‹ Spirochétose ictérohémorragiqueChapitre 54 sur 71 · VIII. — Marche. Durée. Terminaison · texte numérisé non relu

VIII. — Marche. Durée. Terminaison

§ 1. Incubation. — L’incubation de la spirochétose ictérohémorragique est assez courte ; mais, à notre connaissance, line seu^e observation permet de la préciser numérique- ÎAlt * Pour la première fois de sa vie et dans un milieu où aucun autre cas n a été observé au cours des années anté-

LA SPIROCHÉTOSE CHEZ L’HOMME

rieures et postérieures, le Dr G. L... fait des passages de virus les 2 et 4 septembre 1916 ; il part à la campagne bien portant et vaque normalement à ses occupations, pendant plusieurs jours, sans présenter de malaise; brusquement, le 10, vers 16 heures, il se sent mal à l’aise : c’est le début d’une spirochétose (1) contractée 6 ou 8 jours auparavant.

Pour R. Inada, l’infection par voie cutanée délerminerait l’apparition de la spirochétose en général au bout de 5-7 jours, rarement au bout de 13 jours.

Dans un cas soigneusement étudié par L. Wilmaers et E. Rénaux, la durée de l’incubation a été plus longue : il s’agit d’un blessé belge qui n’a vraisemblablement (?) pu s’infecter qu’antérieurement à son entrée à l’ambulance de Bourbourg; or, comme la spirochétose s’est déclarée onze jours après son hospitalisation, les médecins belges en concluent que l’incubation est au moins égale à ce laps de temps.

Cette estimation est corroborée par S. Costa et J. Troisier.

Pour A. Yalassopoulo, la durée se réduit à 2 ou 3 jours ; mais ce ne sont là que des déductions et non des faits d’observation.

§ 2. Période d'étàt. — Dans les cas de moyenne intensité ou graves, la période d’état se subdivise en quatre phases, dont la première est marquée par une fièvre assez élevée ; à celle-ci succède une jaunisse plus ou moins intense, qui souvent est le signe précurseur d’un abaissement de la température; ensuite, le malade passe par une crise urinaire avec tendance à l’apyrexie, polyurie et hyperazoturie, coïncidant avec une sensation nette de mieux-être ; très fréquemment, cette dernière est brusquement interrompue par une reprise fébrile dont la durée est presque aussi longue que celle des trois premières phases.

§ 3. Durée et terminaison. — La durée de la maladie est variable: elle est conditionnée par la sévérité de l'infection.

(1) Voir l'observation complète, p. 224.

LA SPIROCHÉTOSE

Dans les formes à syndrome d’ictère catarrhal, l’affection ne se prolonge guère plus d’une dizaine de jours; dans les cas de moyenne intensité et graves, l’évolution se termine environ en trois septénaires.

La mort peut survenir à toutes les phases de la maladie à la suite d’un trouble grave (intoxication, urémie, hémorragies, syncope, complications pulmonaires) ; cependant, elle est exceptionnelle avant le début du deuxième septénaire. Comme nous le verrons plus bas (p. 241) à propos du pronostic, le plus grand nombre des malades guérissent.

La convalescence est toujours longue et semble démesurée par rapport à la gravité de l’infection, surtout dans les formes légères; ce fait paraît être en rapport surtout avec l’anémie, peut-être aussi avec les séquelles del’hépatonéphrite. Fréquemment, dans les cas moyens et graves, le retour h 1 état antérieur exige 3 ou 4 mois, parfois davantage. Le malade est asthénique, se plaint de manquer de force; on doit se demander si ces troubles ne sont pas en rapport avec de l’insuffisance surrénale que les constatations histopathologiques faites chez l’Homme et le Cobaye rendent vraisemblable.

Pendant la convalescence, la bradycardie est de règle et persiste parfois assez longtemps (A. Yalassopoulo et Ph. Pagniez, A. Cayrel, P.-P. Lévy et J. de Léobardy).

Page 1