‹ Splendeurs et infortunes de Narcisse MistigrisChapitre 2 sur 40 · S SPLENDEURS ET INFORTUNES · texte numérisé non relu

S SPLENDEURS ET INFORTUNES

une atmosphère brûlante pourva qu'elle soit gratuite. Cette espèce n*est point rare, n*en médisons pas. Bien des gens aiment mieux gagner un plaisir i la sueur de leur front qu'au détriment de leur poche. Les Parisiens surtout sont intraitables làdessus. Payer une entrée est une déchéance pour eux; ils aiment mieux frapper à toutes les portes que de la subir; ils passeront un jour s'il le faut à cette recherche, perdront plus de temps que le billet ne vaut, mais ils n'en auront pas le démenti. Ils ne sont pas Parisiens pour rien.

Mistigris était au nombre de ces mortels privilégiés. Il obtenait de loin en loin, & force de bassesses , des billets de faveur pour un théâtre de la banlieue, où le chef d'orchestre l'honorait de sa protection. C'était, il est vrai, entre les scènes secondaires , celle qui faisait le plus de frais pour le public , et s'éclairait de plus de gaz ; on y tenait le répertoire au courant de la haute nouveauté , et on n'y regardait pas à mille francs par an pour avoir la fleur des jeunes premières. Aucun genre qui en fût exclus , depuis le vaudeville jusqu'au ballet. Bref; on y traitait les choses en conscience, et

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comme il convient avec nne clientèle qui en veut toujours avoir au delà de son argent.

Un soir donc , Mistigris se trouvait assis à l'une 4es galeries de ce théâtre et en compagnie de choix ; il va sans dire que c'était un dimanche ; Té* iude ne le laissait libre que ce jour-là. On donnait un des mélodrames les plus sombres qu'aient jamais enfantés les boulevards: des situations à pleines mains , des horreurs à verser la mesure , des scélérats consommés et des victimes à attendrir un bloc de granit. Aussi n'y avait-il qu'un sanglot du haut en bas de la salle ; les mouchoirs allaient leur train, et l'émotion ne connaissait point de bornes.

Ce fut dans l'un des moments les pius pathétiques de cette œuvre d'art que Narcisse eut une rencontre à laquelle son existence devait être liée. Assise sur un banc voisin, une jeune fiUc prenait aux incidents de la pièce un intérêt si vif qu'il était impossible de n'en pas être frappé. Personne ne pleurait comme elle , ne s'attendrissait comme elle sur les malheurs de Théroïne ; personne ne poursuivait le traître de mots plus accablants. Elle ap-

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paptenak Umâ lentiëne à cette ténébreuse finition ; die y avait engagé son âme. Rien deniieai : «enleineiit«He y mK^e Feieèa^t la gaSerie ^*6SlBiFoacha. Dte là on eadandre; «^ingt vmx rédamèrent ie «tience; la jeme §lie«*obstfnia ; on trépigna va^ itourd*ene;dne maintînt sen droit, «t quand on parla de (a mettre à la porte , elle 1>randit le poing «n guise de défi.

Il y ff^aît dans Narcisse 4eui -hommes , le procureur et le chevsflier ; <^ette Ibis ee itit le 'che?afier qai eut le xle^sns. Quand il vit cette jenne fttle anix prises airec mie salle entfëre^ Il pas^a de son cOtë , et attira sur loi ane portion de Torage qui la menaçait. Comme on le pense ^ ^e dévonement n*accommoda rien; il donna au oon traire irfQs d'énergie au tamaltê. Les gros mots Toitigèrent d'abord , pms tes vcHes de fait s'ensnltiretft, si bien ^oe les agents de l'autorité crorent devoir, dans rinlérét des mœurs, jeter Narcisse hors de la salle » ainsi que la dame dont il s*étaif -constitué le champion. C'était ponr les punir de 8*étre montrés, efle trop sensible, loi trop galant.

Yoilà de quelle façon commencèrent les relations

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de Jfistigrîs et de madeHoiselle Anémone. Les grandes passions ont soufeot d'iranaUes débuts!

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