C. Diarrhée
§ 4. — Spirochétose anictérique associée à la leucémie.
LA SPIROCHÉTOSE
Avant d’exposer analytiquement les diverses formes actuellement connues de la spirochétose ictérohémorragique, nous croyons bon de mettre sous les yeux du lecteur l’observation ci-après qui donne une idée générale très nette de la maladie et qui, en raison des circonstances où elle a été contractée, a la valeur d’une expérience :
En notre absence, le Dr G. L..., quarante-quatre ans, veut bien faire deux passages de virus chez le Cobaye, les 2 et 4 septembre 1916; notre collègue est un expérimentateur très soigneux, qui est chargé de la morve depuis plus de dix ans ; les manipulations en question s’effectuent sans incidents. Or, le 10 septembre, vers 16 heures, il se sent brusquement mal à l’aise : douleurs au niveau des reins et surtoüt au niveau des genoux, légère céphalée. La nuit du 10-11 est mauvaise ainsi que la journée suivante ; le sujet est très fatigué et tout ce qu’il peut faire c’est d’aller aux w.-c. situés à une dizaine de mèlres de sa chambre. Ses matières sont brunes, elles resteront colorées d’ailleurs jusqu’au 15 où elles commenceront à pâlir. La nuit du 11-12 est meilleure que la précédente. Le mardi 12, l’urine est couleur acajou. Les journées des 13, 14 et 15 ne sont pas mauvaises bien que le malade se plaigne de violentes arthralgies (en particulier aux genoux). Le 14, on note de l’albuminurie et de la cylindrurie. Le 15, le sujet accuse de la myalgie et l’ictère apparaît. Le 16, l’état s’aggrave; la nuit du 16-17 est très agitée ; le malade converse seul à haute voix et est obsédé de cauchemars professionnels. Le 17, il est très déprimé, torpide ; il continue à accuser des arthralgies et des myopathies; sa langue est chargée, saburrale et le nez renferme quelques petits caillots sanguins; tout le corps présente une coloration jaune orangé, éclatante (pl. XIII); le foie débordé légèrement, mais il est insensible à la palpation; ia ra^e n est Pas perceptible. Les autres organes (cœur, pouvons i paraissent normaux. En somme, le malade réalise un
LA SPIROCHÉTOSE CHEZ L'HOMME
état typhique accusé, compliqué d’ictère intense. Le diagnostic semble évident; 2 Cobayes inoculés avec de l’urine meurent de spirochétose les 22 et 27 septembre ; le Cobaye qui a reçu 5cm3 de sang succombe dans les mômes conditions en 12 jours. Le 18, l’état est stationnaire. Le 19, le malade fait une rechute; du 19-22, l’ictère persiste mais moins orangé; matières fécales très décolorées ; peu ou pas de sommeil ; faiblesse très grande. Lavages rectaux, lait, tisane, adrénaline ; les grands bains apportent un soulagement manifeste.
L’examen des frottis préparés avec le culot de centrifugation des urines décèle, le 20, des Spirochètes.
L’analyse des urines du 22 fournit les résultats ci-après :
Volume en 24 heures
Couleur .
Aspect .
Dépôt .
Odeur .
Consistance .
Réaction .
Densité moyenne . .