PAM
de mousiiques. On y trouve des huîtres excellentes, que les matelots détachent à la hftte. Après six heures de nage, la baleinière arrive au Caillou, qui est le port de Ouégo,
Ouégo est le centre des mines de cuivre. C'est un bourg aux flancs ou sur les crêtes d^un ravin, très vivant et animé. La grande industrie fait là ce qu'elle veut. L'aspect de la région des mines, tout alentour de Ouégo, est d^une originalité particulière. Tout y brille, au choc de la lumière, des feux pailletés du métal, les rochers dans la verdure, la terre du chemin, la h'mpidité des ruisseaux sur leur lit de cailloux. La pluie forme une boue argentée. Ainsi se révèle la richesse des métaux, à demi trompeuse, à demi réelle. L'exploitation la plus productive est celle des mines de cuivre. Ces galeries souterraines, ces puits profonds, ces masses éventrées, qui s'illuminent à la lueur des lampes de reflets d'un vert clair ou d'un rouge vif, se prolongent et se creusent des sept à huit cents tonneaux qui s'en extraient par mois.
Le possesseur, l'agitateur, je dirais presque le génie de ces mines est M. Higginson. Je puis l'esquisser, comme j'ai fait de M. Hanckar. On l'a vu, d'ailleurs, et on le connaît à Paris. C'est un petit homme.
d'une pétulance eztrôme, avec du vif-argent dans les veines. D'un esprit prompt, d'une intelligence rapide qui excelle aux entreprises commerciales et aux découvertes de l'industrie , qui peut-être en sa recherche prime-sautière de Taventureux et de l'inconnu va trop vite de lun à Tautre, impétueux à commencer sans avoir fini, il a sur les bras toutes les affaires, tous les procès de la Nouvelle-Calédonie. Mais il se meut ou plutôt se démène à Taise en ces soucis, en ce mirage de conceptions et d'argent. 11 ne hait personne, indemnise parfois ceux dont il triomphe, renoue avec eux, les lance et s'élance à des buts nouveaux. C'est là du reste un des traits du haut commerce et de la haute industrie dans la colonie. Parmi ces gens hardis qui traversent sans se décourager la fortune et la ruine, il y a une camaraderie qui, par un retour d^&me sur eux-mêmes, s'impose à tous. Ils ne piétinent pas Tadversaire à terre, ils le relèvent. Ils pratiquent, sans qu'ils le sachent, le vers du poète — haud ignora mali. — Higginson, qui était un Anglais, a reçu, en 1876, ses lettres de grande naturalisation. Il a voulu être Français dans sa colonie française d'adoption, qui, elle aussi, l'a adopté. Tout le monde l'y connaît. Il est à la fois agressif et débonnaire , loyal et retors. Il a ses détracteurs hésitants et ses en-