OBSERVATION XV
. (Pirou et Ramond. — Arch. méd. Exp. 1896).
Splénomégalie primilive. — Epithéliome de Gaucher.
Re ee 32 ans ; entre dans le service de Bouilly, le 19 juin Anlécédents héréditaires. — Bons.
Antécédents personnels. — Réglée abondamment, jamais malade. Rien de paludisme ou de syphilis.
Début. — Il y a 4 ans, chute sur l'abdomen ; vagues dou-
leurs. Il y a un an, douleurs abdominales tenaces. Hémorragies très abondantes. De temps à autre, accès fébriles. Digesüons difficiles.
Au mois de mars 1896 : gencives fongueuses et saignantes. Anorexie, amaigrissement, douleurs abdominales vives, et dans les membres inférieurs, œdème des jambes.
Entrée à l'hôpital. — Teint pâle, subictérique. Douleurs er-ratiques de l’abdomen avec point douloureux de l'hypocondre droit et de l’hypocondre gauche. Examen des urines : rien. Examen du sang (parfait).
À l'examen, énorme tumeur fibreuse paraissant s'élever du petit bassin. Diagnostic : fibrome utérin.
Opération, 25 juin. — Incision de la ligne médiane. On découvre une énorme tumeur lisse, libre d’adhérences. C'est la rate placée transversalement. La splénectomie est pratiquée.
Le foie paraît normal ; pas de ganglions.
Suites opéraloires.— Un peu d’oppression, foyer de pleurésie sèche à gauche. Le foie déborde les fausses côtes de deux
— travers de doigt. Matité hépatique, 15 centimètres. Sort que. rie le 27 juillet.
Le 27 novembre, état général assez bon. te foie paraît grossi, est douloureux. Fièvre subcontinue, tenant à sa pleurite.
Examen du sang après les opérations, 3,400,000 globules rouges ; hémoglobine, 0,45 : globules blancs 1 pour 148.
Le suc de la rate, cultivé dans trois milieux de core différents, n’a rien donné.
Examen histologique. — La rate est formée d'une série d’alvéoles à parois fibreuses, contenant une grande quantité de cellules épithéliales nucléées. De ces parois fibreuses, se détachent des travées plus minces qui cloisonnent l’alvéole.Ces parois sont formées de tissu conjonctif adulte. Les cellules épithéliales qui sont contenues dans les alvéoles, possèdent un protoplasma abondant, un noyau volumineux sans figure de kariokynèse. Il n'y a point de cellules embryonnaires. En certains points cependant, la structure de la rate est conservée. On y rencontre les glomérules de Malpighi. Les ganglions du hile sont pris et présentent les mêmes lésions. Les vaisseaux d’un certain calibre sont tous sclérosés, mais ils ne participent pas au processus dégénératif de la rate.
OBsERvATION XVI
(Brühl. — Arch. générales de médecine, juin-juillet 1891).
Mégalosplénie. — Anémie progressive. — Poussées de périsplénite. Pas d’adénopathies,
P..., 54 ans, chapelier, entré le 29 juillet 1890 à l'hôpital Andral dans le service du professeur Debove.
Antécédents personnels. — Marié, père de plusieurs enfants bien portants. Chapelier depuis 40 ans, jamais aucun symp-
Ee Ce EE
iôme d'intoxication mercurielle, pas de paludisme ni de syphilis. É | Début. — Il ÿ a un an, perte des forces et de l’appétit. Diarrhée, épistaxis, douleurs abdominales parfois très vives. Au mois de mars, brusquement, il ressent une douleur abdomimale «d'intensité extrême dans l'hypocondre gauche. Nausées, vomissements. La douleur persiste violente 24 heures, puis disparaît laissant à sa suite un endolorissement de la région splénique tel que le malade garda le lit environ 6 semaines.
Entrée à l'hôpital, le 29 juillet. Aspect anémique du sujet.
