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TROISIÈME PARTIE

LA SPIROCHÉTOSE CHEZ L’HOMME

Conformément au plan adopté, la troisième partie du présent travail est consacrée à l’étude de la maladie chez l’Homme. Comme nous l’avons indiqué dès notre première communication (Académie de Médecine, 10 octobre 1916), il s’agit là d’une affection bien connue des classiques et, en 1894, A. Kelsch trouvait, dans les travaux de ses devanciers et de ses contemporains, des données suffisantes pour en tracer l’histoire épidémiologique et clinique; il établissait notamment une notion importante : il faut renoncer, écrivait ce pathologiste, à ne voir dans l’ictère essentiel « qu’une simple phlegmasie des voies biliaires, car il possède tous les attributs cliniques et étiologiques des maladies infectieuses. A ce titre, nous , croyons pouvoir considérer l’ictère simple essentiel et l’ictère grave comme les types cliniques extrêmes d’une seule et même maladie, comme les deux manifestations d’une même cause agissant avec des degrés d’énergie divers.

« Les deux affections présentent, en effet, d’incontestables affinités épidémiologiques et cliniques. Elles sont souvent associées dans leur règne : l’ictère simple est signalé dans les épidémies d’ictère grave, et réciproquement des cas épars de ce dernier se montrent parfois au cours des épidémies d’ictère catarrhal. Celui-ci, par quelques-uns de ses traits effacés, tels que les douleurs musculaires, la prostration, l’épistaxis, rappelle souvent la physionomie de celui-là ; l’ictère grave, à son tour, a ses formes bénignes qui se confondent avec l’ictère simple, et celui-ci ne laisse pas que de prendre quelquefois des allures sévères ; enfin, dans une même épidémie, des nuances intermédiaires rattachent

LA SPIROCHÉTOSE

souvent Tune des deux formes à l’autre. Ces relations étiologiques et cliniques imposent la pensée qu’il s’agit au fond d’un seul et même processus, que l’ictère simple essentiel n’est que la forme abortive de l’ictère grave..... ».

Grâce à la découverte du parasite par R. Inada et Y. ldo, nous pouvons désormais établir expérimentalement le bienfondé de nombre de déductions et de suppositions des anciens maîtres de la clinique française, en particulier démontrer l’unité étiologique de cette longue série de syndromes essentiellement variables dans leur nature et dans leur intensité, allant, par transitions insensibles, de l’ictère catarrhal bénin à l’ictère grave, pour déborder finalement dans des formes insolites dont le symptôme le plus caractéristique, la jaunisse, est complètement exclu.

Le microorganisme causal connu, le problème s’élucide; en particulier, de la localisation du parasite au sein de l’organisme, de son mode d’action sur les humeurs et les tissus découlent la physiologie pathologique, la sémiologie, la thérapeutique et la prophylaxie de la spirochétose ictérohémorragique.

Il est donc logique d’aborder l’histoire de la maladie humaine par l’étude de la répartition du Sp. icterohemor ragiæ au sein des tissus :

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