CHAPITRE XII
Le cas de M. Flanmiariou*
M. Camille Flammarion est un savant vulgarisateur, un astronome amateur, indépendant et hardi, qui a une grande popularité sans faire autorité dans la science. Ses nombreux livres sont sujets à caution non seulement au point de vue philosophique et religieux, mais sous le rapport des faits mêmes : l'imagination s'y livre à de regrettables écarts. Tous ces défauts sont connus et tiennent à l'éducation première de notre auteur.
Disciple et collaborateur d'Allan Kardec, M. Camille Flammarion a été longtemps un spirite ardent et s'est cru en communication avec les esprits. Mais un jour la lumière s'est faite dans son esprit, et la désillusion est venue : l'histoire en est curieuse.
« Son maître a publié jadis un ouvrage qu'il a appelé modestement la Genèse, et qui est, en effet, comme la Bible du Spiritisme. Cet ouvrage lui avait été inspiré, disait-il, par Vesprit de Galilée, lequel se manifestait par l'intermédiaire d'un médium qui n'était autre que M. Flammarion. Une partie considérable de la Genèse était consacrée à la description du ciel, et l'on y lisait, entre autres renseignements, que Jupiter a quatre satellites, et que Saturne en a huit. Or, depuis qu'a paru la Genèse, on a découvert que chacune de ces planètes avait un satellite de plus. Galilée se serait donc trompé. »
La déconvenue était cruelle, et M. Flammarion a compris tardivement que les communications astronomiques venaient non pas d'un Galilée d'outre-tombe, mais de son propre esprit, plus ou moins extériorisé, c'est-à-dire égaré. A l'état vigil, le savant auteur est, en effet, incapable de méconnaître les notions avérées de la science ; et il s'est efforcé de découvrir la raison de son erreur.
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