‹ Spina bifidaChapitre 99 sur 144 · APPENDICES CAUDAUX · texte numérisé non relu

APPENDICES CAUDAUX

sont dues à un trouble de développement postérieur à la disparition de l’éminence coccygienne.

Parmi ces trois catégories, il en est une qui serait jusqu'ici restée complètement théorique, celle des queues ataviques. Peut-être, cependant, au dire de Borst (p. 493), un cas publié par Hennig et Rauber:, depuis les travaux de Bartels, pourrait-il être rangé dans cette catégorie de queues par régression atavique.

Virchow 2 a proposé une division qui est plutôt fondée sur la structure histologique des queues; il distingue : 1° la queue vraie, complète, contenant des pièces osseuses et des tissus fibreux et musculaires ; 2° des queues molles ou incomplètes, formées le plus souvent par un cordon axial, fibreux, et autour, des fibres musculaires généralement striées. « Une queue molle, dit-il, n'est pas une fausse queue, c’est plutôt un rudiment de queue yraie, c'est une queue qui n’est pas arrivée au summum de l’organisation, mais c’est une queue, et c’est tout au plus si on peut la désigner sous le nom de queue incomplète. » 3° la queue fausse ou appendice caudiforme, qui n’est constituée que par un repli cutané contenant seulement du tissu cellulaire ou même lipomateux, mais qui n’a d’une queue que l’apparence.

Or, la deuxième catégorie de Virchow est de beaucoup la plus fréquente ; elle correspond aux « caudæ suillæ », aux queues molles libres et longues, qui constituent la grande majorité des observations recueillies par v. Bartels. En 1891, Virchows, dans une discussion qui suivit la présentation par Joachimstall d'un fait de spin bifida occulta avec hypertrichose lombaire, à la Société de médecine de Berlin, signala deux cas de queues humaines, dont la première était constituée par un cordon fibreux axial entouré de tissu graisseux, et la deuxième, consti-

1. Henxic et RauBER. — Ein Fall v. geschwanzt. Mensch, (Arch. f. path. Anat., 1886, CV, p. 83).

2. VircHow. — Schwanzb. b. Menschen (Berl. kl. Woch., 1884, n° 47, P. 745).

3, Virncnow. — Disc. sur une présentation de Joachimstall à la Société de médecine interne de Berlin, 1891. Séance du 4 février. (Berl. kl. Woch., 1891,

XXVII, p. 207). Le mémoire de Joachimstall est donné in extenso, ibid., p. 536,

hho SPINA BIFIDA

tuée par du tissu caverneux, avait un pédicule qui la reliait au coccyx et qui contenait des fibres musculaires striées, admit qu’il devait y avoir pour ces deux cas une combinaison passée inaperçue avec un spina bifida occulta. :

C'est cette assertion de Virchow qui nous a décidé à parler ici des queues humaines, bien que le sujet, du moins au point de vue qui nous occupe, de leurs rapports possibles avec le spina bifida n'ait pas été suffisamment éclairci. Fes En revanche, depuis les travaux de Virchow, de Recklinghausen, etc., ilest une autre forme d’appendice caudal, dont les rapports avec le spina bifida occulta sont certains; ce sont les appendices qu’on pourrait appeler pileux, ceux qui sont dus à une hypertrichose de la région sacrée. Quand, dans le pro-

chain chapitre, nous étudierons le spina bifida occulta, nous

verrons le rôle que joue l’hypertrichose comme complication, ou, si on le préfère, comme symptôme de ces malformations, surtout sacrées. Dans certains cas, il se peut que ces hypertritrichoses soient très limitées quant à leur siège, mais qu'en revanche les poils constituant l’hypertrichose soient assez longs pour donner l'impression d’une queue. Bien entendu, ces queues pileuses n’ont rien à voir ni avec les queues vraies ni avec les queues molles. Mais leurs rapports si fréquents avec le spina bifida occulta nous faisaient un devoir de rappeler ici leur existence. ù :

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