C. Espèces arborescentes
Spec. Manus, rubens, clarva-herculis, marquezi.
Sect. A.
Spec. Spongia cavernosa, LAMARCK, Anim. sans vert., 1° et 2% édit., vol. IT, pag. 542; Lamoroux, Pol/ypes flexibles, p. 21, Æncyclop. meth., p. 333; Scnmipr, Spongien des Adriatischen Meeres, p. 27. Nobis PIC fe 8:
Quand elle est desséchée et privée de son encroûtement cette éponge offre une masse arrondie ovale, elle est munie à l’intérieur de grandes cavernes dont le tissu est formé par des fibres jaunes qui rendent la surface hérissée, parce qu'elles viennent s’y terminer en formant de gros
pinceaux allongés, généralement comprimés latéralement. Les oscules sont assez grands, il y en a de superficiels, d’autres qui sont saillants parce que leur ouverture est garnie et entourée de pinceaux grands et pointus. A l’état vivant cette éponge est noirâtre et offre un encroûtement qui se conserve, lorsqu'on la dessèche avec assez de soin.
La spongia cavernosa est très-répandue dans les Antilles ; nous l’avons de différentes îles entre autres de Cuba , de la Guadeloupe, de St. Domingue, de Viecques, de St. Martin et de Ste. Croix; de même que la spongia barbara les gens pauvres la recueillent pour l’usage économique, car quoique très-grossière, elle est assez molle quand elle a été trempée dans l’eau.
Nous donnons le dessin de cette espèce qui nous paraît n'avoir pas encore été figurée.
Spec. Spongia barbara Nobis.
Très-caverneuse à l’intérieur elle est voisine de la spongia cavernosa, dont elle diffère cependant sur certains points. Aïnsi ces oscules sont superficiels et en général privés de pinceaux à leurs bords, ou n’en présentent que de peu développés. En outre la surface au lieu d’être hérissée comme chez la précédente offre des vallées méandriformes très-irrégulières qui ne pénètrent qu'à une très-petite profondeur dans sa substance. Les oscules ont généralement 3 à 4 lignes de diamètre.
Habite St. Thomas, Viecques, St. Martin etc.
Spec. Spongia corlosia Nobis.
Sessile, subsphérique: surface profondément marquée par des sillons qui descendent dans son tissu, ces sillons sont larges de ? à 3 lignes, ils sont séparés les uns des autres par des espèces de collines larges de ? à 5 lignes en sorte que la surface rappelle un peu la forme des méandréennes (Zoanthaires) ou la fleur des caelosia. La face supérieure des circonvolutions offre de petits pinceaux très-courts et quelques pores très-petits; de pareils pores se voient aussi sur les faces latérales de ces
mêmes circonvolutions; 1l y a aussi quelques oscules ayant environ 2 lignes de diamètre et qui sont situés dans les sillons.
A l’état sec cette éponge est rigide, elle a les fibres jaunes et la couleur de la surface quand elle est vivante est noirâtre.
Habite St. Thomas.
Spec. Spongia cerebriformis Nobis, pl. III, fig. 5, 6.
Arrondie, sessile, noire sur le vivant, cette éponge devient fauve quand elle a perdu sa matière encroûtante. L’extérieur présente des circonvolutions comme dans la précédente; mais ces circonvolutions présentent sur leur milieu une légère dépression et sont garnies sur leurs bords de petites colonnes de fibres. Ces colonnes sont très-rigides et même un peu piquantes. Les sinuosités ont environ ? lignes de large et les circonvolutions ont à peu près les mêmes dimensions. Les fibres qui composent le tissu sont rousses et très-rigides, en sorte qu’elles sont tout-à-fait semblables à celles de la Spongia tubiformis ou de la Spongia fulva. Ce seul caractère suffit pour la distinguer tout de suite de la Spongia colosia et de la suivante.
Habite St. Thomas.
Spec. Spongia gossypina Nobis, pl. III, fig. 3.
La spongia gossypina ou éponge cotonneuse forme une masse sessile, arrondie, caverneuse intérieurement, et offre à sa surface des circonvolutions méandriformes. Ces circonvolutions sont creusées d’un sillon dans leur milieu, larges de 2 à 3 lignes, et munies sur leurs bords de gros pinceaux obtus et tuberculeux. Les sinuosités qui séparent les circonvolutions sont profondes et larges d'environ 2 lignes. Les oscules sont immergés dans les sillons, ils sont larges d’environ 2 lignes. Des pores très-petits se trouvent sur les faces latérales des circonvolutions.
