‹ Splénomégalies Primitives Dites IdiopathiquesChapitre 35 sur 44 · ET VOOR · texte numérisé non relu

ET VOOR

DE pression. Mais elles peuvent aussi s’irradier dans toute la paroi abdominale, rendant ainsi la palpation difficile, s’irradier aussi dans l'épaule gauche, dans les membres inférieurs.

3° Troubles digestifs. — Ils sont pour ainsi dire constants,

mais variables : anorexie, langue sale, bouche mauvaise, nau-

sées, pariois vomissements ; diarrhée ou constipation tenace, coliques intestinales vives, se retrouvent dans toutes les-observations. |

4° Troubles généraux. —— Au premier rang figure l’anémie ; facies pâle, amaigri, peau et muqueuses décolorées. La faiblesse est extrême, la dyspnée survient au moindre effort. Soulfle dans les vaisseaux du cou. L’amaigrissement est plus ou moins marqué, suivant la période. L'examen du sang révèle une diminution notable du nombre des globules rouges ainsi que la diminution du taux de l’hémoglobine, mais sans modifications de la forme et des dimensions de ces globules. Il n’y a pas de globule rouge nucléé. Les globules blancs existent avec leur taux normal. Il n’y a pas de leucocytose et fort peu de modifications de la forme leucocytaire. Enfin l'examen du sang au point de vue bactériologique a jusqu’à présent été négatif, les examens répétés n'ayant jamais permis de déceler la présence de microbes particuliers.

5° Ascile. — L'ascite existe fréquemment, et on peut dire dans la plupart des cas de splénomégalie primitive. Sa valeur pathogénique est variable, et on peut l’interpréter difiéremment, suivant qu'elle est d'ordre stasique, par compression des vaisseaux portes, ou suivant qu’elle est de nature inflammatoire par péritonite séreuse. Son abondance est très variable, mais quand elle a nécessité une paracentèse, elle se re-

produit avec la plus grande rapidité.

6° Hémorragies. — Celles-ci font partie de.la séméiologie

| — 122 — habituelle des maladies de la rate. Elles sont particulièrement fréquentes dans nos cas. Elles peuvent se présenter sous forme d'épistaxis, survenant longtemps à l'avance, et anémiant le malade par leur répétition. Dans d’autres cas, ce sont des taches ecchymotiques au niveau de la peau, de véritables placards purpuriques, suivis de démangeaisons violentes. Ce purpura peut n'apparaître qu'aux membres inférieurs, n'être que partiel, ou bien se généraliser sur tout le corps. L'observation de Guicciardi (n° XXXIX), semble être une description

D ‘de purpura simplex. Enfin les hémorragies peuvent se produi-

re par d’autres voies, voie intestinale, voie stomacale : tel est le cas du malade de M. Estor, où des hématémèses répétées furent observés après l’ablation de la rate.

7° Fièvre. — Bien que les splénomégalies que nous avons étudiées soient considérées comme des affections apyrétiques, si on lit les diverses observations, on trouve relaté dans presque toutes, à intervalles irréguliers, et sans que d’ailleurs les observateurs y aient attaché beaucoup d'importance, de légères poussées de fièvre survenant de temps à autre dans l'évolution de la maladie. Cette fièvre n’a pas de caractères précis ; elle est peu élevée, irrégulière, survient à des intervalles très variables. Or, dans la majorité des cas, la fièvre étant le mode de réaction de l'infection, il semble que la notion de splénomégalies infectieuses primitives que nous avons introduite trouve encore dans ce symptôme une confirmation nouvelle.

Marche. — L'évolution de ces maladies est à peu près la même. Elles sont chroniques, mais pas de longue durée. La marche en est irrégulière, procède par poussées, par bonds, séparés par des intervalles d’accalmie pendant lesquels le malade ne paraît souffrir de rien, mais pendant lesquels le volume de la rate s'accroît le plus souvent.

En résumé, nous voyons qu'il n’y a aucun signe clinique qui permette d'affirmer un diagnostic pathogénique, un diagnostic de nature de la splénomégalie primitive, ni la forme de la tumeur splénique, ni sa manière d'évoluer, ni sa durée, n1 les douleurs abdominales, ni les troubles digestifs, ni les phénomènes généraux ne sont caractéristiques. Alors sur quoi se baser pour faire un diagnostic différentiel, et attribuer à sa véritable cause une splénomégalie primitive ? Nous allons passer en revue les affections avec lesquelles on peut les confondre, d’une part chez l'enfant, le nourrisson, d'autre part chez l'enfant plus âgé et chez l'adulte, et en second lieu, nous indiquerons les moyens et les procédés que l'on peut employer pour les différencier entre elles et qui permettent de poser un diagnostic de nature.

Page 1