LA DOCTRINE SPIRITE 16Ô
la mort, la constitution de Thomme et de Funivers, l'origine et la fin des êtres.
Qui se laisse prendre à un pareil boniment, à d'aussi extravagantes prétentions? Assurément ce ne sont ni les savants, ni les philosophes, ni même les chrétiens sérieux qui, conscients de leur faiblesse et cuirassés d'humilité, savent la petitesse de l'homme et la grandeur de Dieu.
Mais la foule est grande des ignorants et des simples, curieux de pénétrer les mystères de la nature, et c'est sur elle que le spiritisme exerce son action, action d'autant plus redoutable qu'elle affecte des allures religieuses et affiche le plus grand zèle pour la défense de Dieu, de l'âme et de l'immortalité.
Le spiritisme ment impudemment à son titre et à ses promesses : il sert la cause matérialiste à la faveur d'expressions vagues et de mots à double sens. Défions-nous de sa doctrine, car elle est toujours le contre-pied de la vérité.
Dieu, déclarent les spiriles^ est éternel, im-
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muable, immatériel, unique, tout puissant; AUaa Kardec ajoute même qu'il est le créateur de l'univers. Allons au fond des choses, au cœur de la doctrine, et c'est tout le contraire. — Dieu n'est plus personnel, ne se distingue plus substantiellement de la créature, il se fond en quelque sorte avec elle. Dieu est dans l'homme, comme l'homme fait partie essentielle de Dieu. Le Grand Esprit, ainsi qu'on l'appelle, devient le résumé des êtres, l'être unique, la synthèse des mondes visible et invisible.
Un grossier panthéisme, voilà le fond de la doctrine spirite qui s'accuse à mille traits et ne permet pas la moindre hésitation. La foi matérialiste s'y complaît. L'unité substantielle de tout l'univers embrasse le monde vivant, l'homme et Dieu ; et les notions de matière et d'esprit, de matérialité et d'immatérialité , se rencontrent et se perdent dans le grand tout. « Il n'y a qii'une seule substance, dit un maître, c'est la fo?re vitale, par la volonté d'Un seul gui