Le tissu de cette espèce est très-fin et semblable à du coton, lorsqu’elle a été bien lavée, elle est blanche, tandis qu'à l’état vivant elle est noire.
La finesse du tissu rapproche la Spongia gossypina de l'espèce qui
suit: toutes les deux se distinguent de leurs congénères à surface méandriforme par leur finesse et par d’autres caractères propres énoncés ceidessus.
Habite St. Thomas, Viecques.
Spec. Spongia utilis Nobis.
Nous ne connaissons cette espèce que par son squelette corné, mais il est probable qu'à l’état vivant elle est brune ou noire comme ses congénères. Sèche et privée de son encroûtement, elle s’offre sous la forme d’une masse sessile irrégulièrement lobée, d’un tissu très-poreux , fin et tenace, d’une couleur semblable à celle de l'éponge usuelle; mise dans l’eau elle devient très-douce et très-propre aux usages domestiques ; quand elle est placée entre l'oeil et la lumière, on distingue la clarté à travers sa masse et alors on voit une multitude de pinceaux ou colonnes fibreuses se portant de la base vers tous les points de la surface ; des oscules superficiels très-nombreux et ayant à peine une ligne se présentent sur tous les points de la surface supérieure, mais cependant de préférence sur les parties les plus saillantes.
Habite St. Martm.
Spec. Spongia meandriformis Nobis.
Masse sessile, arrondie ou ovale, présentant à sa surface des circonvolutions qui sont cependant moins marquées que chez les espèces précédentes. Ces circonvolutions sont bien plus petites et plus délicates que chez la spongia gossypma, car elles n’ont le plus souvent qu’une ligne et demie de large, les vallées où sinuosités sont en général moins larges que les circonvolutions qui n’ont en général qu’une ligne. Les oscules sont superficiels et de deux sortes, les uns larges de 2 à 3 lignes, les autres n'ayant pas une ligne de diamètre. La surface des circonvolutions est finement échinulée par de très-petits pinceaux. Cette éponge est très-fine et trempée dans l’eau elle devient très-molle, et peut servir aux usages domestiques. À l’état vivant elle est brune ou noire, mais elle devient blanche quand elle est bien lavée.
La finesse de son tissu la rapproche de la spongia gossypina, mais on ne peut les confondre ensemble.
Habite St. Thomas, Viecques.
Spec. Spongia tubulifera. Lamarck, Annales du Muséum, tom. XX, pag. 384, et Anim. sans vert. 1" et 2% édit. vol. II, pag. 552; Lamoroux, Polyp. fleæ. pl. XLII.
Nabisÿ phUIV Mig ut:02 78;
Sessile, molle, très-poreuse, quelquefois comprimée et percée à son sommet, d’autres fois divisée en lobes angulaires très-saillants perforés à leur sommet, les oscules sont larges et descendent profondément.
Espèce très-commune, suffisamment connue, cependant elle n’a encore été figurée que d’après des exemplaires desséchés, motif pour lequel nous en donnons le dessin d’après un exemplaire vivant. Nous l’avons rapprochée de la spongia meandriformis à cause de son tissu qui est mou et de ses fibres. Elle est noire à l’état vivant et jaunâtre quand elle a été bien lavée. Les gens pauvres des Antilles recueillent cette éponge qui est la meilleure de celles que produisent nos mers. Les riches achètent des espèces plus fines que le commerce expédie de la Mer rouge et de la Méditerranée.
Nous connaissons deux variétés dont l’une, varietas osculata, au lieu de larges oscules tubuliformes et souvent saillants n’a que des oscules superficiels larges d'environ deux lignes; l’autre, varietas porosa, avec un tissa tout-à-fait semblable à celui de la précédente n'offre que de petits oscules superficiels nombreux et ayant à peine une ligne de diamètre.
La spongia tubulifera paraît exister dans toutes les Antilles, nous la possédons vivante de Cuba, St. Thomas, Guadeloupe, Viecques, Porto- Rico, ete., mais elle n’a pas encore été bien figurée et nous croyons devoir en donner le dessin à la planche IV.
Spec. Spongia lapidescens Nobis.
