une substance muqueuse qui entoure les fibres
3°. une matière terreuse qui mêlée à la muqueuse donne lieu à une substance corticale laquelle forme l’enveloppe extérieure des éponges.
Tout cela comme M. Scamipr l’a précisément constaté dans son ouvrage publié l’année dernière.
Touchant la partie plutôt d’intuition que d'observation, en ce que
celle-ci échappe à nos moyens de contrôle, OLrvr a justement observé aussi que par le phénomène de l'intralation des eaux de la mer dans l'intérieur de la masse des éponges s’accomplit l’oeuvre de l'assimilation des parties alimentaires qui sont en quantité suffisante répandues et tenues en dissolution dans les eaux de la mer (ibid. pag. 270) qui de cette manière peuvent alimenter la vie des spongiaires. Cette remarque est d'autant plus juste que de nos jours les travaux de M. M. W. Car- PENTER , K. Gorker et T. R. Joxes ont démontré que des millions d’animalcules peuplent le fond du règne de Neptune; qu'ils se nourrissent sans qu'on découvre aucune espèce de bouche, qu'ils s’assimilent les matières nutritives sans avoir ni estomac, ni tube digestif, ni système circulatoire.
En traitant enfin de la division de ces êtres, Orrvi dit avec raison que la grande variabilité des formes des spongiaires ne permet pas de recourir à ce caractère pour en avoir une bonne distinction de familles, de genres et d'espèces.
Les connaissances directes qui concernent l’organisation des spongiaires se sont multipliées et accrues dans ce siècle, et il nous suffira de les indiquer, puisqu'il s’agit de travaux qui se trouvent sous la main des naturalistes.
En premiere ligne nous indiquerons les remarques de Mr. GRANT et de Mr. JouxsroN sur la forme et la nature des spicules qui entrent dans la composition des spongiaires. Viennent ensuite les observations de Mr. Meyex publiées dans l’Isis en 1828 et dans les archives de Musler pour l’année 1839, sur l’analogie de la spongilla lacustrive avec les éponges marines confirmées plus tard par Mr. LieBERKüHN, comme sur les globules qu'on trouve de temps en temps entre les interstices du réseau formé par les spicules, globules qui sont destinés à devenir plus tard de jeunes individus et à se réunir ensuite dans leur seconde période d’existence.
La découverte. des éponges perforantes est ensuite annoncée par un naturaliste vénitien Mr. le Docteur Narbo qui a en outre prouvé que ces éponges, comme les autres, sont garnies d’une substance sarcoïde jaunâtre, qu'elles ont des spicules siliceuses aussi bien que les autres
spongiaires, et qu'enfin ces animaux jouissent de la faculté de l’intra- D]
lation et de l’exhalation par des ouvertures propres qui s'ouvrent ou se ferment à l'instar des autres animaux.
On trouve des observations ultérieures et plus étendues dans les travaux de Mr. BowerBank qui est celui des naturalistes de ce siècle qui s’est le plus occupé de cette branche zoülogique, et dont nous nous bornons à donner un résumé “parce que les particularités incontestables seront indiquées dans l'analyse qui suivra touchant l’organisation générale des éponges.
Mr. BowerBanr a d’abord démontré (Transactions of the Microscopical Society, London, Vol. 1, 1841), 1° que toutes les éponges Reratoses, où de commerce, qu'on supposait dépourvues de spicules en possèdent réellement; que ces spicules sont au centre des fibres cornées, quoique leur présence ne puisse nous être décelée qu’en assujettissant les cendres d’une masse considérable de Reratoses à l’action de l'acide muriatique pour en examiner le résidu; 2°. que les fibres des éponges ordinaires sont couvertes d’une membrane fine et muqueuse avec de petites granulations ; 3°. que ces fibres sont solides au lieu d’affecter comme on l'avait cru la forme tubulaire; 4°. que la spongio officinalis présentait en outre un tissu vasculaire entourant presque toutes les fibres; que dans ce tissu 1l y a souvent des alternatives d’eau et d'air avec des globules de circulation, analogues à ceux qu’on trouve dans le sang des animaux plus élevés en organisation; enfin 5°. que toutes les spicules sont vides et revêtent la forme cylindrique.
Dans le volume VIT Æ4anals and magazine of natural history, publié à Londres en 1841 Mr. BowerBank a signalé la présence de spicules siliceuses dans la partie mucilagineuse d'une éponge provenant de l'Australie, tandis que dans le volume VI des 7ransactions de la Société Géologique de Londres et les susdits axxals dans la livraison des mois de 7" et d’8" 1842 à fait ressortir le rôle que certaines éponges ont eu dans les matériaux qui composent les couches de certains terrains. Dans ce but il a prouvé que la plupart des agates de la Sicile et d'Oberstein, aussi bien que le diaspre des Indes, sont dues aux débris des spongiaires de la famille à laquelle appartient la spongia fistularis,
et non à celles qui sont du nombre de la famille des Halicondriae; et que le nombre de ces débris des spongiaires est encore beaucoup plus considérable dans les terrains crétacés et jurassiques des îles britanniques.
