde fait saillie hors du coccyx sous la forme d’un nodule constitué par ces grosses cellules vésiculeuses appelées cellules cordales, et que l’on retrouve dans les tumeurs appelées « Cordomes ». Pour la connaissance de ces sacs, il est tres important de savoir que ces vestiges cordaux peuvent éventuellement faire saillie en plusieurs points de l'extrémité coccygienne, aussi bien vers læ face antérieure que vers la face postérieure. » | |
La question des vestiges cordaux pourrait d'autre part être envisagée à un point de vue différent, qui, peut-être, nous donnerait la clef d’un certain nombre de faits assez difficiles à interpréter jusqu'ici. La plupart des auteurs considèrent la corde comme d’origine endodermique. Quand s’est faite la gastrulation, au niveau des bords du prostome, au point où l’ectoderme se continue avec l’endoderme, a lieu la différencia-
1. Keisez. — Arch. f. Anal.und Phys., 1891, Anat. Abtheil. et Anal. Anzeig., 1891. 5 2. Meyer. — Ueb. einige Abnorm. am Schwanzende mensch. Foelen, (Arch. f. pathol. Anat., 1905, t. CLXXX, p. 34h).
tion nerveuse, qui aboutit à la formation des deux moitiés primitives de la lame médullaire. Tout ce qui est en dehors de la lame médullaire est l'ectoderme, et tout ce qui est en dedans l'endoderme. Puis quand les deux moitiés de la lame médullaire se rejoignent sur la ligne médiane et se soudent plus profondément, la gouttière endodermique se ferme en arrière constituant l'intestin primitif. C'est une invagination des parois de ce tube endodermique qui constituerait l'ébauche de la corde dorsale, et les cellules cordales, ces cellules dont nous avons parlé tout à l'heure et qu'on désigne quelquefois sous le nom de «cordaentoblastes », serait d’origine endodermique. Tel n’est pas l'avis de von Spee:. D’après lui, la différenciation de la lame médullaire ne se produirait pas exactement à la limite de l’ectoderme et de l'endoderme, mais l’ectoderme se prolongerait jusque dans l’intérieur du prostome ; la différenciation des deux moitiés primitives de la lame médullaire se ferait en plein ectoderme, si bien que quand le tube intestinal se refermerait, il y aurait encore entre lui et les bords des ébauches médullaires une lame étroite ectodermique. Ce serait cette lame ectodermique qui, en s'invaginant, constituerait les ébauches primitives de la corde. Il serait dès lors facile de comprendre comment des éléments ectodermiques pourraient se retrouver en avant de la moelle ou, dans le cas de tumeur coccygienne, en avant du coccyx.
Les recherches de Fol2, en 1885, confirmées plus tard par celles de Physalix3, montrent que l'embryon humain, jusqu’à la cinquième ou sixième semaine de la vie fœtale, alors qu'il mesure de 8 à 9 millimètres, possède trente-huit vertèbres. A la sixième semaine (12 millimètres), les trois dernières vertèbres se confondent; ensuite, à la fin de la septième semaine (19 millimètres), il n'y a plus que trente-quatre vertèbres. Les vertèbres coccygiennes surnuméraires sont contenues dans la partie proximale ou segment vertébral de l'appendice caudal. Cet appendice,
1. Von SPEE. — Arch. f. Anat. und Physiol., Anat. Abtheil., 1889 et 1896.
2. H. Foc. — Sur la queue de l’embr. hum, (C. R. Acad. d. se., Paris, 1885, 8 juin).