‹ SQUVENIRS DE LA NOUVELLE - CALEDONIEChapitre 29 sur 54 · LA PREMIÈRE NUIT · texte numérisé non relu

LA PREMIÈRE NUIT

11 est d'avis qu'on réoccupe sur-le-champ les territoires qu'on a évacués. On peut le faire. La Seudre a apporté des soldats et des armes. Il appelle M. Hayes, le directeur de la Fonwari. «Je vous donne un officier et un détachement, réunissez tout votre monde et partez aussitôt. » Le directeur s'incline et, une demiheure plus tard, le pénitencier, escorté des soldats, se met en route pour la ferme.

C'est au tour de M. de Laubarède et de ses colons de Moindou. En dehors des francs -tireurs que le colonel consent à me laisser, il y a quatre-vingts hommes qu'on peut armer. On leur distribue quatre-vingts fusils à piston. M. de Laubarède devient leur chef militaire. Le colonel les réunit et leur recommande de ne point maltraiter les sauvages qui les entourent. 11 y a tout intérêt à ce que ces tribus restent inolTensives. Les colons promettent par acclamation et, suivis de leurs familles et de leurs bagages, s'acheminent vers Moindou.

Après ces deux départs, Teremba est à peu près rendu à son aspect accoutumé. Tout au plus a-t-il une physionomie plus vivante, mais toute militaire. 11 a cent vingt soldats, trente-deux marins, trente-six déportés armés de fusils à piston. Le colonel est content. «Voilà Teremba déblayé, me dit-il, l'arrondis-

sèment remis dans son assiette. Je yoos laisse ici commandant militaire de terre et de mer. Dès demùn matin, je pourrai marcher en avant. Allons dîner, n

A la fin du dtoer, il dous arriva une grave nouvelle. La circonscription de Bouloupari était en pleine insurrection. Les tribus de la Ouameni, des Ovri, des Koa, couraient la brousse, incendiant et pillant les habitations, massacrant les colons. Vers midi, à l'im-

proviste, une bande s'était jetée sur le poste, y avait assassiné les gendarmes, haché un surveillant et tué remployé du télégraphe, M. Riou, sur son appareil même, au moment où il prévenait Nouméa de la révolte des Canaques. Les dépèches se succédant, la SeudrCj qui avait amené le colonel, devait partir dès le lendemain matin pour porter à Bouraké et à Bouloupari cent matelots du Tage. Le Tage était le vaisseau transport récemment arrivé de France et dont on allait retarder le départ. La colonie avait à tirer par ti de toutes ses ressources.

Le 27 juin, à six heures du matin, le colonel Galli partit de Teremba avec la compagnie du capitaine BouUe. Il emmenait avec lui de Vaux-Martin et le lieutenant Maréchal. Celui-ci, venu de Nouméa, avait été chef d'arrondissement d'Uaraï et connaissait le pays. A Teremba, on continua très activement la palissade , et Vanauld envoya chercher les chefs des Moindous, des Moméas et des Scinguiés. 11 avait vécu avec eux dans de bons termes, et il espérait de bons résultats de cette démarche amicale. Us arrivèrent au nombre de vingt, en armes. Toutefois, avant d'entrer dans le hall, en

signe de paix et avec cette courtoisie de formes à laquelle les sauvages attachent du prix, ils déposèrent leurs haches et leurs sagaies sous la véranda. Nous

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