CHAPITRE. IV
ÉTIOLOGIE
; Si nous nous en tenons à l’étude des‘dix observations de pyléthrombose chronique avec splénomégalie qui font l’objet de notre travail, les causes invoquées peuvent se répartir comme il suit :
Cause générale. . . . . . 5 cas Gause-locale: 1. Leo Cause inconnue . SAS ARS
Dans la première catégorie, trois cas peuvent être imputés à la puerpéralité, d’une façon certaine pour les deux premiers, probable pour le troisième. Voici, au surplus, en quelstermes cette circonstance est mentionnée pour les trois cas.
(Barth). — « À la suite de l'accouchement, il survint dans le membre inférieur droit un gonflement qui disparut ensuite ; mais pendant ce temps le ventre aug-
menta graduellement de volume. »
(Rommelaëre). — « Cest depuis cet accouchement
’ — Al —
{avant terme) qu’elle est malade ; huit jours après la délivrance, elle a constaté un gonflement du ventre, ‘avec dilatation généralisée des veines sous-cutanées abdominales, en même temps ædème des membres in- , férieurs, rapporté aux varices des jambes ; il a été de’ courte durée. »
(Cerné-Dévé). — Première grossesse avec albuminurie. « Accouchement à terme d’un enfant qui vécut trois
‘ mois. La délivrance s’accompagna d’une hémorragie extrêmement abondante, ayant laissé à sa suite un état de faiblesse qui persista plusieurs mois. C’est au cours de cette convalescence qu'un médeein constata dans le flanc gauche de la malade une tuméfaction. »
Dans les deux autres cas de la première catégorie, on trouve dans les antécédents, pour l’un, une fièvre ty phoïde ancienne et une grippe récente, pour l’autre, de nombreuses atteintes de dysenterie.
On pourrait, pour chacune de ces trois causes, les considérer aussi bien comme causes d’ordre général, infectieux, ou comme causes locales, puisque c’est l’intestin qui a été le siège de l'infection. À ce propos, notons, en passant, l’extrême rareté de ces affections comme cause de pyléthrombose, à l'encontre de ce qu’on aurait pu théoriquement prévoir, en raison du siège de l'infection. La fièvre typhoïde, en particulier, qui amène si fréquemment des phlébites, n'a été incriminée, à notre connaissance, que dans le cas que nous signalons ici et encore est-il très douteux.
Dans la seconde catégorie (Œttinger-Fiessinger I et If, Umber), il s'agit d’affections hépatiques, chez des in-
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dividus, l’un profondément atteint, les deux autres for-,
tement suspects d’alcoolisme. La thrombose, ici, n'est
plus de nature infectieuse, mais peut-ètre d’origine toxique,le poison sclérogène pouvant s'attaquer aux parois veineuses à la fois intra et extra-hépatiques.
Dans les deux dernières observations nous ne trouvons point mentionnée de cause satisfaisante. Dans l’une (Delatour), l'affection remonte à l’âge de 4 ans.
La pyléthrombose était-elle due, dans ce cas, à une ma-
ladie infectieuse méconnue de la première enfance ? Il
ne nous est possible que d'émettre des suppositions. L'autre cas, enfin (Edens), a été imputé au traumatisme. Si singulière que paraisse cette pathogénie, nous n'avons pas voulu la rejeter sans examen. En France, dans une seule observation (Villard) (1) la contusion de l'abdomen fut signalée parmi les antécédents d’une thrombose mésextérique aiguë. Edens cite trois auteurs (Ponfick, Heller, Schmorl) à l’appui de son opinion et, en l’absence de toute autre cause plausible, il met très sérieusement tous les accidents sur le compte d’un traumatisme... qu'il n’a d’ailleurs pas trouvé. « Il est sans importance, ajoute-t-il, que l’on puisse retrouver dans l’histoire du malade aucun traumatisme : un sergent de ville berlinoiïs peut bien en dixans de service avoir recu çà et là quelque petit coup, auquelil n’aitpas fait attention ».. Nous ignorons l'importance spéciale de l’allusion faite aux obligations professionnelles d’un sergent
de ville allemand. Mais le moins qu’on puisse dire, il