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là une observation, intéressante certes, mais nullement neuve.
Les constatations que nous a permis de faire l'autopsie et surtout l'étude histologique des organes, de la rate en particulier, nous ont montré des: lésions non décrites jusqu'à ce jour.
LUpe TEL
| © CHAPITRE IL “el
Anatomie Macroscopique
L'autopsie est faite le 9 avril, 28 heures après la mort.
A l'ouverture du corps on constate, au point déclive de la cavité abdominale, la présence d’une petite quantité (5o cc. environ) de liquide libre, opalescent 2 :
Esromac. — Onest surpris de constater qu'il présente, sur la face postérieure de sa grosse tubérosité, une ouverture ovoïde, de 10 em. environ dans son grand diamètre, qui donne un jour large sur sa cavité. Les limites de cet orifice par perte de substance ne sont pas très précises, ses pourtours sont déchiquetés et les parois stomacales qui le bordent sont extrêmement amineies, déliquescentes, comme
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digérées et putrifiées. Elles reprennent une épaisseur et une consistance normales lorsqu'on s’éloigne de’ cette région pour aller vers la cardia, la petite courbure et le pylore. Cette large perforation ne répond pas à la grande cavité péritonéale, mais seulement à la loge diaphragmatique gauche.
À ce niveau, existe un processus de péritonite suppurée, nettement limitée par des adhérences bien constituées, paraissant de date ancienne, et des fausses-membranes. On constate en particulier des adhérences très intimes entre la face postérieure de l'estomac, sur une certaine étendue, et la rate, nécessitant une dissection attentive pour séparer les deux organes. Dans toute cette région de l'hypochondre gauche existent des fausses membranes purulentes ; on en trouve jusque sur la face péritonéale de l'hémidiaphragme gauche. :
Nous disséquons d’un seul tenant l'estomac et le duodénum en entier. En dehors de la perforation dont nous venons de parler, il n’est rien noté d’anormal ni sur leurs parois, ni à leur ouverture, sur la muqueuse.
INTESTIN GRÈLE. — II est sain d’un bout à l’autre. Le mésentère est souple, normal en tous points, il n'existe aucun signe de thrombose mésentérique.
GROS INTESTIN. — Normal. Il est encore en grande partie rempli de sang noir.
Rare. — Elle n’est pas visible à l’ouverture de l'abdomen. Elle se trouve en effet entièrement ca-
chée sous la coupole diaphragmatique. D'autre part, comme nous l'avons vu, elle est masquée en avant par l'estomac qui lui est adhérent.
Elle est augmentée de volume, mais d'une façon qui n’est pas considérable. Son poids est de 350 grammes. Elle a conservé sa forme ovoïde, normale. La face externe convexe est lisse, cependant un peu bosselée au toucher. La capsule y présente par endroits des plaques d’épaississement, lardacées, blanchâtres, signes de périsplénite déjà pronon- cée. Il n'existe pas d’adhérences du pôle supérieur au diaphragme. Quelques fausses membranes purulentes sont aisément détachées. C’est la face interne, excavée par le hile, qui était fortement adhérenie, de très près à l'estomac. La périsplénite est intense à son niveau, et la capsule sur toute cette face est épaissie uniformément et de couleur blanchâtre.
La consistance de l'organe est ferme. A la section on a l'impression d’une rate nettement sclérosée.
La couleur de la tranche de section est rougeûtre. Les corpuscules de Malpighi ne sont pas apparents. On remarque d'assez nombreux infarctus rouges sous-corticaux, qui n'ont pas encore abouti à la sclérose. Ce sont eux qui bossèlent quelque peu la surface de l'organe.
Mais surtout on découvre l'existence sur chaque tranche de section, de très nombreux nodules de Gandy-Gamna. Is sont partout en abondance, mais plus nombreux aux deux pôles. Ils sont de volume très variable, les uns forts petits, d’autres assez
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étendus, atteignant la dimension d’un gros plomb de chasse. Ce sont bien les grains tabac typiques, aisément reconnaissables à leur couleur, leur forme irréculière, étoilée, leur consistance scléreuse, leur adhérence au tissu splénique.
Cependant en y regardant de plus près, notre attention est attirée par l'aspect spécial de quelquesuns de ces nodules. Un certain nombre d’entre eux, parmi les plus volumineux, se distingue par l’existence en leur centre d’un point blanchâtre. Cette figure fut plus nette encore, plus facilement appréciable sur l'organe partiellement fixé ; revoyant alors chaque tranche de section, nous avons pu nous rendre compte que cet aspect était plus répandu que nous l’avions cru tout d’abord. C'est environ un nodule sur vingt qui se singularise de la sorte. La fixation de la pièce nous à permis aussi de mieux voir en quoi consistait cette particularité; à l'œil nu ou mieux à la loupe on distingue
1°) Une zone centrale, d’un blanc crayeux, de dimension allant d'une pointe à une tête d’épingle ; elle est formée d'une substance molle, qui s’énuclée facilement.
2°) Une mince bande de tissu blanc jaunâtre, tassé en lamelles concentriques autour de la première zone ; elle n’est bien appréciable que sur les nodules les plus étendus.
3°) Une zone périphérique, de diamètre en général équivalent à ceux des deux précédentes, dont la
couleur roux brunâtre, la dureté, l’adhérence au tissu splénique, les expansions irrégulières traduisent la nature de « nodule tabac». La fixation permet encore d'apprécier à son pourtour un mince: liseré hémorragique.
