‹ Splénomégalie chronique: d'origine pyléthrombosiqueChapitre 31 sur 45 · MARCHE, DURÉE, TERMINAISON · texte numérisé non relu

MARCHE, DURÉE, TERMINAISON

La durée de l’évolution de la splénomégalie chronique d’origine pyléthrombosique est extrêmement variabie. Elle dépend d’une foule de circonstances, que dominent le siège du thrombus, la rapidité de sa formation, le degré de l’oblitération veineuse, le développement plus ou moins rapide des veines collatérales. Celles-ci sont susceptibles de jouer un rôle vicariant si efficace que la maladie peut durer, pour ainsi dire, indéfiniment. Dans le cas de Delatour, elle semble avoir duré vingt-six ans, jusqu’au jour de l'intervention chirurgicale. La moyenne est représentée par les cas de Cerné-Dévé (5 ans 1/2), Œttinger (3 et 8 ans), Edens et

ET

Dock, Warthin (1 an 1/2). Par exception, elle peut du- rer un an et moins: Barth, Rommelaëre (11 et 5 mois). Pour le cas d'Umber, la durée, quoique sûrement très longue, est impossible à apprécier.

Au cours de cette évolution peuvent se produire des arrêts, des rémissions (1). On voit alors l’ascite disparaître pendant que la splénomégalie reste stationnaire. Réciproquement, de temps à autre se produit une pous-

sée nouvelle, se traduisant par des douleurs accompagnées ou non d’un mouvement fébrile, plus ou moins atténué, par une recrudescence de l’ascite, par une hémorragie ou une augmentation de la tumeur splénique.

Parmi les complications qui hâtent l’évolution, une place à part doitètre faite à l’extension de la thrombose qui peut envahir l'estomac, le pancréas, ou, ce qui est le plus grave, les veines mésentériques. Il faut tenir compte aussi dans certains cas (cancer, cirrhose) des progrès de la maladie causale.

Dans les dix cas que nous avons groupés, la mort est survenue : 4 fois par hémorragie ; 2 fois à la suite d’une splénectomie (Dock Let Delatour, dans ce dernier cas elle fut suivie de thrombose mésentérique); 2 fois par péritonite (Edens et Barth); 2 fois, enfin, par affaiblis-

sement progressif, cachexie (Œttinger et Friessinger).

1. Nous n'avons vu qu’exceptionnellement le thrombus pouvait évoluer vers la résolution et la guérison (Rommelaëre,

Lyons).

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