‹ Splendeurs et infortunes de Narcisse MistigrisChapitre 39 sur 40 · S XXXIV · texte numérisé non relu

S XXXIV

UHB DBRHiàRB AVENTURE.

Le Star venait à peine de se mettre en route qu'un incident avorta une trêve aux émotions d« départ. De la plage la plus voisine , un homme sTétaît jeté A la mer et semblait vouloir, par un effort désespéré, atteindre le bAtime«t à la nage ou tout au moins se faire remarquer de ceux qui le montaient. De temps en temps il élevait hors de Teau une de ses mains et l'agitait comme un signal

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de détresse , puis il se dirigeait de nonvean vers le brick avec une inexplicable obstination. Qui était cet homme? et que signifiait cette ponrsnite insensée? Fallait-il y voir l'acharnement d*an ennemi ou un désir ardent d'échapper à cette terre maudite? Telles étaient les réflexions de Baby, qui prenait à cette scène un intérêt très-vif. Un pressentiment Ty poussait :

— Capitaine , dit-il en allant vers Fox , voyez donc ce malheureux qui joue un jeu à se noyer vingt fois. Si nous mettions en panne pour lui envoyer un canot. Que risquons -nous? Nous voici hors d'atteinte; les gondoles des Aphones ne s'aventurent pas si loin.

Fox n'était pas homme à repousser une bonne inspiration.

— Faites, Baby, dit-il , et promptement; c'est un fou, un véritable fou, ajouta-t-il en dirigeant sa lunette de ce côté; voyez comme il lutte contre les flots I Pourvu que vous n'arriviez pas trop tard!

— Le canot est amené, capitaine, et j'y despcends; c'est une expédition de dix minutes, tout

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au plus. Je vous réponds qa'elle finira bien. En avant» matelots; on ne m'ôterait pas de l'esprit que j'ai vu cette fignre quelque part.

Quand le lieutenant acheva ces mots, il était déjà embarqué et en route pour sa destination. Les rames semblaient voler sur l'eau comme des ailes de mouette ; bientôt on se trouva à la portée de l'intrépide nageur :

— Quoi, David, c'est vous? s*écria Baby en reconnaissant le grand dignitaire de l'tle des Aphones, celai qui l'avait comblé des bienfaits de son hospitalité. Vous, en pleine merl

— Moi-même , lieutenant.

— Qui m'eût dit que j'aurais à vous repêcher par vingt brasses d'eau I De ce côté, David , de ce côté ; rangez le canot.

— C'est cela, lieutenant, sauvez-moi d'abord, nous causerons après. Ouf, ajouta-t-il quand il se trouva en sûreté; la promenade est bonne. Trois milles au moins.

Baby lui jeta un manteau sur les épaules et parut hésiter un moment :

— Où faut-il vous reconduire, David? lui dit-il.

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— » OÙ? répli<{Qa^t-41 ; belle qaestion. ▲ bord ; m'y trouyes-TOQS de trop?

— A Dieu ne ^^Mèe, Daildl Uàls yetre grade,, là-bas? votre éereyisse? votre sérail? Tous quittez tout celât

— 11 le faut bien > répondit-il' avec on soupir. «^ Comment, il le faut? ajouta Baby.

— Sous peine d'être pend^ , lieutenant ; mon affaire était daire. Pendu dans la jomrnëel

— Allons donc?

*-* C'est comme je vous te dis. Dam la journée I La justice est prompte, cbez les Aphones; elle supprime les formalités.

-^ liais encore, pour quel motif?

«-- Le motif ? Tous le savez mieux que personne^ Baby.

— Itfoi? David.

— Oui, vous, Baby. St comment ne le saunezvous pas? c'est en votre place qu'on m'eût pendu!

— Merci I Voilà de plaisantes gens, s'écria -l'officien

— Ne vous l'avais-je pas dît? N'étais-je pas votre garant , votre caution? ne devaiH^ V^ répondre

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de VOUS corps pour corps? Vous aviez mérité d'être pendu; tous parti, c'est moi qui y passais. La loi est formelle.

— Et tout cela pour moi? Pauvre David !

— Pour vous, pour Fox, pour l'équipage en- 4ier« pour le bâtiment même. Est-ce que je ne représentais pas^ obeai tes Aphoses^ T^ément mon?

— En effet.

-^ Eh bien ! j'am*tte été pendu pour l'élément nxim! S'il se fât agi de frança», c'était te tour de mon ami te Basque , cpii feprésente l'éiémest gMiois.

— Vous m'en dires tant.

Cet entretien fimssait att momeat où te canot r^oignit le brick> Lea faits étaient clairs ; David fuyait la peine capiCate et allait trouver à bord du Star l'hospitalité qu'il avait si bien exercée dans fioo palais. Baby y mit de la gcandenr; il partagea ft¥ec lui s» chambre, ses vétemeats, son linge ; ses provision et josqu'A son tabac. U n'y a qu'an point sur lequel te lieuteaant dut rester en arxaère; il n'avait pas de sérail à partager.

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