‹ Splénomégalie Primitive: À Nodules de Gandy-Gamna Centrés par un Noyau Caséeux à Bacilles de KochChapitre 14 sur 32 · CROIS - RENE · texte numérisé non relu

CROIS - RENE

Quel enseignement pouvons-nous tirer de lexistence de cette ascite transitoire? L'étude de cas semblables nous a appris qu'on ne peut en conclure ni à la cirrhose du foie, ni à la thrombose de veines du système porte, ni à l'hypertension portale. Bien que sa formule ne soit pas typiquement celle de l’ascite dite inflammatoire (pauvreté en éléments cellulaires et en protéines) nous admettons, quitte à réformer cette opinion suivant les constatations anatomiques, qu'elle est due à une péritonite plastique localisée qui provoque une exsudation intraabdominale.

Autre fait à noter, toute l’évolution qui nous est connue de cette splénomégalie avec hématémèses et ascite a été fébrile. Si nous ne tenons pas compte pour le moment de l'hyperthermie des derniers jours, nous voyons rois poussées fébriles, l'une pendant la résorption de Pascite, les deux autres au moment des accidents hémorragiques, reliées entre elles par un état sub-fébrile. Il est une hypothèse diagnostique que nous indique déjà l'étude des symptômes précédents, qui est celle de splénomégalie ‘primitive à nodules de Gandy-Gamna.

Nous retrouvons chez notre malade cette fièvre irréeulière et difficile à décrire qui a permis aux auteurs algériens (Goinard) d’individueliser des formes fébriles de cette affection. L'évolution fatale, dans notre cas, à été rapide, ce qui concorde bien avec l'opinion de Goinard : plus la maladie est fébrile, plus sa gravité est grande.

En ne poussant pas plus loin l'étude symptomatologique de notre observation, nous avons en main les éléments d’un diagnostic très plausible. Mais il est d’autres constatations que nous devons considérer avec attention : ce sont celles qui nous permettent d'affirmer chez notre petite malade l'existence de tuberculose. Elles sont irréfutables : cicatrice typique d'adénite cervicale froide suppurée, réaction de Von Pirquet positive, signes radiologiques d’adénopathie hilaire dont la nature est à peu près hors de doute. Nous connaissons l’origine maternelle de cette infestation tuberculeuse.

N'est-ce pas de celle-ci que relèvent la fébricule et les poussées fébriles ? L'ascite serait-elle tuberculeuse ? Peu de vraisemblance à cela, étant donné ses caractères et la négativité de son inoculation au cobaye, mais cetfe opinion pouvait cependant être émise. Enfin, l'hypertrophie splénique ne seraitelle pas le fait d’une rate tuberculeuse ?

Les caractères de la splénomégalie, non plus que l’évolution de la maladie, ne nous permettent guè-

re de penser à la possibilité d’une forme nodulaire,

scléro-caséeuse de tuberculose de la rate. Mais on sait qu'il existe, en fait de tuberculose splénique dite primitive, une forme nécrotique et hémorragique, rare en vérité. Sa reproduction expérimentale a été obtenue, chez le cobaye, par Achard et P. Emile-Weil. Son évolution, chez l'homme, est ordinairement rapide. Enfin, l'existence de formes fibreuses de tuberculose de la rate, à évolution lente

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