Masse sessile, pulvinée, rigide et dure, de couleur blonde; fibres
très-serrées, fines, mais produisant par leur rapprochement une masse d'une dureté qui n’est pas commune parmi les espèces de ce genre. La seule espèce qui s’en rapproche pour sa consistance est la spongia vermiculata, mais la surface est très-différente dans l’une et dans l’autre. Chez la spongia lapidescens la surface n’est plus méandriforme; elle offre à considérer de petites crêtes larges de % ligne à une ligne, longues de 1 à 3 lignes, lesquelles sont séparées par des dépressions larges de moins d'une ligne ou par des oscules immergés, arrondis ou de forme irrégulière dont le diamètre varie entre % ligne et une ligne, souvent ces crêtes se terminent à leur sommet par des pinceaux de fibres obtus ou aigus; dans tous les cas ces pinceaux de fibres sont très-denses.
Cette éponge quand elle est sèche ne cède pas sous une forte pression du doigt, bien qu’elle ne soit composée que de fibres cornées creuses.
Elle a été trouvée à Viecques.
Spec Spongia vermiculata Nobis.
Masse sessile, pulvinée, à la surface rugueuse et comme rongée, présentant de nombreuses petites collines méandriformes séparées par des vallées étroites et peu longues. Collines hérissées çà et à de petits pinceaux roides laciniés à leur sommet; oscules superficiels et petits, en général se trouvant situés quelquefois sur les circonvolutions mais le plus souvent dans les vallées. Le tissu est très-serré et composé de fibres fauves; les circonvolutions ont à peine une ligne de large et sont à peu près égales aux vallées.
L’éponge vermiculée est très-commune dans la rade de St. Thomas. Quand elle est vivante elle est brune ou noirâtre ; elle devient fauve en se desséchant et en perdant son encroûtement. Ses collines et ses vallées très-réduites ainsi que ses autres caractères la distinguent de ses congénères.
Spec. Spongia lacinulosa. LamaroKk, Annales du Muséum, tom. XX, pag. 370 N°. 2, et Anim. sans vert., 1" et 2"° édit., vol. II, pag. 542 ; 5 *
Lamoroux, Polyp. flex., pag. 21; Æspèce placy, vol. I, tab. XVI, fol. 1, 2, (exisaccata).
Nobis, pl. IV, fig. 4, ex vivo.
Nous croyons utile de compléter la description de cette espèce, jusqu’à présent connue seulement par des exemplaires esquissés.
Espèce largement adhérente, aplatie, lobée à sa surface qui est percée de pores très-nombreux et d’oscules médiocres larges de 1—2 lignes, les uns superficiels, les autres paraissant saillants, parce qu'ils sont bordés de pinceaux laciniés. Toute la surface est couverte de nombreux pinceaux très-rapprochés et diversement laciniés.
La couleur sur le vivant est noire, elle devient jaune quand le tissu a été bien nettoyé par le lavage. Cette éponge est propre aux usages domestiques, et son tissu plus fort assure sa durée.
La spongia lacinulosa dont nous croyons à propos de donner le dessin, celui D’Espgr laissant beaucoup à désirer, paraît voisine de la précédente par sa consistance qui est un peu dure tant qu'elle n’est pas mouillée, et parce que l’une et l’autre ont des pinceaux à peu près semblables; elle est plus hérissée et n'offre pas l'aspect méandriforme.
Elle habite St. Thomas, ete.
ie Espèce tuberculeuse, largement adhérente, surface libre présentant
Spec. Spongia fenestrata Nobis, pl. IIT, fig.
des lobes mamelliformes percés à leur sommet par un grand tube siphonoïde. L'ouverture de ces tubes présente un diamètre d’environ 4 lignes, leurs parois offrent de grosses nervures réunies par des fibres transversales.
La surface extérieure présente des ouvertures polygonales à 5 ou 6 côtés qui se touchent de manière à imiter un rayon d’abeilles. Ces ouvertures sont larges de quelques lignes et pénètrent profondément dans la masse qui est celluleuse dans toutes ses parties; les parois de ces ouvertures ou plutôt de ces tubes polygonaux sont minces et présentent à peine ‘/; de ligne d’épaisseur.
A l’état vivant cette espèce est noire.
Elle habite St. Thomas, etc.
Sect. B.
Spec. Spongia diseus Nobis.
