ATTAQUE DE LA FOA ÎO
herbes nous frôlaient par le sentier étroit ; les bois que nous côtoyions avaient une ombre noire que le regard ne pouvait sonder. Quel joli pays, et que les Canaques auraient eu raison, pour eux, de s'y en4)usquer plus souvent ! Heureusement pour nous qu'ils n'y songeaient pas. En entrant à Moindou, nous aperçûmes dans la brousse des colonnes de flammes et de fumée. C'étaient les villages canaques du grand et du petit Moindou, de Moméa et .de Scinguié qui brûlaient à la fois. Maréchal faisait bien les choses.
Maréchal de retour, et les vingt soldats que je loi avais promis étant arrivés de la Fonwari, je parus avec les francs- tireurs pour Teremba. J'y trouvai un sous-lieutenant d'infanterie de marine et un canon de 4 que j'avais demandés au gouverneur. Le sous-lieutenant était destiné à remplacer Le GoUeur, que je désirais attirer à moi, et le canon au poste de la Foa. Le commandement des francs-tireurs étant vacant par la nouvelle situation de Maréchal, je le donnai à Le GoUeur, et, dans l'après-midi, nous repartîmes pour la Fonwari avec le canon. Ce petit canon de 4 n'avait l'air de rien ; mais, avec son affût sur deux roues, ses boites à obus et son brancard, il était très lourd. Un gabier qui était aussi large que
haut se mit la bricole aux épaules dans le brancard ; d'autres tirèrent les cordes qui se crochent aux pitons des essieux. En terrain uni, cela roulait bien ; aux montées il y avait du tirage. Ce petit canon faisait leur joie. Le lendemain, pour le conduire à la Foa, on y attela un âne. Ce fut bien plus gai encore. Aux pentes raides, on soulevait dans ses bras le canon, Taffût et Tàne tout ensemble.
Le 24 août, ainsi que Lafond et Koch me l'avaient promis, le poste de la Foa pouvait être considéré comme terminé. Le blockhaus abritait les hommes, et la palissade était en place. Elle avait, au grand axe de son ellipse, deux portes charretières renforcées de barres de bois à Tintérieur. On leur avait donné des noms. Celle de Test, qui ouvrait sur la vallée de la Foa, s'appelait la porte de Naïna. Une pente assez inclinée, de cinq cents mètres de parcours environ, menait au gué de la rivière. L'autre porte, à l'ouest, s'appelait la porte d'Âtaï. Or ce jour-là, vers cinq heures du soir, les corvées extérieures étant rentrées, les portes venaient de se fermer. Lafond et son sergent-major Ârtus étaient près de la porte d'Ataï et causaient. « Eh bien, dit Lafond, la prédiction aura tort. Nous ne serons pas attaqués le 24 août. Les Canaques ne se montrent
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