La moitié gauche de la cavité abdominale est occupée par une tumeur mate à la percussion, refoulant le Haphragme en haut, débordant en bas largement les fausses côtes, dépassant la ligne médiane au niveau du creux épigastrique. Au palper, on en délimite nettement les contours, la consistance en est ferme, la surface pas tout à fait lisse. Longueur, 28 centimètres, tumeur indolore. Le foie, indolore, est augmenté de volume, déborde les fausses côtes. Paroi abdominale non ædémateuse, pas de réseau tégumentaire. Ni ascite, ni météorisme. s
Tube digestif. -— Pas de troubles gastro-intestinaux. Cœur normal. Pouls petit, régulier, 80 pulsations. Aucune adénopathie. Respiration un peu moins ample ; à gauche, quelques frottements pleuraux. Urines : Quantité, 750 à 1500, peu acides. Urée, 10 grammes par 24 heures. Ni albumine ni sucre.
Elal général. — Facies blanc grisâtre, nullement jaune paille. Amaigrissement. L’émaciation paraît tenir à la fonte des masses musculaires. Sueurs abondantes, forces réduites. Marche difficile. Le moindre mouvement ou effort épuise le malade.
Examen du sang. — Globulés rouges inégaux de ‘dimensions et de coloration. Pas de poïkilocytose. Globules blancs polynucléaires en grande abondance, lymjhocytes en moindre
Se abondance. Augmentation des granulations éosinophiles. Pas de globules rouges nucléés.
Numéralion. — Globules rouges, 2.855.350 ; hématoblastes 93.000. Globules blancs, 10.757 ; valeur du globule rouge, 0,43.
Donc anémie globulaire F marquée, l'hémoglobine est
réduite à la moitié de la quantité normale. Le nombre des leucocytes est très voisin de la normale.
Pendant le séjour à l'hôpital (août à décembre) le malade a s présenté à trois reprises ces poussées douloureuses de périsplénite avec fièvre, nausées, vomissements et diarrhée abondante. Pendant ces accès la rate est endolorie; les frottements pleuraux sont augmentés, point de côté à gauche, dyspnée et toux quinteuse.
Pendant ces cinq mois, la tumeur splénique progresse, elle dépasse de un à deux travers de doigt la ligne blanche et descend dans la fosse iliaque se rapprochant de plus en plus de l’arcade de Fallope. La cachexie fait des progrès continus. L’affaiblissement est tel que le malade ne peut quitter le lit. OEdème des membres inférieurs.
Mort le 16 décembre 1890. Durée de la maladie, environ 18 mois.
OgsErvaTIoN XVII
Debove et Brühl. — Bull. Société méd. Hôpit.. Paris, juillet 1892).
Splénomégalie primitive.
M. R..., 46 ans.
éreents antécédents héréditaires.
Antécédents personnels. — Très bonne santé Jess “en 1889. Aucune maladie, aucune intoxication.
Début. — En 1889, la maladie débute sans cause appréciable, par affaiblissement, amaigrissement avec quelqués trou-
SX | bles dyspeptiques. Ces troubles consistent en pesanteur après les repas et flatulence. L'appélit est conservé, pas de vomissements ni de douleur gastrique.
Depuis ce moment, le malade présente les symptômes d’une anémie progressive. À
L'état de M. R... est encore aggravé ces derniers mois. Le 14 mai et le 1°® juin 1892, sans cause connue, surviennent deux hématémèses.
D'ailleurs, depuis deux ans survenaient des épistaxis fréquentes mais peu abondantes. En juillet 1892, M. R... se présente avec une paleur très marquée, teint un peu jaune.
Examen. -— Rien au poumon ni au cœur. Pas de bruit pathologique, pas plus que dans les vaisseaux du cou.
Dans la cavité abdominale, à la palpation, tumeur volumineuse dans l’hypocondre gauche, c’est la rate hypertrophiée, de consistance très dure. À sa surface, quelques inégalités. Elle atteint à droite la ligne médiane. Sa limite inférieure dépasse à peine une ligne horizontale passant par l'ombilic.
On délimite très bien les contours de l'organe qui paraît plus développé dans le sens transversal que dans le sens vertical. Cependant, on ne trouve aucune mobilité anormale, la rate n'est pas déplacée.
Le foie est un peu gros, déborde légèrement les fausses côtes droites. Il n’y a ni ictère, ni ascite, ni circulation superficielle.
L'urine est rendue en quantité normale. Ni albumine ni sucre, ni matières colorantes de la bile.
