‹ SQUVENIRS DE LA NOUVELLE - CALEDONIEChapitre 34 sur 54 · MORT DU COLONEL GALLI-PASSEBOSC U · texte numérisé non relu

MORT DU COLONEL GALLI-PASSEBOSC U

éleveur de la Nouvelle-CalédoDÎe, et quelques-uns des colons notables de Nouméa, français et étrangers.

Je savais que ces messieurs, sous la conduite de Boutan, devaient venir, en volontaires, au secours de Tarrondissement. Je me dirigeai à leur rencontre avec Le GoUeur. Quand nous fûmes plus près, nous aperçûmes Servan parmi eux. Il avait un mouchoir serré autour du front. J'allai à lui : (( Est-ce que vous êtes blessé? — Non, c'est à cause de la chaleur. J'ai trempé mon mouchoir dans l'eau et l'ai mis ainsi pour me rafraîchir. » J'avais salué les autres cavaliers. Ils avaient une attitude sérieuse et triste. Ils venaient de s'arrêter, tandis que Boutan et Servan, faisant quelques pas avec moi, me prenaient à l'écart.

— Commandant, me dit Boutan, le colonel Galli est mortellement blessé. Il a reçu ce matin deux coups de feu. L'un a percé la cuisse, l'autre a traversé le ventre de part en part. Servan et moi nous avons poussé jusqu'à Teremba pour vous prévenir.

— Et comment cela est-il arrivé?

— Nous allons vous le dire. Le colonel, dès le matin, s'était mis en route. Il laissait quelques soldats à la Fonwari et emmenait avec lui la compagnie BouUe et les Canaques de Servan. On avait marché

jusqu'à la Foa. Là, on s'était arrêté pour brûler tout à fait les corps des geadarmes imparfaitement consumés. Puis on avait suivi la ligne télégraphique, dont les poteaux sont plantés en pleine brousse. Le colonel voulait voir si le télégraphe n'avait pas été coupé de nouveau à l'endroit oii il l'avait réparé la veille.

Le senlier (qu'on appela dépuis le chemin du Colonel), entre de hautes herbes et une végétation touffue d'arbustes et de lianes, est si étroit que Gladtaieuty le cheval du colonel, en tenait la largeur. Les soldats et les Canaques le suivaient à la file indienne. Il est de plus sur un terrain en dos d'âne, avec des déclivités de chaque bord. Le télégraphe avait été coupé. Le télégraphiste Gueitte se mit à l'œuvre pour le réparer.

L'opération devant durer un certain temps, les hommes eurent la permission de s'asseoir et de se reposer. Le colonel, resté à cheval, entendit alors le capitaine BouUe qui faisait charger les armes. Il se retourna de mauvaise humeur. « Pour quoi faire ? demanda- t-il. — Me le défendez-vous, mon colonel? — Non. ») Les armes chargées, les soldats s'établirent çà et là. Gueitte avait réparé le télégraphe et me faisait passer la dépêche pour madame X ..

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