‹ SQUVENIRS DE LA NOUVELLE - CALEDONIEChapitre 32 sur 54 · PREMIERS MOUVEMENTS EN AVANT · texte numérisé non relu

PREMIERS MOUVEMENTS EN AVANT

née. Le 3, dans sa marche sur Bouloupari, il se proposait de repasser par le même endroit. Il me fît ses adieux le {"juillet au matin, car il comptait passer et passa en effet la nuit à la Fonwari.

Le 3 juillet vers onze heures du matin, je reçus une dépêche du colonel. Elle portait : « Au delà de. la Foa, en route. » Il me la transmettait donc par Tappareil de campagne. Le colonel me disait de voir madame X... et de Tinviter, si elle trouvait quelques hommes de bonne volonté, qu'on armerait, à retourner sur son habitation. Cette habitation était une belle maison en planches, sur une éminence, à deux kilomètres environ du poste de la Foa. Elle avait autour d'elle des bois de niaoulis et de belles cultures et, par des circonstances toutes particulières, avait été respectée des sauvages et était encore intacte.

Madame X... est la veuve d'un officier qui avait obtenu cette concession. Elle a continué à l'exploiter. C'est une de ces femmes de colons, intelligentes, actives, très courageuses, qui ne reculent devant aucun effort, devant aucune fatigue. Elle a près de cinquante ans, et Ton voit qu'elle a dû être jolie. Aujourd'hui, elle a encore un charme de grâce, de réserve discrète, un peu dévote et de grande honnêteté. Elle est très soignée de sa

personne, d'une élégance tout à fait simple, fort correcte. Soit qu'elle i^ienne le dimanche entendre la messe à Teremba, soit qu'elle aille à de longues distances, qu'elle fasse le trajet à pied, en voiture et quelquefois à cheval, la placidité de son visage reste la mème^ et aucun pli de sa toilette n'est dérangé.

Madame X... plut à Atal, qui est le grand promo^ teur delà révolte. Il était son voisin et venait souvent lavoir. Il lui apportait des fruits, et elle lui offrait du café, du pain et du vin. Il fumait sa pipe sous la véranda, tandis qu'elle s'occupait à quelque ouvrage de femme, et ils causaient. Dans ses jours de cérémonie, il avait une tunique d'officier d'infanterie avec des galons d'or et un képi comme la plupart des chefs, mais le plus ordinairement il était nu.

D'ailleurs cette nudité d'un rouge noir un peu cuivré, à laquelle elles sont très habituées dans la brousse, ne choque plus les femmes. Ataï était grand et fortement constitué, très inteUigent, mais il avait quarante- cinq ans, ce qui n'est plus la jeunesse pour un Canaque, la têle grosse, le sommet du crâne chauve et les oreilles pendantes et largement percéesàla mode de son pays. Il s'éprit de madame X... et, un beau jour, il lui proposa tout à coup et très

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