‹ Splendeurs et infortunes de Narcisse MistigrisChapitre 29 sur 40 · MANUFACTURE DE LOIS · texte numérisé non relu

MANUFACTURE DE LOIS

Le public n^entre pas ici*

lia comiigne "était fim&elle et n'admettait fùs d'exceptions. Notre officier ne put s^râapècher d'y voir un'acte de^agesse, digne 4e tous ses respects. Il avait assisté à la préparation pubUque des lois, et cette méthode ne lavait que médiocrement -Mttsfait; il n'y voysôt pas, comme Fox, la dernièpe expression de la sagesse humaine. Yolon* tiers il e4t donné la préférence à ce laboratoire sileneteux, tant ses idées inclinaient aux moyens expéditib. Qae voulez-vous? Le sens politique lui manquait.

A Taide d'une foule de précautions » Bal>y parvint à se glisser dans llutérieur du monument et à en parcourir retendue. C'étmt avec raison que la façade annonçait une nanufaeture ; aucun des détails ne dcmnait tort à cette qualification. Le grand principe de l'industrie « la division du tra-

t1% L'ILE BBS APHONES.

vail, 7 régnait d*ttne façon manifeste et présidait à l'ensemble des opérations. Chaque pièce avait sa destination , son personnel « son matériel , son objet et sa cause. Rien ne s*y confondait, rien n'y faisait double emploi. Id on lisait sur Tune des portes : lois de finances; plus loin sur une autre porte : lois militaires; dans un antre endroit : lois civiles ou bien lois commerciales. A l'étiquette on pouvait reconnaître le caractère de l'atelier et \a nature des produits qui en sortaient. L'enseigne était ainsi justifiée.

Il fallut à notre héros un art infini pour dérober ^a marche aux surveillants, chargés de la police du local. Tantôt il se mettait à Tabri de quelque <;olonne, tantôt il payait d'audace et se portait en avant avec une assurance qui fmposait. On Teût pris pour un habitué de la maison , tant il y mettait d'aisance et de naturel. Ce fut ainsi qu'A arriva dans la grande salle où les ouvriers en lois s'étaient réunis pour délibérer sur quelques points d'intérêt commun. Tous se trouvaient là , les mat* très, les apprentis et jusqu'aux manœuvres. Le fauteuil était occupé par le plus considérable d*en-

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tre eux, un habile homme qui connaissait la rose des vents pour ravoir diverses fois parcourae et avec un succès toujours nouveau* Même parmi les ouvriers y il en était qui avaient souvent changé de jaquette et n*en paraissaient pas plus enorgueillis pour cela. La modestie sied & la grandeur. Quand notre héros pénétra jusqu'à eux, ces hommes étaient dans le feu de la composition. Ici on dégrossissait des lois» là on les polissait, puis on les portait aux établissements chargés de leur débit. Jamais tâche ne fut remplie avec plus d'ardeur^ ni environnée de plus de mystère. C'était un spectacle édifiant. Baby venait de voir deux assemblées, Tune passive , l'autre contemplative; il en avait une active sous les yeux. Ces malheureux ouvriers pouvaient à peine suffire à la besogne; ils soufflaient, suaient et semblaient près de crier merci. Point de trêve, point de relâche; des lois, toujours des lois et encore des lois. Quand il n'y en avait point de neuves à créer, on refondait ou Ton rajustait les anciennes, de manière à leur donner les apparences de la nouveauté. Aussi le service était-il rude et parlait-on d'y appliquer

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It vapeur : les forces hamaines 7 succombaient. Notre officier prenait goAt à ces scènes et n'eût pas mieux demandé qne de les suivre josqoVm beat. Matheureusement il venait d*étre i^rpa par l'un des gardiens de la salle : sa physionomie inconnue et ses allures suspectes le signalèrent comme un intrus. Qu'on juge du scandale qu'occasionna cette découverte! Sur^e-champ on mit deux eslafiers aux tnmsses du téméraire qui avait forcé les consignes et surpris ^s secrets d*£tat ; un instant il fut question de le plonger dans mt cachot. Si on le jeta simplement à la porte, ce fnt par faveur; maïs on eut le soin d'y joindre quelques brutalités comme assaisonnement. Baby aima mieux les endurer que de se trahir; pareîHes aventures étaient arrivées à des califes.

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