Masse cunéiforme ou flabelliforme, tissu mou très-poreux approchant beaucoup de celui de la spongia tubulifera tant pour sa finesse que pour sa composition. Bord supérieur arqué, garni d’oscules arrondis, superficiels, disposés sur 3 où 4 rangs et larges d’une ligne et plus.
Les deux faces qui sont aplaties sont garnies d’oscules plus rares et plus petits, et en outre parcourues par des sillons creux et étroits imitant à peu près le travail que les vers font sur le bois mort.
La hauteur de l'éponge disque est de 3 à 4 pouces, sa largeur est à peu près égale. Son épaisseur à sa base est de 8 à 10 lignes. Elle est noire à l’état vivant et jaune quand elle est sèche.
Elle habite St. Thomas, Viecques.
Spec. Spongia circularis. DucnassaiNG DE FoNBRESSIN, Anim. rad., pag. 26.
Nobis pl. IV, fig. 6.
Cette espèce est subpatériforme, mais elle n’a pas entièrement la forme de coupe parce qu’elle est ouverte sur une partie de son contour; elle représente donc un cône creux dont une portion des parois aurait été enlevée. La face interne est garnie de fissures linéaires et allongées, l’externe offre des oscules superficiels arrondis et nombreux entre lesquels se trouvent des pores arrondis.
L’éponge subcirculaire se rapproche un peu de l'éponge aplatie (Spongia complanata) elle est petite n'ayant qu'environ 3 pouces de hauteur; nous ne la connaissons qu'à l’état sec, alors elle est jaunâtre.
Elle habite la Guadeloupe.
Spec. Spongia complanata. DucHassaiNG DE FONBRESSIN, Anim. rad., pag. 26.
Espèce disciforme très-comprimée , ayant son bord libre très-arqué et étant adhérente par une petite surface de sa circonférence; faces laté-
rales présentant des nervures rameuses en très-grand nombre, lesquelles sont unies entre elles par des fils transversaux; bord supérieur trèsarqué et garni de 2 ou 3 rangs d’oscules superficiels, larges d’environ une ligne; pores très-nombreux sur les deux faces; l’on en observe aussi sur le bord supérieur entre les oscules. Les faces latérales présentent aussi vers le milieu quelques oscules peu saillants et moins grands que ceux du bord supérieur.
Hauteur 2 pouces, largeur près de 3. Couleur pourpre sur le vivant et jaune sur les spécimens desséchés qui ont été lavés.
Elle habite St. Thomas, la Guadeloupe, etc.
Spec. Spongia fusca Nobis (éponge brune).
Cette espèce a tantôt la forme d’une lance épaisse et flabelliforme, tantôt elle est lobée en conservant toujours pour caractère l’aplatissement sur les côtés, elle présente une surface marquée par des lignes s’anastomosant au moyen de fibres courant de l’une à l’autre, en laissant entre elles des interstices ou pores très-nombreux. Ces lignes ont une largeur de % de ligne à % ligne et les pores sont larges ou doubles ; dans quelques points de la surface les lignes tendent à s’effacer, mais les pores continuent à se montrer.
Les oscules qui ont 1—2 lignes de large sont bien arrondis, un peu denticulés sur leurs bords et se trouvent principalement sur le bord.
Cette espèce qui est très-voisine de la spongia mancy est noire quand elle est vivante, desséchée elle devient d’un brun jaunâtre; on l’a trouvée à St. Thomas et à Tertole.
Spec. Spongia obliqua Nobis (éponge oblique pl. IV, fig. 5.)
Rigide, droite, dressée en forme d’éventail, mais sans pédicule. Cette espèce présente un bord supérieur arqué portant des oscules nombreux plus grands que ceux des faces.
Les deux faces sont musiquées, et présentent surtout vers leur partie supérieure des oscules dont l’orifice est taillé obliquement en bec de flûte. Cette disposition est constante et caractérise parfaitement cette espèce.
Les éminences spiniformes que l’on trouve sur les deux faces sont des prolongements durs, un peu obliques à peine longs d’une ligne; entre ces éminences, l’on trouve sur les deux faces de nombreux oscules arrondis qui ne sont pas taillés en bec de flûte.
Cette espèce est très-dure et très-rigide, elle se trouve à la Guadeloupe, à St. Thomas, à Viecques, à Tertole, à Porto-Rico , à St. Martin.
Spec. Spongia musicales Nobis (éponge musicale pl. VI, fig. 2.)
