‹ SQUVENIRS DE LA NOUVELLE - CALEDONIEChapitre 18 sur 54 · LE TOUR DES COTES · texte numérisé non relu

LE TOUR DES COTES

leur alimentatiOD, ils avaient modifié leur règle îdflezible. Cela ne les a pas convaincus du tout. Ils préféreraient de beaucoup les condamnés. Leur règle demeure immuable autant qu'elle le peut, mais se prête au travail des autres.

Après Wagap, c'est Yenghène. Une église catholique dans un bouquet de cocotiers au fond d'une petite rade, toute souriante, aux eaux bleues. A l'entrée de la rade, il y a deux sentinelles de granit. Celle de gauche s'appelle les tours Notre-Dame. C'est Notre- Dame de Paris en formes indécises et massives. A droite, sur un entablement de roches, c'est un sphinx énorme accroupi. L'éruption volcanique qui l'a projeté du sol, le hasard, les morsures du soleil, du vent et de la lame lui ont donné la face de Louis XVI. La Pérouse a dû le reconnaître et le saluer à son passage.

Plus loin, à Pouebo, à Tchambouène, à Oubatche, il semble que les souvenirs du passé doivent être un avertissement pour l'avenir. C'est à Pouebo, en 1867 , que des gendarmes et une famille française furent massacrés par des Canaques de la tribu de Mouelébé . Le6 novembre 1868, jour pourjour,heure pou r heure il y eut un nouveau massacre de six soldats qui furent mangés. Un calvaire commémoratif domine le pays du haut d'un sommet. Dans l'ouest d'Oubatche, au

pic MalézieuXy seize soldats d'infanterie de marine résistèrent pendant quarante heures sans vivres et sans eau à douze cents Canaques qui les entouraient en brûlant les herbes jusqu'à eux. Aujourd'hui il n*y a plus de soldats, quelques colons seulement. On rencontre de loin en loin leurs habitations entourées de rizières peu étendues, mais bien irriguées et pouvant donner trois récoltes par an. Un de ces colons a trouvé dans un tronc d'arbre une huile qui brûle très bien. La noix de Tarbre, écrasée, donnerait une huile comestible ou médicinale. Il y a de beaux troupeaux. Là, comme partout ailleurs, prospère le travail individuel et libre.

La Vire continue à suivre la côte, qui n'a pas les méplats rouges et nus des autres abords de l'Ile. Les sources descendent des montagnes en cascades qui mugissent et qui forment, dans les amoncellements de roches détachées, de limpides bassins couronnés d'arbres toujours verts. Sur un long parcours, ces cascades d'écume blanche sillonnent les flancs abrupts des montagnes boisées et les égayent.

Le 9 juin, la Vire mouille à Pam. La rade de Pam est une des meilleures de la Nouvelle-Calédonie, et le port de Diabot est appelé à un bel avenir. Les rives du Diabot sont bordées de palétuviers, mais infestées

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