II. — Aspects divers suivant les techniques
§ 1. Frottis colorés. — A. Les colorations les plus diverses ont été proposées par les différents auteurs qui ont étudié le Sp. icterohemorragiæ ; d’une façon générale, toutes les techniques applicables aux Protozoaires réussissent, en particulier la méthode du bleu à l’argent de Laveran-Borrel, le biéosinatede Tribondeau (pl.V, 1), le panchrome deLaveran, le colorant de Leishman, le mélange de Giemsa, etc... D’autre part, comme nous l’avons montré avec A. Yaudremer, 1 emploi de diverses techniques spéciales (encre de Lceffler notamment) est indiqué pour la mise en évidence des cils.
Il y a plus, les colorants les plus banaux en microbiologie sont susceptibles de fournir des résultats suffisants ; en particulier, E. Rénaux et L. Wilmaers ont obtenu des prépara-
LA SPIROCHÉTOSE
tions démonstratives en colorant simplement celles-ci avec du bleu de toluidine, du bleu de méthylène ou encore de la fuchsine. Les frottis sont mis à l’étuve à 37° ou abandonnés à la température du laboratoire jusqu’à dessiccation; ils sont ensuite plongés dans l’alcool absolu pendant trente à soixante secondes, puis retirés, sans égoutter, et flambés; ils sont ensuite recouverts d’une solution aqueuse de tanin à 5 °/0 et chauffés, avec la flamme de la veilleuse, jusqu’à apparition de vapeurs; l’émission de ces dernières est maintenue pendant trente secondes ; puis on lave à l’eau de conduite, abondamment, pendant le même temps. Sans la sécher, en évacuant simplement l’excès d’eau, on recouvre la lame de la solution colorante : bleu de toluidine phéniqué, bleu de méthylène, fuchsine phéniquée; on chauffe sur veilleuse jusqu'à l’apparition de vapeurs; on maintient à cette température pendant trente secondes, puis on lave à l’eau distillée et on sèche.
Dans les frottis effectués avec des tissus riches en graisse, en particulier avec du foie, on est parfois dans l’impossibilité de colorer les Spirochètes, bien qu’ils soient abondants.
Cet inconvénient peut être facilement évité en observant les précautions indiquées par L. Tribondeau et J. Dubreuil: il faut s’appliquer à faire les frottis le plus mince possible et sous forme de traînées étroites et séparées. Pour cela, sectionner le foie du Cobaye et, sur la tranche, prélever un fragment de parenchyme gros comme une lentille ; le déposer sur une lame porte-objet et le faire glisser rapidement à la surface du verre en le poussant avec le bistouri de façon à obtenir 2 ou 3 traînées très minces à la coloration ou à la nitratation; laisser sécher; enfin, laver plusieurs fois à l’éther sulfurique de façon à extraire autant que possible les graisses hépatiques.
En somme, toutes les colorations microbiologiques peuvent fournir des images suffisantes ; le point le plus important consiste dans l’étalement et surtout dans la fixation. A ce point de vue, les vapeurs d’acide osmique sont ici encore particulièrement recommandables. .
LE PARASITE
B. En faisant converger les images quelque peu disparates fournies par les frottis colorés (pl. II; III; IY et Y), il est possible, ainsi que les auteurs nippons l’ont montré les premiers, de se rendre compte de la morphologie du Sp. icterohemorragiæ. Sur de telles préparations, ces microorganismes se présentent comme des filaments réguliers, effilés aux extrémités, très ténus, ondulés, isolés ou enchevêtrés les uns dans les autres; leur longueur oscille habituellement autour de 6-9 p ; l’épaisseur est d’environ 0 a 25(1).
Les extrémités des Spirochètes sont en général incurvées; quelques spécimens ne présentent qu’une courbure terminale; plus fréquemment, Je filament est infléchi de telle sorte qu’il dessine soit un G, soit une S. D’autre part, M. Garnier et J. Reilly signalent des formes en coup de fouet que E. Rénaux considère comme des artifices de préparation. Enfin, le corps du parasite présente des spires décrites différemment par les divers auteurs, vraisemblablement en raison des altérations qui résultent de la confection des frottis. R. Inada et ses collaborateurs observent 2 à 3 grandes ondulations ou 4 à 5 petites ; Legroux, au moyen du panchrome Laveran, en met en évidence un nombre plus considérable ; c’est l’aspect que nous retrouvons notamment sur les frottis bien réussis, colorés par l’albuminate d’argent (pl. II; III, 1). Rappelons cependant que E. Rénaux croit « pouvoir affirmer que les formes . à sinuosités nombreuses sont des formes altérées par la technique . » ;
nous avons indiqué déjà (p. 16-17) les objections dont cette conception est passible.
C. Enfin, mentionnons l’existence de cils terminaux que nous avons fait connaître dans une note publiée en 1916 avec A. Yaudremer. Pour la mise en évidence de ce fait de structure, nous avons employé avec avantage surtout les
(1) Sous les réserves de rapproximation qu’implique nécessairement la mensuration de microorganismes minuscules, déformés par la fixation et irrégulièrement ondulés.