Rigide, dure, comprimée, subflabelliforme, mais sans pédicule et longuement fixée par une base épaisse; cette éponge va en diminuant d’épaisseur de sa base à son sommet qui est courbe, obtus et présente 5 à 6 tubes siphonoïdes, larges d'environ 3 à 5 lignes déchiquetées sur leurs bords. L'intérieur de ces tubes offre des nervures et des oscules superficiels pareils à d’autres que l’on trouve sur la face extérieure. Cette dernière offre vers la partie supérieure des nervures et des pinceaux tuberculiformes, courts et peu saillants qui sont perpendiculaires à la surface. Ces caractères sont moins marqués vers la base, ces nervures et ces pinceaux tendant à s’effacer.
Entre ces nervures l’on trouve des oscules larges de 1—2 lignes, ils sont nombreux et se montrent sur toute la surface extérieure.
La texture de cette éponge est grossière, ses fibres sont rudes et fauves, sa couleur qui paraît être noirâtre sur le vivant devient fauve sur les spécimens desséchés. Elle établit le passage entre le genre spongia et le genre tuba.
Sect. C.
Spec. Spongia manus. BLAINVILLE, Aslinologie cit.
Nobis pl. V, fig. 1, 2.
Espèce tantôt flabelliforme et tantôt rameuse; dans le premier cas elle se présente comme une masse très-aplatie ayant son bord supérieur divisé en lobes courts et très-comprimés ; dans le second cas elle se partage en rameaux allongés et peu divisés mais toujours aplatis.
La surface offre des nervures fines et nombreuses se réunissant en
tous sens pour s’anastomoser, et laissant entre elles des pores très-nombreux, de forme irrégulière, mais généralement allongés; des oscules très-nombreux sont distribués sur les bords des rameaux et sur les deux faces de l’éponge. Ils sont en général égaux entre eux et présentent un diamètre d'environ 2 lignes. Ceux d’entre eux qui sont situés sur les faces se trouvent de préférence sur les crêtes qui peuvent s’y rencontrer. Vivante cette espèce est noire et conserve cette teinte quand on la sèche sans trop la laver, dans le cas contraire elle devient jaunâtre. Elle habite la Guadeloupe, Tertole, St. Thomas, St. Martin.
Spec. Spongia marquezi Nobis.
Cette espèce a une partie centrale assez solide perforée de distance en distance par des trous dont quelques-uns sont assez grands; de cette partie naissent à angles droits des papilles nombreuses qui se divisent en 3 ou 4 lobes obtus. À l’état vivant notre éponge est d’un brun violet, mais quand elle est lavée elle prend une couleur fauve, elle est rigide et reste telle, même quand on la plonge dans l’eau.
M. Scaramu, l’a trouvée à la Guadeloupe, le nom est celui du capitaine qui accompagne M. Cropz CoromBo. Elle est différente de la Spongia muricata D'Esrer, tab. TITI, par sa forme simple et point ramifiée, par sa couleur et par les papilles obtuses dont elle est pourvue.
Spec. Spongia clava hercules Nobis, pl. V, fig. 3.
D'une base étroite s'élève une tige droite, simple , légèrement encroûtée, allant en grossissant peu à peu vers son sommet qui est renflé en massue et qui offre le plus souvent quelques pinceaux de fibres. La surface
présente de nombreux processus spiniformes durs et courts plus larges à leur base, aigus à leur sommet. Il y a deux sortes d’oscules pour la D grandeur, mais tous sont superficiels, les uns sont petits et épars, à peine larges d’une ligne; les autres ayant 2? ou 3 lignes sont presque réunis par lignes parallèles.
Cette éponge quand elle est fraîche est d’un noir violet qu'elle con-
serve si elle est bien desséchée; quand elle a été en partie décomposée elle devient jaunâtre.
Elle habite St. Thomas, St. Martin.
Spec. Spongia rubens. Parzzas, Æenchus z00ph., pag. 389, Syn. Sp. arborescens ; Lamarok, Æis{. nat., 1" et 2° édit., pag. 565 ; Lamoroux, Polyp. flez., pag. 65, pl. VIIT, fig. 1 et 2; Esper, Pfaz., tab. XLVI et L, exhibet specimina juniora; SEBA, Thesaurus, tab. XCVT, fol. 2.
Nobis pl. X, fig. 1.
