‹ SQUVENIRS DE LA NOUVELLE - CALEDONIEChapitre 20 sur 54 · LE TOUR DES COTES · texte numérisé non relu

LE TOUR DES COTES

tliousiastes passionnés. Oq le voit de loin et partout. 11 est le seul qui ait ces allures saccadées, ce regard tout en dehors, ce sourire malicieux, cette redingote serrée à la taille, ce chapeau gris, cette badine à la main. C'est Mirés, le Mirés de ses beaux jours, — à Nouméa.

Quand la Vire quitte Pam, c'est pour son exploration dans le nord de TUe. La sensation de l'inconnu recommence. C'est d'abord le courant rapide et fluide dans les cheneaux de Balabio et de Devarenne, entre des murs de corail à pic. Dans la brune du matin ou par les calmes morts du grand soleil, on ne peut suivre que de l'œil, à courte dislance, le léger ruban du flot sur les bords. Ce n'est plus qu'une nappe d'eau perfide, vaporeuse ou miroitante. Les balises elles-mêmes, placées sur l'une et Tautre rive, se chevauchent et s'entrecroisent. Elles deviennent de dangereux amers. Je les voudrais d'un seul côté, comme une ligne de jalons qu'on suivrait, sans erreur possible. Après avoir dépassé les fles Belep, la ligne de corail qui enserre la Nouvelle-Calédonie étend parallèlement l'an à l'autre ses deux bras, dans un espace inexploré, que Ton navigue. Du haut de la mâture, Leleizour surveille les taches grises. Ce sont les bancs de corail qui montent à fleur d'eau. Leleizour et Fabre ^ont les

deux premiers pilotes de la colonie, de grands marins obscurs. On arrive enfin à la première des lies de guano, à Surprise. Il y a en tout sept hommes su l*lle. Quatre Canaques des Nouvelles-Hébrides, un Malabar et denx blancs. Il y a trois cases en bois avec le pavillon français au-dessus. L'exploitation a commencé il y a denx mois (avril 1878). Le terrain se défriche, et le guano a une épaisseur de trois à quatre pieds. A quatre pieds, c'est le roc. Un navire attend son chargement au mouillage Leleizour, par quarante mètres de fond. La houle le balance, et les courants de foudre des hautes marées le font courir et le tendent sur la chaîne. A File Leieizour, plus au nord, l'exploitation s'accroît. Il y a cinq cases, un wharf, trente Canaques et six Européens. On a déjà enlevé de rUe 850 tonneaux.

A rUe Huon, la plus au nord, rien. La violence du vent n'y permet pas l'agglomération et par suite l'exploitation du guano. Cette Ile, que l'homme, pour ainsi dire, n'a jamais visitée, car la Vire n'est encore que le troisième bâtiment qui l'aborde, cette lie est l'étrangeté de ces solitudes. Un lagon de deux milles de diamètre s'élève du fond et n'a d'accès que par une passe étroite. Au dehors de sa muraille sont l'immensité et les hasards de l'Océan, au dedans les eaux cal-

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