Suivant ses recherches le même naturaliste dans les séances qui ont eu lieu en Angleterre pour l'avancement des sciences a lu d’autres observations qui ont mis en pleine lumière les phénomènes de l’intralation et de l’exhalation de l’eau en introduisant de petits grains d’indigo dans l’eau où était plongée une éponge. Il a reconnu que l'introduction de l'eau s'opère au moyen des pores, tandis que l’exhalation s'exécute par celui des oscules, comme on l'avait prévu.
Les grands rapports qu'ont les éponges d’eau douce avec les espèces marines ont formé l'objet d'un autre travail du même naturaliste qui est inséré dans le 27° rapport pour 1858 de l'association britannique susdite. Enfin Mr. BowerBank dans les p#iosophical transactions de 1858 sous le titre: Ox (le anatomy and physiology of the spongiadae, a commencé un travail général sur les éponges qu'il a divisé en 18 chapitres. De ceux-ci, un seul, le premier, celui qui traite de la forme et de la nature des spicules, à ce que nous sachions, a paru.
Les spicules suivant Mr. BowErBANK sont classées et nommées comme suit :
Spicules du squelette.
Spicules de convexion.
Spicules de défense.
Spicules des membranes. -
Spicules de la sarcode.
Spicules des gemmules.
La valeur et la position des dites spicules a été en partie combattue par M. Scamipr, comme nous verrons bientôt.
Les derniers ouvrages de nos jours qui sont à notre connaissance sont ceux de M. Liesgerküux et Scamipr; le premier a publié le résultat de ses études dans les N°. 3 et 4 des Ærchiven für Anatomie und Physiologie pour l’année 1859 qui a paru à Leipzig; le second est auteur d’un livre publié aussi à Leipzig en 1862 ayant pour titre: Die Spongien des Adriatischen Aeeres.
On trouve dans le travail de M. LieBerküuN de bonnes observations sur la nature et la différence des deux couches qui entourent les spongiaires qu'il a décrits, sur la cavité qui les sépare, sur le système de canaux qui aboutissent aux appareils ciliaires, sur les rapports de ceux-ci avec les canaux d’exhalation, sur le développement des spicules siliceuses dans l’intérieur des cellules. Nous indiquerons à leur place ces observations qui ont été confirmées par celles qui furent faites ensuite par M. Carrer qui les a publiées dans les 4unals and magazine of natural history, tom. XX.
La véritable forme intérieure et les autres particularités qui se rapportent au genre /e/hria et au genre chona où vioa ont aussi été approfondies par M. LiBERküHN.
De son côté Mr. Scumipr, bien qu'il ne se soit proposé que de faire connaître les éponges de la mer Adriatique, a aussi fait sur les généralités de ces êtres d'excellentes observations que nous croyons à propos de rapporter ici.
Mr. Scumipr observe que la substance organique des éponges non seulement se montre dans le tissu général, mais aussi dans les spicules, que celles-ci sont de matière calcaire ou siliceuse. Pour les spicules calcaires leur nature organique se décèle par les petites bulles gazeuses qui s'échappent quand on chauffe au rouge les spicules; quant aux spicules de silice, leur origine organique résulte, si l’on observe avec un petit engrossissement le dépôt stratifié, de la silice qui compose ces spicules. La couleur brunâtre que prend une partie des dites spicules, lorsqu'on les expose encore jeunes à la chaleur rouge, dévoile aussi leur origine organique.
Pour appuyer la thèse de la nature organique des spicules siliceuses Mr. Scumipr ajoute qu'il est propre aux parties siliceuses qui croissent par couche d’avoir un canal central, qui dans les corps qui se ramifient se subdivise également, ce qui arrive aussi dans les spicules des éponges.
Mr. Scamipr n’admet pas comme prouvé, diverses particularités sur les spicules telles que les avait décrites M. BowerBanx ; ainsi il dit que les spicules appelées de connexion par M. BowErBanK, ne se bornent
pas à la couche extérieure de quelques genres dans lesquels on les trouve tels que les genres geodia, pachymatisma etc., mais il dit que les dites spicules de connexion sont aussi dans l’intérieur de la masse de l'éponge. Il dit que les spicules dites de rétention, re/enfiva par M. BowErBANk et que ce dernier croit destinées à fixer la membrane à la sarcode sont aussi dispersées dans les géodes et dans d’autres corps dont Mr. ScamipT donne les figures au N°. 4 de la planche IV de son ouvrage ; M. Scamior n’admet pas non plus des spicules propres à réunir et à rendre plus consistante la partie molle des éponges tels que les corps à forme étoilée, car dans les espèces dont la croûte extérieure est plus riche en nombre que les autres parties de ces petits corps à forme d'étoile, la substance spongieuse de la dite couche extérieure n’est pas sarcoïde, mais filamenteuse, de façon que les dits petits corps à forme étoilée ont pour but plutôt de diminuer que d'augmenter la cohésion de la masse dans le susdit endroit.