La tige principale, qui quelquefois est courte, d’autres fois assez longue, se divise en quelques rameaux spongieux, ronds ou comprimés. Quand cette espèce est vivante elle est d’un rouge vif et elle est très-molle ; en séchant elle devient rigide, sa surface est alors très-fixement poreuse et l'extrémité des rameaux présente quelques mèches dans beaucoup de spécimens ; les oscules sont arrondis, superficiels , larges d'environ ? lignes, tantôt disposés suivant plusieurs lignes mal formées, tantôt disposés sur un rang unique. À l’état sec l’on observe un encroûtement peu épais; dans cet état la couleur rouge peut être conservée, mais souvent elle est remplacée par un Jaune sale.
M. De BzaiNvirre ayant donné à une espèce européenne le nom de spongia arborescens, nous avons dû en choisir un autre. L'espèce désignée par BLaINviLLEe possède des spicules et quoique semblable par la forme à celle qui nous occupe elle doit évidemment appartenir à une autre famille. |
Cette espèce habite la Guadeloupe, Viecques, St. Domingue, Cuba, St. Thomas.
Spec. Spongia isidis Nobis, pl. VII, fig. 2. |
Elle se présente sous la forme d’un tube de 9 à 10 pouces de hauteur et de 3 à 4 pouces d'épaisseur; les parois du tube sont très-épaisses et chartacées. Cette éponge est cylindrique et va en augmentant de grosseur de la base à son sommet; la face extérieure est très-encroûtée et présente de grands oscules épais, superficiels ou à peine saillants ayant
environ ? lignes de diamètre ; les oscules sont clairsemés , ils sont souvent ovalaires et obliques à la surface. La paroi intérieure du tube n’est pas encroûtée, mais laisse voir un tissu fibreux qui est à nu. Qu'elle soit vivante ou desséchée sa couleur est d’un blanc jaunâtre.
Cette éponge a été recueillie à la Guadeloupe par M. le Docteur Isis DEsBonxes.
Spec. Spongia Bartholomeï Nobis, pl. VI, fig. 3 et 4.
Elle est infundibuliforme, très-large et très-évasée à sa partie supérieure et devient très-étroite vers son point d'attache; ses parois sont rigides, chartacées mais bien encroûtées; sa surface extérieure présente des oscules très-petits qui ont leurs bords lacérés en forme d'étoile; quand on les examine à la loupe entre ces ouvertures, que nous considérons comme des oscules, se trouvent disséminés des pores très-fins, couleur jaunâtre, hauteur 4 pouces, largeur de l’entonnoir à son orifice 4 pouces; épaisseur des parois environ 3 lignes.
Cette espèce a été dédiée à M. Barraoromeï habitant de St. Thomas.
Spec. Spongia Haagensenü Nobis, pl. VIT, fig. 6.
Cette éponge est en forme d’entonnoir, très-évasée à son orifice , mais atténuée vers sont point d'attache. Comme les deux précédentes espèces elle a des parois roides chartacées et encroûtées. Sa surface intérieure présente des oscules épais, superficiels, en général petits ou médiocres; la surface extérieure n'offre que des ouvertures très-petites et que l’on peut appeler des pores ainsi que quelques tubercules pisiformes épars et clairsemés.
Hauteur 2? pouces et demi; largeur de l’entonnoir à son orifice 2% pouces et épaisseur des parois 1 à 2 lignes, couleur jaunâtre.
Nous avons dédié cette espèce à M. HAAGENsEN , habitant de St. Thomas dont l’aide nous a été utile pour compléter notre collection.
Habite St. Thomas.
Spec. Spongia Dumetosa Nobis, pl. V, fig. 4.
Espèce d’un beau vert quand elle est vivante, se dichotomisant de sa base en rameaux toujours égaux et cylindriques qui forment par leur ensemble une masse arrondie qui ressemble en petit à un arbuste. Ses rameaux sont de la grosseur d’une plume de corbeau, ils sont longs de 2 à 3 lignes et se dichotomisent plusieurs fois en sorte que l’éponge peut être haute de 3 à 4 pouces. Ces rameaux sont toujours très-mous et quand on les touche ils s’aplatissent comme de la filasse. En séchant cette espèce perd sa couleur, devient jaunâtre et les rameaux s’aplatissent. Elle n’a pas d’oscules.
La spongia dumetosa est très-commune dans les baies du Moule (Guadeloupe) ; elle croît sur les fonds sablonneux.
