‹ SQUVENIRS DE LA NOUVELLE - CALEDONIEChapitre 38 sur 54 · LES EXPÉDITIONS SOUS BOIS · texte numérisé non relu

LES EXPÉDITIONS SOUS BOIS

OU le \illage était désert. On brûlait le village. C'est ainsi qu'on brûla les villages de Daoux et d'Amboa. Quant aux Canaques, ils étaient insaisissables. On n'en tua qu'un. Les troupes, après s'être réunies, revenaient alors à la Fonwari, non point découragées, mais déçues et très fatiguées.

Dans Fintervalle de ces expéditions, de grandes corvées de cent soldats et de cent condamnés- allaient à la vallée d'Ataï. Elles y dévastaient ou y détruisaient chaque fois, par la pioche, le sabre d'abatis ou le feu, cinq ou six hectares de plantations. Elles revenaient chargées de taros, d'ignames, de patates et de fruits et répandaient Tabondance dans le camp. Les choux palmistes, qui font une délicieuse salade et qu'on ne se procure qu'en coupant l'arbre par le pied, étaient réservés à notre table. D'ailleurs, les bœufs ne manquaient pas. Les éclaireurs à cheval allaient les chercher dans la brousse. Les 600 grammes de viande par homme et par jour, les 50 centi* litres de vin, les légumes et le café plaisaient à l'appétit et entretenaient chez les hommes les bonnes dispositions d'esprit et de corps. L'église et divers bâtiments avaient été installés en casernes par les soins de Hayes. On y dormait dans des hamacs tendus, à un mètre au-dessus du sol, à des barres trans-

versales fixées aux murs. Les soldais et les marins étaieut contents. Les autres, quels qu'ils fussent, gens armés ou travailleurs, n'avaieat jamais été, depuis leur arrivée en Galédonie, à une pareille aubaine de bien-être.

Je tâchai de savoir à quoi m*en tenir sur les tribus indécises. J'envoyai BouUe chez les Farinos avec un détachement et une lettre. Je disais au chef : « Pollio, si tu n'as pas pris part aux assassinats des colons, viens voir les soldats ; tu seras bien reçu par eux. » Les villages des Farinos étaient déserts. Ils les avaient abandonnés pour se retirer au delà ou pour se joindre à Ataï. BouUe plaça ma lettre en évidence à la case du chef. Les soldats, en entrant dans les cases, y trouvèrent du hnge et des vêtements de colons ensanglantés. On me les apporta. Malgré cela, j*atten • dis PoUio deux jours. Il ne vint pas. Les Farinos avaient dû être les complices ou les receleurs des assassins. On retourna chez eux, on brûla leurs villages et on ravagea leurs plantations. J'avais envoyé aussi deux francs- tireurs vers les sauvages des environs de Moindou. Ils étaient chargés de les voir, de les rassurer sur d'imprudentes menaces que des colons avaient faites contre eux, de leur porter des assurances de paix. Mais les Moindous, les Moméas et les Sein-

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