DÉLIMITATION DU SUJET. ESSAI D’UNE CLASSIFICATION
DES PYLÉPBLÉBITES.
Nous avons limité notre étude, ainsi que nous l’avons indiqué plus haut, aux cas qui, pour des raisons que nous exposerons plus loin au chapitre Pathogénie, re- ‘connaissent pour cause la pyléthrombose, et, parmi ces cas, à ceux qui, par leur. évolution particulièrement lente, peuvent donner naissance à une symptomatologie spéciale. Voyons donc, en passant en revue les pyléthromboses et plus généralement les pyléphlébites, par quelle sélection nous sommes arrivé à isoler un Certain nombre de cas semblables répondant à la description cherchée.
On conçoit que les symptômes et l’évolution des pyléphlébites soient essentiellement différents, selon le .degré de rapidité du processus phlébitique ou thrombosique, selon que ce processus détermine une oblitération partielle ou complète de la veine, se produisant d'emblée ou progressivement; plus évidemment encore, selon le siège de cette lésion. De là, deux modes de
DTAIES
classification : d’après le degré de la lésion et d’après son siège.
Jusqu'ici et depuis Frerichs (1863) on n’a distingué et. décrit que deux formes : la pyléphlébite adhésive et la pyléphlébite suppurative.
La différence est grande, en effet, entre ces deux
formes, et nous commencerons par mettre à part les phlébites suppurées qui offrent une symptomatologie, . une rapidité et souvent même une étiologie très différentes des autres cas. Nous remarquerons toutefois que la différence n’est pas absolument tranchée ; car il est ” des cas (appendicite et abcès du foie) où l’on trouve un caillot dur à une place, un caïllot ramolli et suppuré à une autre, absolument comme pour les phlébites de la circulation générale.
En outre, avant de se terminer par suppuration, une lésion peut constituer telle de ces formes de début que l’on voit évoluer, selon les cas, vers la thrombose aussi bien que vers la suppuràtion. Telle est la phlébite simple, inflammatoire, pariétale, non oblitérante, dont on trouve de nombreux exemples aux autopsies. Telle est encore, à un degré plus bénin, cette forme d’ailleurs exceptionnelle, qu'on à pu appeler la péripyléphlébite et quireconnaît parfois comme cause la syphilis (1).
I! faut se rappeler, à ‘propos de ces deux formes, qu’il a été signalé un certain nombre de cas suivis de
guérison. L'un d’eux reçut même le contrôle de l’au-
topsie six ans plus tard (2).