LE CAS DE M. FLAMMARION
« L'aulo-suggeslion, d'après lui, est extrêmement fréquente dans ces expériences, aussi bien que chez les médiums écrivains. J'ai sous les yeux des fables charmantes publiées par M. Jaubert, président du tribunal civil de Carcassonne, de délicates poésies obtenues à la planchette par M. P.-F. Mathieu, des ouvrages d'histoire et de philosophie, conduisant les uns et les autres à conclure que ces médiums ont écrit sous leur propre influence, ou, tout au moins, ne prouvant pas scientifiquement l'existence d'une cause extérieure.
« Selon toute probabilité, les âmes des morts, ou bien des esprits non humains, des larves^ des élémentals^ rôdant autour de nous, ne sont pas la cause des effets observés. Cette cause est intensément liée à la présence des expérimentateurs. Qu'il s'agisse des dictées par soulèvements des tables ou coups frappés, des dessins de planètes, des morceaux de musique, ou des communications scientifiques, historiques ou littéraires obtenues, c'est nous qui devons les
produire, chacun selon ses aptitudes (1). Mais il faut y ajouter le dédoublement de notre être et son extériorisation (2).
« L'âme humaine serait une substance spirituelle, douée d'une force psychique pouvant agir en dehors des limites de notre propre corps. Cette force pourrait se transformer en électricité, en chaleur, en mouvement, comme toutes les autres forces, ou mettre en activité ces énergies latentes, mais elle resterait intimement liée à notre état mental. Nous posons à la table, impressionnée sous notre action nerveuse, des questions sur des sujets qui nous intéressent, et nous dirigeons nous-mêmes inconsciemment ses réponses. La table nous parle dans notre langue, avec nos idées, dans les limites de notre
(i) Il y a long'emps qu'on a constaté ce fait : la nature des communications varie essentiellement suivant la culture et le rang social des médiums. Voir notre chapitre iv, D-'S.
(2) Le dédoublement ou dissociation encéphalique dont nous avons parlé suffît amplement à rendre raison des faits médiumniques. D^ S.