Les trois zones que nous avons distinguées dans cette lésion nous paraissant d'emblée si particulières, forment un tout, chacune se fondant l’une dans l’autre sans limites nettes, lés deux zones périphériques enserrant intimement la masse centrale.
PÉDICULE SPLÉNIQUE. — Il est extrêmement court, tassé: L’artère et la veine splénique ne sont pas sensiblement augmentées de volume. En dehors d'un cerlain épaississsement de leurs parois tout à fait à la sortie du hile, les vaisseaux splénique sont normaux d'aspect et de consistance dans tout leur trajet. On ne note, en particulier, aucune endophlébite.
Nous aurions voulu nous renseigner avec précision sur l’état des vaisesaux courts. Les adhérences spléno-gastriques, les lésions de péritonite suppurée nous ont malheureusement gêné dans cette recherche, et nous n’avons su retrouver ces vaisseaux. Nous en sommes donc réduits à des hypothèses pour expliquer l’origine de la perforation gastrique. Celle-ci était vraisemblablement moins étendue in vivo et a dû s’accroître post-mortem par digestion el putréfaction des parois. Plutôt que de croire à l'existence d'un ulcère gastrique (?) cause des hé-
DS ie morragies et de la perforation terminale, nous estimerions plus volontiers qu'une thrombose progressive des veines courtes a été à l’origine des accidents. Ceci malgré l'absence de toute autre lésion veineuse macroscopiquement appréciable dans le territoire du système porte. Un argument important en faveur de cette opinion est la persistance constatée d’une circulation veineuse: collatérale après même la résorption de l’ascite. Nous savons en effet sa valeur sémiologique considérable car ainsi que nous l'avons dit ailleurs avec nos maïitres P. Emile-Weil, Grégoire et Chevallier, elle paraît indiquer une phlébite progressivement oblitérante des branches de la veine porte. | Notons qu'il n'existe pas de rate accessoire.
PÉRITOINE. — En dehors de la périsplénite et des lésions localisées de péritonite suppurée ca signalées, le péritoine est sain.
GanGriows. — Nous en trouvons de deux sortes Les uns sont de gros ganglions violacées, de consistance élastique, siégeant le long du trajet des vaisseaux spléniques au bord supérieur du pancréas. Ils sont nombreux, la plupart du volume d’une grosse noisette, et forment un véritable chapelet s’étendant jusqu’à la tête pancréatique. À la coupe, ils paraissent normaux.
Les autres sont bien différents. Ils siègent dans l'épaisseur même de la tête du pancréas et en arrière de cette glande, sur le plan profond, en bordu-
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re des gros vaisseaux. Agglomérés par endroits en amis du volume d’une noix et plus, ce sont des ganglions tuberculeux typiques, présentant une coque très résistante, presque entièrement calcifiée et un centre OCCupé par un magma caséeux très épais.
PancRéaAs. — Aspect macroscopique normal.
Foie. —- I est volumineux, débordant le. rebord costal. Il pèse 900 grammes. Sa couleur est uniformément jaune pâle, sa morphologie d'ensemble est conservée, sa surface est lisse, régulière, sa consistance est ferme. A la coupe, il se montre plus résistant que normalement, malgré un aspect graisseux des surfaces de section. Mais ce qui nous frappe le à plus est la division du tissu hépatique en d’innombrables petits lobules, bien appréciables à l'œil nu, donnant l'impression d’un processus de sclérose segmentant le parenchyme.
La veine porte est disséquée et examinée avec soin :; son aspect est parfaitement normal, ses parois paraissent saines et souples. Pas de thrombus dans sa cavité.
Reis. — Ils sont d'aspect normal, mais cependant nous constatons dans le rein gauche, à peu de distance de sa capsuie, la présence d’une cavité, du volume d'un pois, renfermant un liquide louche.
SURRÉNALES. — Elles sont liquéfiées.
Ovaires, Urérus. — Rien à signaler.
APPAREIL RESPIRATOIRE. — Un peu de liquide trouble dans la cavité pleurale gauche.
Les poumons présentent de la congestion passive des bases, sans foyer. Aucune lésion parenchymateuse de tuberculose. “ie
Les ganglions hilaires et péribronchiques, par contre, sont calcifiés et caséeux.
Le péricarde est sain.
Le cœur, les gros vaiseaux de la base sont normaux.
î Les résultats de l’autopsie peuvent ainsi se résumer
. % , Re .
1°) Perforation de l'estomac, sans doute d’origi-
ne thrombosique, avec péritonite suppurée consécutive.
2°) Rate à nodules de Gandy-Gamna. Un certain nombre de ces nodules présentent des caractères très spéciaux, tels que nous n’en avions jamais vu.
3°) Tuberculose ganglionnaire de date ancienne, en voie de calcification. Une lésion rénale minime, vraisemblablement tuberculeuse, récente.
Nous avons fait quelques recherches immédiates sur les pièces nécropsiques
Frottis de Magina caséeux des ganglions médiastinaux et abdominaux ; nous n'avons pu y trouver. de bacilles de Koch, ce qui ne saurait étonner, car
on sait la difficulté de les déceler dans de telles Ksions.
Frottis de rate. L'image est très monotone. formée essentiellement de splénocytes, grandes cellules mononucléées à noyau peu dense et protoplasma bleu pâle (May Gründwald-Giemsa). Les neutrophiles-polynucléaires et myélocytes sont rares; on rencontre quelques éosinophiles. Pas de plasmocy-
°tes. Pas de globules rouges à noyau.
Il n’a pas été fait d’inoculation au cobaye.
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