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du D"^ Luys. Le savant médecin de la Charilé, qui aimait les idées aventureuses, se prit d'engouement pour les « photographies d'ftmes », et, s'associant à un spécialiste, M. David, il tenta quelques expériences. Les doigts étaient immergés directement dans un bain d'hydroquinone et appliqués, par leur face palmaire, sur une plaque de gélatino-bromure d'argent, dans Tobscurité, pendant environ 15 à 20 minutes. Nos auteurs constatèrent alors sur les plaques de magnifiques irradiations digitales qui ne leur laissèrent aucun doute sur l'existence des effluves humains.
L'expérience de MM. Luys et David eut du retentissement, mais peu d'avenir. Le monde photographique s'émut enfin, les amateurs sérieux se mirent en quête de vérification ; et, peu de temps après, une note parut dans un journal spécial qui ruinait par la base les billevesées des expérimentateurs et les dernières espérances des spirites.
« Voulez-vous obtenir, disait-on, sans doigts
ni main, ni rien d'humain, les effluves digitaux de fluide humain de feu le D"" Luys et de son ex-collaborateur M. David, le sous-directeur des teintures à la manufacture des Gobelins?
« Prenez une plaque sensible, et un bïbï de caoutchouc..., vous savez bien? un de ces petits boudins criards que les camelots vendent dans les foires comme sifflets. Gonflez le b'ibï de quoi vous voudrez, sauf d'air : sable, eau, grenaille, jusqu'à consistance et forme de doigt humain. Mettez la plaque sous quelques millimètres de révélateur capable de la noircir, et installez le doigt de caoutchouc arc-bouté sur le bord de la cuvette, un bout posant sur la gélatine, l'autre courbé au dehors par un contrepoids attaché au nœud de serrage : imitation complète de l'attitude du doigt vivant.
« Attendez et regardez.
« Et vous verrez la plaque, après quatre ou cinq minutes, se couvrir d'abord de chapelets de taches, puis de véritables rayons qui paraîtront émaner tous de très belles auréoles lumi-
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neuses, coupées en deux par un étroit nimbe obscur, autour de Tempreiute du doigt artificiel.
« Après dix à vingt minutes, fixez. Et vous aurez les « effluves »... d'un bibide caoutchouc, aussi beaux et à peine moins intenses que ceux que vous donnerait, sur la même plaque, l'index fatal du plus odiqve des magnétiseurs.
« Si vous n'avez un bibi sous la main, prenez n'importe quoi : petits flacons, jouets d'enfants, billes, balles ou boules, etc., et vous aurez les effluves (1). »
Cette note, qui réduisait si bien à néant les fameux effluves psychiques ^ était signée d'un nom autorisé : elle émanait d'un savant physicien, M. le D' A. Guébhard, professeur agrégé à la Faculté de médecine.
11 faut s'incliner devant les faits, d'autant plus qu'ils se multiplient au point de forcer la conviction la plus rebelle. M. le D' Guébhard a pris
(i) La Photographie pour tous, 1897-98, p. 65.
G 2 CHOSES DE l'autre monde
à cœur la question, Ta examinée sous toutes ses faces dans une série de travaux instructifs et a démontré qu'une explication naturelle s'applique exactement à toutes les expériences anciennes, et particulièrement à celles du D''Baraduc. Nous regrettons de ne pouvoir citer ici les preuves accumulées par le distingué professeur.
Les fameux psychïcônes ne sont manifestement que le fruit d'une imagination trop féconde, et les fantastiques dessins des plaques ne tiennent qu'à un simple procédé opératoire ou, comme on l'a dit, à un vulgaire coup de pouce. « Nos praticiens, déclare très justement le D' Guébhard, omettent uniquement d'agiter leur révélateur. Tout révélateur, ou à peu près, abandonné sur une plaque capable de noircir, donne, sans la moindre impression « odique », et si seulement le bain ne dépasse pas quelques millimètres de hauteur, un tachetagc, non pas lumineux, malgré les apparences, mais, en réalité, tout chimique, orienté suivant des lignes^
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non pas d'effluves éthérés, mais de flux liquide y et simulant, par son action sur la gélatine, au cours de ses phases successives, tous les aspects divers que nous avons vus mirifiquement décorés de si beaux noms.
« Rien de plus facile que de suivre tout le processus à Tœil, sans plaque et même sans révélateur, avec un liquide trouble quelconque, pourvu que les particules en suspension ne présentent pas, avec le liquide, une différence de densité telle que Faction de la pesanteur paralyse le libre jeu des actions moléculaires...
« Je défie, conclut notre auteur, le plus énergique des ex'tériorisateurs d'âmes et des séa^éteurs d'effluves de faire résister une aura à la petite balançoire photographique. Agitez donc, Messieurs, agitez vos cuvettes, avant de nous servir de pareilles découvertes, et qu'on n'agite plus l'opinion de ce nouvel avatar qui risquerait de compromettre à toujours la cause, après tout défendable, de la recherche, en l'être vivant, d'une modalité particulière de l'énergie
échappant à la gamme trop restreinte de nos sens, mais destiné à n'échapper peut-être pas toujours aux instruments des physiciens. »
Ainsi l'illusion spirite se trouve dissipée. Les photographies (Tesprits^ qu'on qualifiait de transcendantales et qui ont eu un si retentissant succès, ont définitivement perdu la splendeur et Fexistence : elles n'ont plus cours. Leur truc a été éventé de main de maître par le professeur Guébhard, et il faut le remercier et le féliciter d'un tel service au nom de la science.