TRAITEMENT
Les progrès incessants de la chirurgie et un grand nombre de résultats opératoires brillants ont fait de nos Jours de la splénecitomie, naguère encore si redoutée, une opération facile et courante.
Il en résulte qu’en face d’une splénomégalie de quel” que importance, ce traitement séduit facilement l’esprit et il semble maintenant légitime d’enlever cette tumeur, dans la plupart des cas qui ne comportent pas à cet égard de contre-indication précise.
Il faut convenir qu’en certains cas bien déterminés les malades ont dù à cette intervention une guérison définitive.
Mais n'y a-1-il pas lieu de faire des réserves pour d'autres cas auxquels ce traitement ne convient pas?
Notre étude nous porte à le penser.
Sans doute, pour les cas dans lesquels une lésion primitive ou unique occupe la rate, il est logique, sinon
toujours avantageux, de tenter d'enlever la cause avec
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l’organe. Mais si la maladie occupe à la fois la rate et les vaisseaux voisins, s’il y a coexistence de splénomégalie et de pyléthrombose, l’opération devient déjà moins séduisante, car elle risque de rester très incomplète dans ses résultats et elle n’est pas sans danger à cause de celte thrombose mème des veines au milieu desquelles il faudra opérer. |
A plus forte raison, dans des cas où il serait bien démontré que la splénomégalie est secondaire à La pyléthrombose, l'opération deviendrait absolument inutile et dangereuse.
Il ne s’agirait alors de rien moins que de prendre l'effet pour la cause et d'imposer en pure perte l’ablation d’un organe important, en laissant évoluer à côté la lésion principale.
Nous ne voulons pas prendre argument des résultats médiocres quiont suivi la splénectomie dans la pyléthrombose aiguë ; la comparaison pourrait n’avoir que peu de valeur.
Nous nous bornerons à constater que, sur dix obser- vations de pyléthrombose chronique, deux fois la splénectomie a été tentée et deux fois elle a été suivie de mort.
Il ne nous appartient pas de faire la critique de la splénectomie en général. Mais, du moins, pour les cas qui nous occupent ici, il faut se souvenir qu'il s’agit de malades toujours très anémiés et que,pour eux, l'extirpation d’une rate très grosse et gorgée de sang produit un traumatisme grave et amène, en outre, une soustrac-
tion considérable de sang à un organisme mis hors
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d’état de pourvoir à de si importantes réparations. Ce qui, dans ces cas, domine le pronostic c’est la pauvreté du sang et l'insuffisance de la rate à le régénérer. Il n’y a donc aucun intérêt à enlever à la fois une grande quantité de sang, tant par l’hémorragie que par ce qu'en renferme la tumeur, et la rate elle-même, qui pouvait peut-être encore en pârlie jouer son rôle d'organe hématopoiétique.
Cette opération qui, de l’avis même de certains chirurgiens (Schiassi), est toujours dans ces cas d'une extrème gravité, ne peut donc être que très dangereuse.
Que si, en face d’un diagnostic hésitant, le chirurgien ,se décide à une laparotomie exploratrice,il devra se rendre comptetrès exactement de l’état du système porte et s'abstenir d'enlever la rate, s’il y a thrombose veineuse. Cette inspection des veines devra, d'ailleurs, être pratiquée dans tous les cas où il s’agit de grosse rate avec anémie ; car nous avons vu qu’il ne faut pas souvent compter sur un diagnostic clinique ferme.
Nons ne citerons que pour mémoireles diverses opérations palliatives,telles que omentopexie (Talma), exosplénie, splénocléisis(Schiassi) ; car ces opérations, tout en imposant encore une opération grave et longue à des malades très affaiblis, ne peuvent développer que des voies veineuses de dérivation d’une importance infime à côté de celles qui se développent naturellement. Peutêtre dans cette voie nous faudra-t-il, pour obtenir des résultats de quelque valeur, attendre que les progrès
pleins de promesses de la chirurgie des veines permet-
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tent, un jour, de pratiquer l’abouchement et la suture de veines de gros calibre...
Dans les cas où il y a de l’ascite, nous croyons utile de diflérer la ponction. Le liquide, dans ces cas, se reproduit rapidement et on n’a pu qu'amener, pour un soulagement éphémère, une déperdition de liquide considérable,une véritable « saignée séreuse ». Elle ne serait indiquée, croyons-nous, que dans les cas où, par son abondance, l’ascite deviendrait une trop grande gêne pour le malade. |
Signalons, enfin, qu'il pourrait être légitime de s’adresser à l’opothérapie médullaire pour suppléer à l’insuf-
fisance des organes hémato-poiétiques.