Examen du sang. — Globules rouges : 2.622.000 ; globules blancs : 12.400 ; richesse globulaire : 1.883.860 ; valeur globulaire : 0,72.
M. R.…. se plaint surtout de son affaiblissement et de son emaigrissement. Peu de troubles fonctionnels marqués, sauf un léger essoufflement et une dyspnée d'effort.
L'PENTTPNE
MR: n'a jamais eu de phénomènes douloureux qui aient ré attiré l'attention dans l’hypocondre gauche. C'est par un examen méthodique qu'on a découvert l'hypertrophie spléni-
que, qui existe à l'exclusion de toute autre altération des organes lymphoïdes. ons LE
. OpservarTioN XVIII
(Debove et Brühl. — Bull. Sociélé méd. Hôp., Paris, juillet 1892).
___ Splénomégalie primitive.
M. S..., 36 ans. Pas de paludisme. Slügmates d'éthylisme.
En 1876, contracte la syphilis, dont il s'est bien soigné.
En 1882, sans cause appréciable, anémie rapide avec pâleur
des téguments ; vertiges, affaiblissement et amaigrissement
notables. Quelques troubles dyspeptiques et des phénomènes vagues du côté de l'abdomen, pour lesquels on a diagnosti-
qué successivement ftuberculose abdominale, neurasthémie,
kyste hydatique du foie, cirrhose hypertrohique. En 1890, zona intercostal tenace et très douloureux.
En janvier 1891, traumatisme léger sur la région épigastrique, suivi de crachements de sang. Le 14 février 1891, malaise soudain avec éblouissements, vertiges, sueurs .froides, puis vomissement d’un demi-litre environ de sang rouge suivi pendant plusieurs jours de mœlena. Souffre pendant 45 jours de diarrhée intense et tenace. Les mêmes accidents se répètent en mai 1891. En décembre, à l'occasion d’une grippe, l'état général s'aggrave et la rate subit une hypertrophie notable. En janvier 1892, troisième hémorragie gastrique. Malgré tous ces accidents, le malade n’a jamais eu de douleurs gastriques, ni douleurs dans l'hypocondre gauche, ni ascite, ni ictère. Il a depuis 10 ans, constamment présenté .des trou-
bles dyspeptiques, tension et pesanteur d'estomac. Renvois. Ë Jamais de vomissements. Re : | | Elat actuel. — Février-mars 1892 : aspect général d’un anémique par perte de sang. Facies blanc, exsangue ; amaigrissement notable. Affaiblissement, quoique le malade ait mené jusqu'à ces derniers temps une vie très active. Léger essoufflement. Palpitations. Appétit conservé.
Examen. — Ce qui frappe, c’est l’hypertrophie de la rate et l’anémie. La rate, très augmentée de volume mesure 25 centimètres sur 12. Uniformément hypertrophiée sans inégalités, ni saillie, ni bosselures. Consistance ferme ; occupe environ toute la moitié gauche de la cavité abdominale, atteignant à droite la ligne médiane, descendant dans la fosse iliaque, à un iravers de doigt au-dessous de l’ombilic. Elle n'est pas douloureuse à la pression. Le foie, légèrement augmenté de volume, déborde de un à deux travers de doigt le rebord des fausses côtes. Signes négatifs : absence d'ascite, d’ictère, de circulation complémentaire, d'hémorrhoïdes. Dans les urines, ni sucre ni albumine. Rien au poumon ni au cœur.
L'examen du sang fut fait un grand nombre de fois : globules rouges : 1.922.000 ; globules blancs : 12.400 : valeur globulaire : 0,73.
. Les préparations de sang ont montré une légère inégalité de diamètre et de coloration des globules rouges : il n’y a pas
de poïkilocytose. Les petits globules blancs à noyau unique, à protoplasma peu abondants, sont assez rares. Les grands leucocytes à noyaux multiples ou segmentés dominent. On trouve quelques cellules à granulations éosinophiles ; d’autres sont basophiles. L'examen de toutes les régions où existent des ganglions lymphatiques a été fait avec grand soin. Il n'existe nulle part d’adénopathies. Le malade, soumis au régime lacté et à l’arséniate de fer, a retiré un réel bénéfice de ce traitement.
LR —
Syndrome de Banti