Spec. Spongia napiformis. DucHassAING DE FONBRESSIN, Ain. rad. des Antilles, pag. 25.
Nobis pl. V, fig. 1.
D'une base très-courte et napiforme s'élèvent quelques rameaux simples et cylindriques ayant environ le volume d’une plume d’oie. Il arrive trèsrarement que l’un de ces rameaux porte une division vers le sommet. Cette éponge est noire; elle est encroûtée à l'extérieur, fibreuse intérieurement sans oscules distincts; en séchant elle conserve sa couleur, mais comme l’encroûtement des rameaux se fracture aisément, il en résulte que ses rameaux ont sur le sec une apparence amulée qui est très-caractéristique.
Elle habite avec la précédente.
Spec. Spongia Guadulpensis Nobis, pl. VII, fig. 1.
Rameuse, haute de 8 à 10 pouces, cette espèce présente des rameaux de la grosseur du doigt, qui s’anastomosent de distance en distance en formant aussi des mailles qui peuvent avoir de 6 lignes à 2 pouces et plus de grandeur; les dernières ramifications sont très-courtes et obtuses. Cette éponge est d’une couleur jaunâtre, la surface est encroûtée
et ne présente pas d’oscules.
Bien que n’ayant pu examiner la composition anatomique de cette éponge nous pensons qu'elle doit être rangée aupres de la Phalosias albo lutta.
Elle se trouve sur les côtes du Moule (Guadeloupe).
Spec. Spongia Krebbresii Nobis, pl. VII, fig. 5.
Cette éponge est composée de plusieurs tubes, distincts les uns des autres dès leur base quoiqu'ils soient soudés presque jusqu'à leur sonimet.
Ils sont en général plus gros que le pouce, longs de 4 à 5 pouces et vont en diminuant jusqu'au sommet. Quoi qu'il en soit, ces tubes ainsi réunis forment une masse comprimée et presque flabelliforme. L'ouverture des tubes est ciliée par des prolongements aigus et triangulaires. Ces orifices ont 3 à 4 lignes de diamètre. La masse intérieure est très-celluleuse et même caverneuse. La surface extérieure est encroûtée et l’on voit avec la loupe qu'elle est très-finement poreuse. La couleur sur le sec est d’un blanc jaunâtre.
Nous avons dédié cette espèce au botaniste M. KreBBy qui habite St. Thomas. Elle a été trouvée sur les côtes de cette île.
Gen. Tuba Nobis.
Ces spongiaires se présentent sous forme de tubes tantôt simples et isolés, tantôt rameux, tantôt réunis par leurs côtés et prenant une disposition flabellée. La cavité centrale se prolonge jusqu'à la base de la masse, et sa paroi intérieure offre des faisceaux de fibres disposés sous forme de nervures qui après avoir parcouru toute l’étendue du tube, viennent souvent se terminer en dépassant l’orifice, ce qui lui donne une garniture de cils plus ou moins longs; d’autres fois ces nervures ne se prolongent pas sous forme de cils autour de l’ouverture qui alors peut être garnie seulement d’une espèce de frange ou collerette d’un tissu très-mince et très-transparent; chez quelques-uns il n’y a ni als ni frange, l’orifice du siphon ou tube est alors nu.
Chez les tuba, les oscules ne s’observent guère sur la face extérieure
du siphon; ils sont au contraire agrainés et très-nombreux entre les vervures qui sillonnent la cavité intérieure. Celles qui ont bien conservé leur encroûtement ne présentent même jamais d’oscules sur leur paroi extérieure; ce n’est que lorsqu'elles ont été roulées ou en partie décomposées que l’on aperçoit des oscules sur la face extérieure. D’autres, quoique bien conservées dans toutes leurs parties, semblent présenter aussi des oscules, mais les traces circulaires que l’on observe ne sont que les loges du zoorthus parasitica.
Toutes les espèces de ce genre sont d’un jaune assez clair et présentent le plus souvent à leur surface extérieure un léger encroûtement de même couleur; quand cet encroûtement a disparu par une circonstance quelconque, cette face extérieure paraît criblée de trous plus où moins grands qui sont les orifices extérieurs des caveaux qui parcourent l’épaisseur des parois.
Les espèces du genre tuba habitent en général les eaux profondes , et c’est surtout à la suite des gros temps qu'on peut les recueillir sur le rivage.